> 1. 1947 Pas de place à l’auberge !

En 1947, dans le numéro de Noël de la Revue de l’Abbaye de Tongerlo (Belgique), le jeune P. Werenfried écrit un article intitulé « Pas de place à l’auberge ». Il sollicite de l’aide pour les 14 millions d’Allemands expulsés de l’Est, dont 6 millions sont des catholiques. Il appelle en même temps à la réconciliation avec les « ennemis d’hier ». La vague d’aide en Flandre qui s’ensuit conduit à la naissance d’une Oeuvre de charité : « Aide aux Prêtres de l’Est ».

Werenfried van Straaten naît le 17 janvier 1913 à Mijdrecht, près d’Amsterdam (Pays-Bas). Après des études de philologie classique à l’université d’Utrecht, il entre en 1934 à l’abbaye flamande des Prémontrés de Tongerlo. Il devient secrétaire de l’abbé et responsable de la rédaction du périodique de l’abbaye, « Toren » (La Tour).

Le Père au lard

A partir de 1948, le P. Werenfried organise l’aide de la Belgique et de la Hollande pour l’Allemagne : des vivres, des vêtements, des chaussures et surtout du lard sont fournis. Le P. Werenfried reçoit le titre d’honneur de « Père au lard ». 3 000 « prêtres sac au dos » sont adoptés par des centaines de milliers d’écoliers flamands. Le lard est la première chose que le P. Werenfried demande aux paysans, car ainsi il peut au moins soulager la faim dont souffrent les réfugiés. De plus, il se rend compte très vite que les paysans gardent plus souvent une provision de lard chez eux, que de l’argent, et qu’ils sont plus disposés à le partager. Les quantités de lard reçues sont si abondantes que le P. Werenfried est bientôt doté du sobriquet « Père au Lard ».

En 1949 en coopération avec Mgr Kindermann, le directeur de la « Maison paternelle des expulsés » le P. Werenfried fonde le séminaire de Königstein dans le Taunus (Allemagne) pour les « séminaristes expulsés ». De vastes campagnes sont lancées dans les Flandres : entre autres « Un véhicule pour Dieu » pour les « prêtres sac au dos ».

En 1950, lancement de l’action des chapelles roulantes : de vieux autobus des chemins de fer hollandais sont transformés en « églises roulantes ». Ces véhicules permettent aux prêtres de rejoindre les expulsés dans la diaspora, de célébrer l’Eucharistie avec eux, d’administrer les sacrements et de distribuer des dons en nature.

Toujours la même année, ce prêtre infatigable fonde l’ »Ordre international des Compagnons-Bâtisseurs ». Cet ordre réunit des jeunes qui construisent des maisons pour des pauvres et des églises pour Dieu.