Le couvent Marie Reine des Anges a été fondé en 1995 dans le diocèse de La Guaira. La population des environs s’est réjouie de la présence du nouveau couvent. Au départ, il y avait 12 carmélites, mais de nouvelles vocations sont nées, et avec le temps, la communauté a plus que doublé. Mais c’est alors que les problèmes ont commencé : le système d’approvisionnement en eau et de collecte des eaux usées est tombé en panne. Les sœurs ont alors dû marcher pendant une demi-heure pour aller chercher de l’eau. Et en plus de cela, l’eau était contaminée par des pesticides. Une bonne part des religieuses a été malade. Il était clair que cette situation ne pouvait pas durer. C’est ainsi que les sœurs ont décidé d’un cœur lourd de déménager.
En 2000, il y avait à Chirgua, dans le diocèse de Valencia, une ferme qui appartenait à une famille. Les propriétaires étaient disposés à céder une partie du terrain aux carmélites afin qu’elles puissent y construire un couvent. Pendant la période de transition, les sœurs ont déménagé dans un vieil immeuble. Cette maison était cependant en mauvais état : l’eau suintait de partout, les fenêtres fermaient mal, et le rez-de-chaussée était soulevé par les épaisses racines des arbres. Mais le plus ennuyeux pour la vie religieuse : c’était juste à côté de la route. Ces religieuses, tenues de vivre cloitrées, n’étaient donc plus du tout isolées et étaient sans protection contre les éventuels intrus. Les sœurs ont donc décidé de s’installer dans un bâtiment à flanc de coteau, qu’elles avaient elles-mêmes construit et qui était en fait destiné l’élevage de porcs. Elles voulaient y rester jusqu’à ce qu’elles aient enfin leur propre couvent.
Les habitants de la région ont accueilli les sœurs avec une certaine réserve. Ils n’étaient pas contre le couvent, mais pas non plus pour. Les sœurs racontent : « C’était des gens respectables, mais il leur manquait Dieu. Ils avaient besoin d’une mère qui les prenne dans ses bras, les accepte et éveille en eux la lumière de l’Esprit Saint, afin qu’ils rencontrent Dieu face à face ». Il n’y avait pas de curé. Les carmélites ne se sont pas laissées décourager. Par leur présence aimante et leur vie contemplative, elles ont amené Dieu à la population.
Mais en 2009, la communauté monastique a connu la pire journée de son histoire. Le gouvernement socialiste avait ordonné qu’il n’y ait plus aucune propriété privée. Des soldats armés sont venus et ont effrayé les sœurs. Le terrain a été confisqué à ses propriétaires. Juridiquement, la situation de la propriété est encore incertaine. Mais tant qu’on ne sait pas qui est propriétaire du terrain, les sœurs ne peuvent pas construire de couvent.
Donc à ce jour, 25 sœurs vivent dans l’ancienne porcherie qui a été transformée en couvent. Néanmoins, elles disent: « Aujourd’hui, le couvent prospère à la gloire de la Sainte Trinité, pour le bien de nos âmes et de toute l’Église. Dans nos cœurs, nous prions pour tous. »
Pour assurer au moins la survie aux carmélites, nous leur avons promis 7 500 euros.
Merci pour votre soutien !

