Depuis mars 2011, la Syrie est entrée dans une situation d’instabilité extrême. L’opposition au Président Bachar Al-Assad, dont le régime dictatorial est inspiré par l’idéologie laïque du parti Baas et s’appuie sur la minorité alaouite, a été violemment réprimée par l’armée et les forces de l’ordre. Le 26 février 2012, les Syriens ont été invités à se prononcer par voie référendaire sur quelques amendements à la Constitution. Approuvé par 90 % de l’électorat, selon les données fournies par le gouvernement de Damas, le nouveau texte modifie principalement l’article 8, qui faisait jusqu’à présent du parti Baas le pilier de l’État et de la société, ouvrant ainsi la voie à un système multipartite[1].
Cette réforme n’a pas mis fin à la rébellion ni à la répression. Le mouvement, qui était à l’origine une protestation populaire réclamant plus de liberté et de démocratie, s’est peu à peu transformé en une révolution islamique, glissant vers une guerre civile confessionnelle de plus en plus accentuée. Cette révolution est soutenue par de nombreux États sunnites du Proche-Orient, et bénéficie de l’entrée de mercenaires armés en territoire syrien, eux aussi sunnites[2].
Bien qu’étant favorables à quelques réformes, les chrétiens de Syrie ne se sont généralement pas joints aux mouvements d’opposition, tandis que leurs hiérarchies religieuses ont mis en garde l’Occident contre les conséquences d’une chute de Bachar El-Assad. Un Islam « bâillonné » garantit aux chrétiens et à toutes les minorités (alaouites, druzes) une réelle sécurité et la liberté religieuse. Les chrétiens savent également qu’ils risquent de faire l’objet de représailles de la part des islamistes, avec l’accusation d’avoir soutenu le régime[3].
La situation, au moment de la rédaction du présent rapport, est source de confusion, et il n’est pas possible d’en prédire l’issue.
En particulier, la ville de Homs a été abandonnée par quelque 230.000 de ses habitants, en raison des combats qui y ont lieu depuis des mois.
Un communiqué de la Fondation « Aide à l’Église en Détresse » (AED)[4] relate les déclarations de certains membres de l’Eglise syrienne qui décrivent une situation beaucoup plus complexe que celle décrite par les médias occidentaux : « De nombreux médias occidentaux font tout simplement des reportages peu soignés. Ils semblent ignorer qu’il y a aussi des luttes intestines et des tensions entre les différents courants musulmans, que les rivalités tribales et actes de vengeance sont quotidiens, et que la criminalité est en hausse dans le pays en raison de l’instabilité de la situation. »

