Ukraine

UkraineAPPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 82,8 %
Agnostiques : 14,6 %
musulmans : 2,2 %
Autres : 0,4 %

Catholiques 4 922 000

SUPERFICIE
603 700 km2

POPULATION
45 433 000

RÉFUGIÉS
7 334

DÉPLACÉS
-

L’instabilité institutionnelle due aux rivalités entre les forces sociales et politiques pro-occidentales et pro-russes a favorisé l’accession au pouvoir de Victor Yanukovitch, candidat pro-russe à la présidence de la République, le 7 février 2010, à l’issue du deuxième tour des élections présidentielles. Quatre jours après son élection, il a reçu les félicitations des présidents de France, Allemagne, Estonie, Lituanie, Etats-Unis et Russie. Son adversaire, Julia Tymoshenko, a refusé de reconnaître sa défaite, et son parti a annoncé qu’il contestait le résultat des élections.
Pour le moment, ce changement politique n’a pas eu de répercussions particulières sur l’exercice de la liberté de religion dans le pays.
Il faut cependant signaler un incident qui a eu lieu à l’Université catholique d’Ukraine de Lviv, seule université catholique de tout le territoire de l’ex-Union soviétique, dont Benoît XVI a dit qu’elle représente « un précieux soutien à l’action œcuménique ».
Le 18 mai 2010, des agents du SBU, le service de sécurité ukrainien qui a succédé au KGB, sont allés trouver le P. Borys Gudziak, Recteur de l’université, en demandant de signer une lettre dont il ne pouvait pas conserver une copie. Gudziak a fait savoir publiquement qu’il avait subi des intimidations, mais le 26 mai les autorités ont déclaré qu’il s’agissait d’un malentendu.
Cet incident fait craindre que le nouveau gouvernement ne s’apprête à exercer des pressions sur les libertés civiles, en laissant présager un risque potentiel pour l’Église catholique à mesure que Viktor Yanukovitch consolidera son pouvoir. Les diverses Églises de l’Ukraine multi-confessionnelle s’attendent en effet à ce que le nouveau gouvernement de Yanukovych accorde un traitement préférentiel à l’Église orthodoxe d’Ukraine, rattachée au Patriarcat de Moscou. Mais en dépit de ces craintes pour l’avenir, il faut reconnaître que pendant la période prise en considération, toutes les confessions religieuses du pays ont été protégées et ont pu exercer librement les droits garantis par la Constitution et par les lois sur la liberté religieuse.

Développements législatifs positifs

En avril 2009, en collaboration avec les principales organisations religieuses du pays, le ministre de la Défense a mis en place un Conseil pastoral chargé de s’occuper des activités religieuses dans les forces armées.
L’entrée en vigueur des nouveaux amendements au code pénal a également représenté un pas en avant, puisque les détenus jouiront désormais d’une plus grande liberté religieuse dans les prisons. D’après les nouvelles dispositions approuvées par le Parlement le 21 janvier 2010 et entrées en vigueur après avoir reçu la signature du président, l’amendement à l’article 7 interdit « toute discrimination entre les détenus en fonction de leur race, couleur de peau, opinions politiques, croyances religieuses, sexe, statut social ou lieu de résidence ». D’après un autre amendement, « les associations religieuses, sociales et humanitaires » pourront offrir leur soutien « aux autorités judiciaires et carcérales dans les activités de réhabilitation et de rééducation sociale des détenus », et proposer à ces derniers un accompagnement spirituel « dans les limites du code pénal et des lois de l’Ukraine ». Un nouveau paragraphe de cet article, qui traite de l’organisation des célébrations liturgiques et autres cérémonies religieuses dans les prisons, dit que l’administration pénitentiaire ne doit « exprimer aucune opinion au sujet de la religion ».
En juin 2009, l’Église greco-catholique d’Ukraine (UGCC), en coopération avec le Département d’État pour l’application des peines, a pris part à une conférence internationale sur la « dimension juridique de l’apostolat dans les prisons », organisée à Kiev par la Commission catholique internationale de la Pastorale dans les prisons et par l’organisation chrétienne interconfessionnelle Mission of Prison Ministering. Cette initiative entendait contribuer à l’humanisation des politiques carcérales dans le pays.
D’après la législation actuelle, l’éducation religieuse n’est pas autorisée dans les écoles publiques. Le 20 octobre 2008, le ministère des Sciences et de l’Éducation, en coopération avec les Églises et les organisations religieuses, a mis en place un Conseil civil chargé d’étudier la question, de définir des projets et de formuler des propositions de loi pour changer cette situation. Jusqu’à présent, ce conseil s’est toujours réuni régulièrement.

La question des biens confisqués par le régime communiste

La question de la restitution des biens confisqués n’a pas encore été résolue. La lenteur des autorités à procéder aux restitutions attendues est souvent due à des obstacles bureaucratiques élevés par des personnes qui occupent ces propriétés et à la difficulté de trouver des solutions de rechange en raison des restrictions économiques que le pays connaît actuellement.
Néanmoins, les communautés religieuses qui revendiquent ces droits ont pu constater quelques progrès dans ce domaine. Ainsi, en juin 2009, la chapelle de l’ancien séminaire catholique de théologie de Lviv a été restituée à l’Archidiocèse latin.

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