APPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 71,5 %
Animistes : 26,0 %
Autres : 2,5 %
Catholiques : 1 698 000
SUPERFICIE
390 757 km2
POPULATION
12 644 000 habitants
RÉFUGIÉS
3 995
DÉPLACÉS
570 000 – 1 000 000
La Constitution prévoit la liberté religieuse, mais une loi de 2002 sur l’Ordre public et la Sécurité est toujours en vigueur et impose de graves restrictions à la liberté de rassemblement, d’expression et d’association. Cette loi est souvent invoquée par le gouvernement pour interférer dans les activités des organisations religieuses.
Les groupes religieux n’ont pas besoin de se faire enregistrer. Mais l’enregistrement est requis pour les organisations qui gèrent des établissements scolaires ou de santé. Les écoles chrétiennes représentent environ un tiers de toutes les écoles du pays, mais il y a aussi des écoles islamiques, hindoues et juives, spécialement dans les grandes villes.
De nombreuses écoles secondaires publiques prévoient des cours d’instruction religieuse.
L’activité missionnaire est considérée avec suspicion, par peur qu’elle n’ait des objectifs politiques. Dans ce cas, la police intervient pour empêcher toute activité, y compris la distribution de nourriture et de vêtements, ou toute autre œuvre humanitaire.
Par ailleurs, les groupes chrétiens sont très critiques à l’égard du gouvernement du Président Mugabe, accusé de violer continuellement les Droits de l’Homme et d’avoir une politique économique ruineuse qui a littéralement conduit le pays à la famine. Le gouvernement n’accepte pas ces critiques et s’attaque aux groupes religieux par des campagnes de diffamation, d’intimidation, par des abus de pouvoir et des violences.
Un communiqué de l’Assemblée Plénière des Évêques du Botswana, d’Afrique du Sud et du Swaziland de janvier 2009 a relevé que « Dix mois après les élections de mars 2008, considérées par tous comme l’expression de la volonté du peuple du Zimbabwe, le Président Mugabe et son entourage restent illégitimement agrippés au pouvoir ». « Nous, Évêques catholiques du sud de l’Afrique, invitons Mugabe à démissionner immédiatement. Nous adressons un appel à la formation d’un gouvernement de coalition qui guide la reprise nationale et la préparation, dans les plus brefs délais possibles, d’élections présidentielles sous surveillance internationale ».
En février 2009, à l’issue d’une longue négociation au cours d’un rassemblement qui a eu lieu à Pretoria, les leaders de la SADC, la Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe, qui regroupe différents États de la région, ont établi un gouvernement d’unité nationale dans lequel Robert Mugabe a conservé son rôle de Président et Morgan Tsvangirai, chef du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le Changement Démocratique, est devenu premier ministre. On a ainsi cherché à résoudre une longue confrontation politique entre Tsvangirai et le Président Mugabe, qui débouchait souvent sur des heurts et des violences. En effet, Tsvangirai contestait la victoire de Mugabe au premier tour des élections présidentielles de mars 2008.
Le 28 mai 2009, l’influent archevêque sud-africain Desmond Tutu a déclaré que le pays était devenu « un enfer sur terre », tout en ajoutant que le gouvernement d’unité nationale était la meilleure option possible et qu’une alternative effective ne pourrait provenir que de nouvelles élections générales.
À la fin d’octobre 2009, Manfred Novak, rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, a été empêché d’entrer dans le pays. Il a été bloqué puis repoussé à l’aéroport de la capitale, Harare. Il s’était rendu au Zimbabwe à l’invitation de Morgan Tsvangirai, mais la police, contrôlée par le Président, l’a empêché d’entrer.
L’Alliance Chrétienne du Zimbabwe, dont les catholiques, anglicans, évangéliques et pentecôtistes font partie, a exprimé sa crainte que cela puisse être le signe d’une première étape vers la désintégration et la faillite du gouvernement d’unité nationale. « Nous sommes préoccupés – a-t-elle expliqué – par le fait que l’effondrement du gouvernement puisse déchaîner des violences généralisées dans le pays qui auraient un impact négatif sur toute la région ». « On risque le bain de sang ».
Anglicans
Les abus, les intimidations et violences accomplies par les autorités et la police contre les anglicans ont été systématiques : irruptions pendant les offices religieux, arrestations de prêtres et de fidèles, fermeture forcées d’églises. Le gouvernement soutient en effet Nolbert Kunonga, ex-évêque anglican de Harare et membre du ZANU-PF, qui a crée en 2007 l’Église de la Province du Zimbabwe (CPZ), une organisation à caractère plus politique que religieux qui tente de prendre la place de la légitime Église anglicane du Zimbabwe.
Ces dernières années, la CPZ a continué d’essayer d’acquérir les biens et bâtiments appartenant à l’Église anglicane. Selon des sources locales, la police a plusieurs fois fourni de l’aide à la CPZ.
La CPZ cherche de même à prendre le contrôle des écoles anglicanes de la province de Harare. Le 27 janvier 2009, des prêtres de la CPZ, accompagnés de policiers, ont utilisé la force pour chasser le directeur et le directeur-adjoint d’une école secondaire à Mashonaland Est, en les remplaçant par des membres de la CPZ. Des sources locales ont accusé les nouveaux leaders d’utiliser les revenus des taxes scolaires pour leurs véhicules personnels.
Entre autres exemples, le 29 mars 2009 une vingtaine de policiers a empêché les fidèles d’entrer dans l’église anglicane de Saint François à Glen Norah, dans la banlieue de Harare. Comme les fidèles s’étaient rassemblés, la police les a chargés et frappés avec des bâtons. Le prêtre a refusé de demander aux gens de s’en aller, c’est pourquoi il a été arrêté, en même temps que trois fidèles, pour trouble à l’ordre public. La police a lancé des gaz lacrymogènes pour intimider la foule, et un homme a été blessé par balle. Le prêtre a ensuite été inculpé pour « instigation à la violence ».
Le 16 mars, la police a interdit à un prêtre d’entrer dans l’église de Saint André pour y célébrer le culte. Le prêtre a alors célébré sous un arbre situé en face de l’église. La police a lancé des gaz lacrymogènes pour disperser ce rassemblement religieux.
Le 22 mars, des disciples de Kunonga ont empêché quelques femmes d’entrer dans l’église anglicane de Tafara, une banlieue de Harare. Les femmes ont résisté et il en a résulté un affrontement au cours duquel les portes et les fenêtres de l’église ont été endommagées. Les disciples de Kunonga ont appelé la police qui a arrêté quelques paroissiens en les accusant d’avoir endommagé l’église.
Les disciples de Kunonga ont même empêché les fidèles anglicans d’enterrer leurs morts dans le cimetière anglican de Chitungwiza.
