APPARTENANCE RELIGIEUSE
Bouddhistes : 50,4 %
Animistes : 44,6 %
Chrétiens : 2,9 %
Autres : 2,1 %
Catholiques : 46 000
SUPERFICIE
236 800 km2
POPULATION
6 436 000 habitants
RÉFUGIÉS
-
DÉPLACÉS
-
Aspects juridiques et institutionnels
Depuis 1975, le Parti Révolutionnaire Populaire Lao est au pouvoir. Dans les années 1990, le gouvernement a commencé à ouvrir l’économie du pays aux investisseurs étrangers. Mais pour par crainte de soulèvements et d’agitations, il n’a pas appliqué entièrement cette politique, et continue à maintenir un contrôle très strict sur les pratiques religieuses des Laotiens.
Ce sont surtout les groupes chrétiens qui sont les contrôlés, le christianisme étant vu comme une religion étrangère et occidentale.
Groupes religieux présents dans le pays
Catholiques
Le catholicisme étant l’une des religions reconnues par le gouvernement, les membres de cette Église vivent leur foi sans restriction particulière. Le 10 janvier 2009, l’Église catholique au Laos a célébré l’ordination d’un nouveau prêtre, le P. Matthieu Somdet Kaluan, dans la province de Savannakhet. En février, 710 personnes ont été baptisées dans la province de Vientiane. Certaines d’entre elles ont attendu plus de 15 ans avant d’y être autorisées. Le 10 février, les Sœurs de la Charité ont ouvert une école pouvant accueillir 80 élèves dans la région de Ban Simang, Vicariat de Savannakhet.
La majorité des catholiques vivent dans les grandes villes du centre et du sud du Laos, où ils sont généralement libres de pratiquer leur foi. En revanche, dans le nord, les catholiques sont peu nombreux et aucun prêtre n’a été ordonné. Depuis 20 ans au moins, le gouvernement s’oppose à ce que l’évêque, qui a juridiction sur le nord du Laos, installe son siège à Luang Prabang ; il lui permet néanmoins de voyager occasionnellement pour visiter les communautés locales. Ces dernières années, une grande partie des restrictions qui pesaient sur l’Église catholique dans le nord du pays ont été levées, mais le gouvernement n’a pas encore restitué différents biens de l’Église, dont une école réquisitionnée après 1975.
Protestants
Les protestants sont dans une situation plus critique. Quelques-uns d’entre eux ont même subi des agressions au cours de l’année 2009. Le 3 septembre, Thao Oun, un ancien de l’Église Boukham, dans le village de Liansaï, a été arrêté. Un policier a pointé un révolver contre sa tempe, en lui intimant d’abjurer la « religion étrangère ». Comme il s’y refusait, le chef de la police du district lui a dit que ce genre de traitement prendra fin « quand tous les fidèles de l’Église Boukham seront morts ».
Le 5 septembre, Thao Aom, un chrétien converti depuis 10 mois seulement, a été arrêté. Comme il refusait d’abjurer sa foi, les autorités l’ont chassé de son village. Le lendemain, la police a encerclé l’église Boukham du village de Liansaï, en empêchant les fidèles de s’y rendre pour prier. Dans la même région, les autorités ont empêché les chrétiens d’envoyer leurs enfants à l’école. Elles leur ont également refusé l’accès à l’eau potable, aux soins de santé et à la protection juridique.
Le 19 mars, dans le village de Nomsomboon, les forces de l’ordre ont saccagé l’église locale alors que les chrétiens se trouvaient à Burikan, où la police les avait convoqués pour participer à une réunion.
Le 12 juin, 13 chrétiens ont été arrêtés sans aucune explication.
Le 11 juillet, à Katin, le chef du village a déclaré à 53 chrétiens que s’ils ne faisaient pas leurs dévotions aux esprits du lieu et s’ils ne recommençaient pas à suivre la tradition laotienne, ils perdraient leurs droits et leurs biens. La semaine précédente, les habitants du village, sous la conduite des autorités, avaient tué 9 cochons appartenant à des familles chrétiennes pour contraindre leurs propriétaires à abjurer. La valeur d’un cochon, pour les habitants de la province de Saravan, est équivalente à six mois de salaire. La mise à mort du bétail appartenant aux chrétiens est un moyen utilisé communément pour les réduire à l’indigence et les forcer à abandonner leur foi.
Dans le village de Katin, 48 chrétiens, enfants et adultes, ont été évacués du village. La police les a menacés avec des armes pour leur faire abjurer leur foi. Comme ils refusaient, elle les a forcés à marcher pendant six kilomètres, puis elle les a laissés au bord de la route sans nourriture et sans moyens de subsistance. Puis, la police a dressé un barrage routier à l’entrée du village pour empêcher les familles chrétiennes de rentrer chez elles.
Chrétiens Hmong
Les membres de l’ethnie Hmong sont dans une situation très difficile, car ils continuent à subir des discriminations et une dure répression. Ceux qui vivent au Laos sont appelés quelquefois « les alliés oubliés des Etats-Unis », car ils ont soutenu les Américains pendant la guerre du Vietnam.
Dans le village de Xunya, province de Luang Namtha, plus de 200 personnes, en majorité des Hmong, ont été forcés d’abjurer leur foi après deux ans de pressions et de menaces constantes de la part de la police.
En novembre, la Lao People’s Army (LPA) a tué 23 chrétiens Hmong désarmés dans la province de Xieng Khouang.
Le 3 avril, des soldats de la LPA ont tué au moins 9 enfants Hmong ainsi que plusieurs dizaines de personnes qui s’étaient réfugiées dans les montagnes de Phou Da Phao, dans la province de Xieng Khouang, pour échapper aux persécutions.
Les 12 et 13 mars, une patrouille conjointe des armées laotienne et vietnamienne a ouvert le feu sur le groupe des Young Chue Vang Hmong, en tuant plusieurs dizaines de personnes et en en blessant beaucoup d’autres, abandonnées ensuite sans nourriture et sans soins. D’après Media Newswire, environ 6 500 civils Hmong auraient été tués en mars et avril.
À cause des persécutions du gouvernement laotien, beaucoup de Hmong vont chercher refuge en Thaïlande. Mais après avoir passé la frontière, nombre d’entre eux sont incarcérés par les autorités thaïes, sur lesquelles le gouvernement laotien fait pression.
En décembre 2009, le gouvernement thaï a réaffirmé son intention de renvoyer un groupe de 4 506 Hmongs, en dépit des protestations des organisations humanitaires.
Depuis trois ans, 158 Hmongs, en majorité des femmes et des enfants, sont détenus dans une prison thaïe dans des conditions sanitaires déplorables. Ce groupe avait fui les persécutions au Laos, et maintenant il se retrouve en prison en Thaïlande à cause des pressions du gouvernement laotien. Toujours à cause de ces pressions, le gouvernement thaï refuse de remettre en liberté les détenus, et de laisser partir les réfugiés vers un pays tiers.
