APPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 94,8 %
Agnostiques : 2,6 %
Autres : 3,1 %
Catholiques : 24 403 000
SUPERFICIE
912 050 km2
POPULATION
29 044 000 habitants
RÉFUGIÉS
201 313
DÉPLACÉS
-
Changements au niveau de la législation
Le 15 août 2009 a été promulguée la nouvelle loi en matière d’éducation. Elle a représenté une limitation à l’exercice de la liberté religieuse en abolissant la possibilité d’un enseignement religieux dans les collèges publics, et en ignorant complètement l’enseignement religieux dans son dispositif. La norme établit que le travail d’éducation est principalement de la compétence de l’État et que l’éducation religieuse se limite au cadre familial. Selon cette nouvelle loi, les co-responsables de l’éducation sont la famille, les organisations communautaires du Pouvoir Populaire, l’État, et la Communauté éducative qui est une entité floue composée des parents, étudiants, enseignants et travailleurs des centres éducatifs, et des porte-parole des organisations communautaires.
La loi prévoit des sanctions en cas d’inexécution, et étant donné qu’il y a interdiction d’inculquer des contenus pouvant être considérés comme contraires à la souveraineté nationale, concept indéterminé, cela laisse une vaste marge de pouvoir discrétionnaire pour d’éventuelles sanctions. Y compris dans les dispositions transitoires, la compétence dans le domaine éducatif donne au Ministère du Pouvoir Populaire la possibilité de fermer ou de réorganiser des établissements éducatifs privés qui attentent aux principes établis par cette même loi. Ceux qui sont sanctionnés ne pourront pas exercer de fonctions éducatives ou administratives dans des établissements éducatifs pour une durée pouvant aller jusqu’à 10 ans.
Bien que la loi ne proscrive pas ouvertement l’éducation religieuse, on craint que ce soit l’un des objectifs poursuivis par cette norme, car il n’y a pas de définition ni de développement du rôle des particuliers, ni de leurs possibilités de fonder et de maintenir des établissements éducatifs ; la loi ne mentionne la formation religieuse que dans le cadre familial et élimine la possibilité que l’État finance des établissements privés offrant une éducation de qualité et gratuite. La loi et les gouvernements précédents soutenaient les établissements catholiques d’enseignement gratuit tels que « Foi et Joie ».
Par ailleurs, il était habituel que des subventions soient versées par l’intermédiaire du Ministère de l’Intérieur ou de la Justice à des groupes religieux (avant tout catholiques) pour mener à bien des programmes éducatifs et sociaux. Toutefois, ces dernières années ces subventions ont été réduites et au contraire les ressources destinées aux programmes sociaux dirigés par l’État ont augmenté.
En novembre 2009, l’Aide à l’Église en Détresse a alerté sur la possibilité que le gouvernement de Hugo Chavez ne confisque les temples, écoles ou propriétés ecclésiastiques dans le but « d’éliminer le travail de l’Église », selon des sources proches des évêques du Venezuela. De fait, un chef de district a annoncé des plans d’expropriation de diverses écoles dirigées par l’Église dans le but de protéger des constructions d’importance nationale, mais « certains représentants de l’Église craignent que ce soit le premier pas d’un programme général de confiscation qui affecterait les propriétés de l’Église dans tout le pays ».
Tout cela a probablement influencé le fait que le Rapport Annuel de la Commission Internationale de la Liberté Religieuse des USA ait classé le pays, pour la deuxième année consécutive, dans la « liste sous observation ».
Relations entre l’Église catholique et l’État
D’importantes différences d’opinion se sont manifestées entre l’Église Catholique et le Gouvernement, et les ministres du culte ont subi des actes d’hostilité. Par exemple en septembre 2009, un article intitulé « l’erreur administrative du cardinal » a circulé dans « le journal de Caracas ». On y divulguait un courrier électronique attribué au cardinal Jorge Urosa Savino, archevêque de Caracas, qui contenait des expressions avalisant la discrimination sociale et l’exclusion dans l’éducation. Le cardinal a nié avoir été l’auteur du courrier.
Des membres du gouvernement ont accusé la Conférence Épiscopale de se transformer en un parti politique défendant les intérêts de groupes opposés « au peuple ». Il y a aussi eu la mauvaise réaction des autorités gouvernementales devant les déclarations du Président de la Conférence Épiscopale, Mgr Ubaldo Santana, à l’occasion de la visite « ad limina apostolorum », lors de laquelle il a manifesté au pape Benoît XVI sa préoccupation en ce qui concerne la polarisation politique croissante qui a fait augmenter la violence, l’insécurité et la haine, mettant sérieusement en danger la coexistence démocratique dans le pays. L’Église Catholique a également été accusée de conspirer avec les USA contre le gouvernement.
Les actes d’hostilité à l’encontre de ministres de culte se sont manifestés par des attaques contre l’Église, sans que le gouvernement ne se soit appliqué à identifier les responsables. En janvier 2009, les membres de l’organisation « la Piedrita [petite pierre] » ont lancé du gaz lacrymogène sur la maison du Nonce Apostolique, ce qui a été la sixième attaque en deux ans. Les assaillants ont laissé des pamphlets insultant les prêtres qui avaient critiqué le gouvernement. On croit que l’attaque est due au fait que la Nonciature a accordé asile à des membres de l’opposition et à un étudiant activiste.
Le patrimoine religieux et les symboles chrétiens ont également subi des affronts pendant ce temps. Il faut souligner la profanation d’images de Jésus et de la Vierge de Coromoto, sur lesquelles des armes de guerre ont été peintes, dans la ville de Caracas, en mai 2010. Le Vice-président de la Conférence épiscopale, Mgr Baltazar Porras, a indiqué que l’altération de ces images était « une manière d’ensemencer la haine et la mort » dans la population.
Communautés chrétiennes non catholiques / autres religions
L’activité missionnaire dans le pays a été restreinte par l’augmentation du pourcentage de visas refusés par le gouvernement, spécialement contre les missionnaires protestants dont les groupes religieux sont basés aux USA.
Le Gouvernement a fait face à de graves problèmes avec la communauté juive, dus à des déclarations antisémites dans des médias locaux, en plus de quelques actes d’hostilité contre cette communauté, tels que ceux qui se sont produits le 30 janvier 2009 quand des hommes masqués ont attaqué la synagogue Tiferet Israël à Caracas, en violant des symboles religieux et en peignant des graffitis antisémites. La police a arrêté les responsables et a établi qu’il s’agissait d’un vol d’ordinateurs maquillé en acte antisémite. Le gouvernement a condamné l’incident, mais n’a pas pu rétablir le sentiment de sécurité dans la communauté juive, probablement en raison du fait que la synagogue Beth Shmuelait a été attaquée à peine un mois après cet incident. Par ailleurs, quelques rabbins ont été attaqués, menacés ou harcelés et des personnes de confession juive ont subi des attaques et des menaces dans leurs affaires. Cela a eu pour conséquence de faire diminuer le nombre de juifs vivant au Venezuela d’environ 22.000 en 1998 à un nombre actuel situé entre 10.000 et 15.000 selon les estimations.
Les hostilités envers les religions ont également frappé la communauté musulmane, qui a subi en mars 2009 une attaque contre la mosquée Ibrahim al-Ibrahim.
