Novembre 2016
Cameroun, Chili, Bangladesh, Brésil, Malawi, Bulgarie

Cameroun : aide d’urgence aux blessés et aux proches des victimes d’un attentat-suicide de Boko Haram

Emergency help for displaced people Maroua Mokolo
Le diocèse de Maroua-Mokolo se situe dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria. L’organisation terroriste Boko Haram ne cesse d’y commettre des attentats suicides. Bien que les attaques armées aient diminué dans la région depuis que Boko Haram a été affaibli par une action militaire conjointe des troupes du Nigéria, du Cameroun, du Niger et du Tchad, de plus en plus d’attentats suicides sont commis. Ce sont souvent de très jeunes gens – voire des jeunes filles – qui se font exploser dans des endroits bondés, en entraînant avec eux d’autres personnes dans la mort. Mgr. Bruno Ateba Edo relate que les gens ont développé une psychose parce qu’un attentat peut se produire à n’importe quel moment. Dieu merci, jusqu’à présent les églises ne sont pas devenues des cibles, mais des volontaires sont chargés d’examiner si les personnes venant à la messe n’ont pas emporté d’armes et d’explosifs, et les grands sacs à main sont interdits. Les offices se déroulent sous un arbre parce qu’il n’y a d’église nulle part, et les fidèles se tiennent souvent par la main en formant une chaîne humaine pour empêcher que les terroristes ne se mélangent discrètement aux fidèles.
La peur est particulièrement élevée sur les marchés, car des attentats ne cessent d’y être perpétrés. Une attaque particulièrement grave a eu lieu le 19 février sur le marché du lieu-dit Mémé. Deux kamikazes se sont fait exploser, tuant vingt personnes. Des douzaines d’autres personnes ont aussi été blessées. Quelques marchandes et leurs clients ont eu la chance : quand l’attentat a eu lieu, ils venaient de se rendre à l’église pour participer à un chemin de croix. Ils disent aujourd’hui : « Nous sommes encore en vie parce que nous étions dans l’église. Sans le chemin de croix, nous serions morts ».
Mgr Bruno Ateba Edo a demandé de l’aide à l’AED pour que la paroisse catholique de Mémé puisse soutenir les proches des victimes et les personnes qui ont été blessées par l’attentat. L’AED souhaite les aider avec 7.000 euros.

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Chili : aide à la reconstruction d’un presbytère qui a été détruit par un tremblement de terre

Reconstruction of the rectory, Sanctuary El Niño Dios in Sotaquí
Au 19ème siècle, une dame très pieuse vivait à Sotaqui. Elle s’appelait Antonia Pizarro. Comme elle connaissait bien les herbes médicinales, elle a aidé de nombreux malades. Un jour qu’elle se rendait chez un malade qui vivait près de la rivière Hurtado, elle vit au loin deux enfants qui gardaient des chèvres. Alors qu’elle se rapprochait, elle vit que les deux enfants jouaient avec un autre enfant qui était presque nu. C’était une statue de l’enfant Jésus. Cette pieuse femme prit chez elle la statue du divin enfant pour la vénérer. Elle se révéla miraculeuse et fut installée en 1873 dans l’église paroissiale de Sotaquí. La dévotion se répandit de plus en plus. De plus en plus de gens venaient demander de l’aide au petit enfant Jésus miraculeux, et une nouvelle église fut construite en 1898 pour le divin enfant. Ce culte est encore fort aujourd’hui, et en janvier, une grande fête de quatre jours est célébrée autour de l’Épiphanie avec des processions et des danses traditionnelles pour honorer le divin enfant. Cette fête est préparée avec une neuvaine. La Mère de Dieu du Mont-Carmel est vénérée à la même occasion.
L’ancien presbytère qui avait été construit en 1800 fait aussi partie du sanctuaire. Il a été endommagé en 1997 par un tremblement de terre, mais c’est le grave tremblement de terre de septembre 2015 qui l’a rendu inhabitable. La toiture, les plafonds des chambres et plusieurs murs se sont effondrés, et les portes et fenêtres ont explosé. Le curé vit actuellement dans des conditions précaires dans un local attenant à l’église. Le diocèse de La Serena, dont fait partie Sotaqui, est confronté au défi de remettre en état 60 églises, chapelles et presbytères, qui ont été endommagés à des degrés divers par le tremblement de terre, et ont parfois été complètement détruits. Nous avons donc promis 30.000 euros pour que le presbytère de Sotaqui puisse être reconstruit.

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Brésil : aide à la formation pour 28 séminaristes du diocèse de Marília

Formation of 26 mayor seminarians of the diocese, 2015
Le Brésil est toujours considéré comme le plus grand pays catholique au monde. Cependant, le nombre de catholiques ne cesse d’y reculer. Aujourd’hui, il n’y a plus que 72 pourcents des quelque 190 millions de brésiliens qui soient encore catholiques, même si les chiffres peuvent considérablement varier. Cependant, il est clair que leur nombre a drastiquement diminué. Les sectes et les Églises pentecôtistes se répandent de plus en plus. Elles recrutent leurs fidèles au moyen de promesses irréalistes, et promettent à leurs adeptes une prospérité rapide, la santé ou l’accomplissement d’autres rêves. Il existe désormais plus de 35.000 Églises libres. Les personnes déçues et déracinées des bidonvilles des grandes villes sont pour elles des proies faciles. Beaucoup de ceux qui s’y sont échoués ont migré du nord-est du pays où cela fait parfois des années que la pluie n’est pas tombée. Là d’où ils viennent, ils ne pouvaient pas nourrir leurs familles. Ils s’attendaient à ce que tout aille mieux en ville. Cependant, leurs espoirs et leurs rêves ont été amèrement déçus. Après avoir sacrifié leurs derniers fonds pour payer leur voyage vers la supposée « terre promise », ils peuvent s’estimer heureux s’ils trouvent un emploi de ramasseurs d’ordures. Cependant, la plupart restent au chômage. Et c’est le début d’un cercle vicieux : des familles se déchirent, beaucoup tombent dans l’alcool ou la drogue, la violence augmente.
L’Église catholique est ainsi confrontée à des défis majeurs, mais il y a bien trop peu de prêtres par rapport à la taille du pays et au nombre encore élevé des fidèles. Les paroisses sont souvent énormes, comptant parfois jusqu’à 100.000 paroissiens. L’une des plus grandes préoccupations de l’Église locale est donc la promotion des vocations. « Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. Le prêtre n’est pas prêtre pour lui, il l’est pour vous », disait le célèbre curé d’Ars, Saint Jean-Marie Vianney. Même si cette phrase est formulée avec exagération, elle touche avec précision le problème auquel l’Église fait face au Brésil : Là où il n’y a pas de prêtre, les fidèles rentrent facilement dans les sectes.
Dans le diocèse de Marília, dans l’état fédéral de Sao Paulo, 28 jeunes hommes se préparent actuellement au sacerdoce. Le diocèse couvre une superficie de 11.980 kilomètres carrés et est divisé en 61 paroisses. 729.000 fidèles catholiques y vivent. Chaque paroisse compte donc en moyenne près de 12.000 fidèles. À peine 57 prêtres diocésains y sont en activité. Les jeunes vocations sont donc nécessaires. Les jeunes hommes qui sont formés au séminaire sont censés devenir un jour de bons prêtres. C’est pourquoi ils doivent non seulement recevoir une bonne éducation académique, mais aussi être activement accompagnés aux niveaux spirituel et humain et acquérir un aperçu pratique de la pastorale en visitant des paroisses et des institutions sociales catholiques pour y accumuler de l’expérience et s’y rendre utiles. Nous soutenons leur formation avec 7000 euros.

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Bulgarie : aide à la subsistance pour cinq Franciscaines

Auto für die Schwestern Franziskanerinnen in Zitniza
La Bulgarie est membre de l’Union Européenne. Pourtant, un cinquième des quelque 7,1 millions habitants de ce pays du sud-est de l’Europe vit dans la pauvreté. Un habitant sur dix est même considéré comme « extrêmement pauvre ». Le taux de chômage est d’environ un quart de la population, et même ceux qui ont un emploi gagnent souvent si peu qu’ils parviennent à peine à survivre avec leur famille. La vie est particulièrement difficile pour les personnes âgées qui doivent souvent se débrouiller avec une minuscule pension.
Cinq religieuses catholiques de la Congrégation des « Franciscaines du Sacré Cœur » travaillent dans les villages de Zitnitza et de Rakovski. Le charisme de cette Congrégation, qui a été fondée au XIXème siècle en Italie et qui intervient désormais activement dans 20 pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du Christ au travers d’un service désintéressé aux pauvres.
Les cinq religieuses rendent visite aux pauvres, aux personnes âgées et isolées, ainsi qu’aux malades, et les aident à affronter la vie et à surmonter la solitude. Elles aident aussi les familles qui n’ont presque rien à manger. Elles nourrissent chaque semaine 40 personnes qui, sans cela, ne pourraient pas se payer de repas chaud. Par ailleurs, elles font la catéchèse et de l’instruction religieuse dans les écoles. Elles préparent aussi les enfants à faire leur première Communion et les adolescents à être confirmés.
Sans le soutien de l’AED, les sœurs pourraient difficilement subvenir à leurs besoins. C’est pourquoi nous les soutenons chaque année, afin qu’elles puissent maintenir leur présence auprès de ceux qui ont besoin de leur aide. Cette année aussi, elles nous ont encore une fois demandé de l’aide et nous souhaiterions les aider avec 1500 euros.

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Projet réalisé au Malawi : Une voiture pour la pastorale

A vehicle for pastoral work in St Augustine Cathedral Parish
Le Père Lazare Kennedy Girevulo célèbre en 2017 le jubilé d’argent de son ordination sacerdotale. Lorsqu’il a été ordonné il y a près de 25 ans dans la cathédrale de Mangochi St-Augustin, il ne s’imaginait pas qu’il dirigerait un jour lui-même la paroisse de la cathédrale. La paroisse dispose de 18 stations extérieures. Le Père Girevulo et ses deux confrères ont énormément de travail à accomplir pour desservir les fidèles qui vivent dans des villages dispersés.
Mgr. Stima Monfort, évêque de Mangochi, voudrait que les prêtres de son diocèse soient proches de la population. L’affermissement de la foi est pour lui une priorité, car bien que la population du Malawi soit globalement chrétienne à environ 80 pourcents et musulmane à seulement 13 pourcents, la proportion de musulmans dans le diocèse de Mangochi oscille entre 50 et 90 pourcents selon les villages. Dans un passé récent, cela a donné lieu à des attaques répétées contre les chrétiens. Pour certains fidèles, l’Islam représente une grande tentation, surtout quand la seule école à proximité est un établissement musulman. « Ils ont besoin d’aide et d’encouragement », dit l’évêque.
Compte tenu du mauvais état des routes, les prêtres ont de la difficulté pour se rendre dans les villages. C’est surtout pendant la saison des pluies, de fin décembre jusqu’à la fin du mois de mars, que les routes ne sont pas très praticables, parce qu’elles se transforment en boue.
Jusqu’à une date récente, le Père Girevulo ne disposait que d’une voiture âgée de près de 30 ans qui était complètement délabrée. Elle ne lui permettait plus beaucoup de se déplacer. Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont offert 19.000 euros, il a pu acheter une nouvelle voiture qui facilite son travail pastoral et celui de ses deux confrères. Le Père Girevulo nous écrit : « Je vous remercie, ainsi que vos chers bienfaiteurs, d’avoir accepté de répondre positivement à notre demande. Le véhicule va nous être très utile dans notre ministère pastoral. Avec l’aide de Dieu, nous ferons de notre mieux pour faire très attention à la voiture lorsque nous irons servir le peuple de Dieu en nous rendant dans les stations extérieures, les écoles et les établissements de soins aux malades. Nous devons être proches de nos fidèles, afin qu’ils n’aient pas peur de l’hostilité de certains musulmans et ne renoncent pas à leur foi catholique ».

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Projet réalisé au Bangladesh : Aide à la construction d’un presbytère

Construction of Rectory of the Holy Rosary parish, Hashnabad, Archdiocese of Dhaka

La joie des catholiques du Bangladesh est immense : le Pape François a annoncé le 9 octobre que l’archevêque de Dacca, Mgr. Patrick D’Rozario, serait créé Cardinal. Dans ce pays à majorité musulmane, les catholiques ne représentent qu’une infime minorité de 0,2 pourcent de la population. Dans un passé récent, les chrétiens et les adeptes d’autres religions minoritaires ont été victimes d’attentats répétés. Le missionnaire italien Piero Parolari a survécu de justesse à un assassinat en novembre 2015. Vingt étrangers ont été tués lors d’une prise d’otages dans un restaurant de la capitale Dacca en juillet 2016. L’organisation terroriste « État Islamique » a revendiqué le crime. Il y a de plus en plus d’assassinats de chrétiens, hindous ou bouddhistes.
Pourtant, les fidèles catholiques ne se laissent pas intimider. L’année de la Miséricorde a été pour eux une occasion particulière de répondre à la violence et à la terreur par le pardon.
L’Église catholique a ouvert trois portes saintes au Bangladesh pour l’Année Sainte. L’une d’entre elles se trouve dans l’église Notre-Dame du Rosaire à Hashnabad, qui fait partie de l’archidiocèse de Dacca. La paroisse compte environ 3.000 catholiques dont la foi est très forte et qui participent intensivement à la vie ecclésiale. L’église paroissiale a été construite dans les années 1770 par des missionnaires portugais, et est l’un des plus anciens édifices chrétiens de l’actuel archidiocèse de Dacca. Elle a été rénovée en 2002. En revanche le presbytère, qui a été construit il y a 150 ans, était dans un si mauvais état qu’il menaçait de s’effondrer à tout moment. Il était dangereux d’y résider. Il ne pouvait qu’être démoli. Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs, nous avons pu soutenir la construction d’un nouveau presbytère avec 15.000 euros. Le nouveau bâtiment comprend deux étages et a de la place pour les pièces de vie et de travail des prêtres, pour le secrétariat, les chambres d’hôtes, une salle de réunion ainsi qu’une cuisine et une salle à manger. À la grande joie de la paroisse et de ses prêtres, le nouveau bâtiment a déjà pu être inauguré. Ils remercient chaleureusement tous ceux qui ont apporté leur aide, et promettent qu’ils prieront pour tous les bienfaiteurs.