> 7. 1992 Réconciliation avec les Orthodoxes

En 1992, débute un vaste programme d’aide pour la nouvelle évangélisation en Europe de l’Est et dans les Etats de la CEI. Premier voyage cette année-là du P. Werenfried en Russie. Il y rencontre le patriarche Alexis II de Moscou avec Alexis IIet d’autres évêques orthodoxes, à Saint-Pétersbourg et à Novgorod. Le P. Werenfried lance un appel à la réconciliation de la chrétienté divisée et demande l’aide des catholiques pour l’Eglise soeur orthodoxe. Comme il avait fait appel à l’amour des « ennemis d’hier » après la guerre, il prêche à présent l’effort de dépassement du schisme des deux Eglises, qui existe depuis 1054 entre l’Est et l’Ouest. Une aide pour les activités pastorales est promise à l’Eglise orthodoxe russe. Déjà, en 1988, l’Oeuvre avait obtenu des autorités soviétiques un permis d’importation pour 120.000 Bibles dont beaucoup sont envoyées à des croyants orthodoxes. Et, bien avant la perestroïka, l’AED soutenait clandestinement des confesseurs de la foi orthodoxes comme le P. Alexandre Men et diffusait leurs œuvres.

1993-1997 : L’action d’aide à l’Eglise orthodoxe se met en place.

1998 : Continuation de l’action des chapelles roulantes, avec maintenant pour la Russie une « chapelle flottante » sur la Volga et le Don.

2000 : l’AED réaffirme sa volonté de coopérer avec « l’Eglise sœur orthodoxe », même « si elle doit effectuer une traversée du désert ». « Les partenaires orthodoxes doivent savoir qui nous sommes et ce que nous voulons: nous sommes une organisation d’aide religieuse qui veut servir la réconciliation en reconnaissant pleinement l’Orthodoxie en tant qu’Eglise du Christ. »

2001 : La visite du Pape en Ukraine au début de l’été 2001 a été ressentie par le Patriarcat de Moscou comme une agression et une irruption dans le cœur d’une région « canoniquement » orthodoxe. Mais par la suite, de nombreuses rencontres et de nouveaux échanges ont laissé percevoir que ce point mort pouvait être surmonté. Mentionnons par exemple les projets interconfessionnels à Moscou et St. Pétersbourg dont l’origine est étroitement liée à l’AED, tels que Radio Sofia, Radio Dar, Blagovest Media (agence d’informations), Zavet (production vidéo). L’AED appuie aussi d’autres projets interconfessionnels dans le cadre de publications et groupes œcuméniques. A cet égard, il y a lieu d’évoquer les rencontres avec les responsables de l’Institut Biblique et Théologique et de la Dukhovnaya Biblioteka à Moscou ainsi qu’avec le directeur du Orthodox Research Institute of Missiology and Ecumenism à St. Pétersbourg. Pour l’AED toutefois, ce sont les contributions à la formation des prêtres qui restent prioritaires dans le cadre de séminaires et d’écoles spirituelles. Les boursiers orthodoxes sont nombreux.

2002 : les rencontres se poursuivent, mais la situation entre les deux Eglises est qualifiée « d’immobile » par l’AED. Notons en Syrie tout de même, le soutien de l’AED sur 2 projets de construction d’églises, projet commun de l’Eglise grec-catholique et de l’Eglise grec-orthodoxe, l’église St Joseph à Alep et une autre à Damas.

2004 : consécration de la troisième chapelle flottante à Volgograd.

2005 : Benoît XVI poursuit l’effort de son prédécesseur dans le sens de la réconciliation. Les grandes Églises, étroitement liées, font face à des défis comparables tels la sécularisation et le relativisme qui ont une dimension mondiale, avec toutes les conséquences dévastatrices pour l’Homme et pour sa dignité ; sans compter les questions concernant l’Islam ou le terrorisme. Une réponse commune fortifie les deux Églises, mais l’incapacité à le faire les affaiblit.

2006 : une année marquée par un « vent de changement ». En témoigne par exemple « Blagovest Media » (production chrétienne de cinéma à Saint-Pétersbourg) qui s’est chargée de produire le premier film sur Benoît XVI, conçu en langue russe et destiné à un public russe.