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Allemagne : Le cardinal Meisner, un ami éminemment estimé

Publié le 7 juillet 2017

L’AED est profondément bouleversée par la soudaine disparition du cardinal Joachim Meisner. Nous portons le deuil d’un ami éminemment estimé. L’archevêque émérite de Cologne est décédé le 5 juillet à l’âge de 83 ans, alors qu’il priait le bréviaire avant de célébrer la messe.

Une intense amitié de toute une vie liait le cardinal Meisner et le fondateur de l’AED, le père prémontré Werenfried van Straaten. Le souci de l’Église persécutée et en détresse derrière le Rideau de fer et dans le monde entier tenait au cœur de chacun des deux hommes. Ils avaient en commun la fidélité et l’amour envers le pape, surtout envers saint Jean-Paul II. Ils ont coopéré étroitement avec lui. Ils partageaient tous deux l’amour de la vérité de l’Évangile et de la parole claire et sans équivoque.

Natif de Silésie, le cardinal Meisner partageait le destin de millions d’Allemands expulsés des anciens territoires de l’Est. Un destin qui, il y a exactement soixante-dix ans, poussa le père Werenfried à apaiser la faim autant physique que spirituelle des personnes déracinées en lançant une gigantesque action humanitaire. L’un de ces déracinés était Joachim Meisner, comme il l’a souvent raconté. Il avait quatorze ans et vivait dans la diaspora de Thuringe, lorsqu’il entendit parler pour la première fois du « Père au lard » Werenfried van Straaten. Il fut tellement ému par le soutien qu’apportait un Néerlandais aux anciens ennemis allemands après cette guerre dont les plaies n’étaient pas encore cicatrisées, qu’il découpa une photographie du fondateur de l’AED et l’accrocha au mur de sa minable mansarde, à côté de celles des évêques Mgrs Alojzije Stepinac et József Mindszenty – tous deux martyrs de la persécution de l’Église par les communistes derrière le Rideau de fer.

La joie de la liberté retrouvée

Le cardinal avoua un jour : « L’AED n’est pas à compter en premier lieu parmi les grandes œuvres de bienfaisance de l’Église catholique en Europe, mais appartient plutôt aux mouvements spirituels nés au sein de l’Église après la catastrophe de la Seconde guerre mondiale. » Alors que le jeune ancien déplacé et expulsé Meisner était devenu prêtre et évêque sous la dictature de la RDA, lui et le « Père au lard » se sont souvent croisés. Ensemble, ils tentèrent d’aider l’Église persécutée sous le communisme et dans beaucoup d’autres régions du monde – aussi discrètement que possible, mais aussi concrètement que nécessaire. Lors de la chute du Mur de Berlin, le cardinal Meisner était déjà archevêque de Cologne. La joie de la liberté recouvrée se mêla à l’inquiétude à cause de l’oubli de Dieu, de l’arbitraire moral et d’un matérialisme oubliant l’être humain. Conjugué à leurs préoccupations quant à la nouvelle évangélisation de l’Europe, ce constat formait un autre lien entre le cardinal Meisner, le pape Jean-Paul II et le père Werenfried.

« Les outils de Dieu sont souvent pauvres »

Jusqu’en 2014, l’archevêque célébrait chaque année commémorait l’anniversaire du décès du père Werenfried van Straaten dans la cathédrale de Cologne. Dans l’une de ses homélies, il a déclaré : « Les outils de Dieu sont souvent pauvres et méprisés. Très peu de gens connaissent leur nom. Mais leur action crée de grandes choses lorsqu’ils croient. La grâce de Dieu nous a dévoilé un tel géant du royaume de Dieu, en la personne du père Werenfried. » En 2016, L’AED a pu accueillir le cardinal Meisner pour la dernière fois. À l’occasion d’une journée de rencontre à Cologne, il s’est exprimé sur l’importance que les apparitions mariales à Fatima ont revêtu pour la chute du Mur de Berlin. Puisse que le fait qu’il ait disparu en cette année d’anniversaire des apparitions de Fatima être un accomplissement personnel de la promesse à laquelle il a cru toute sa vie durant. Après la mort de notre fondateur, le cardinal Joachim Meisner avait demandé à titre « d’héritage » un stylo-bille. C’est avec celui-ci qu’il écrivit dans le livret de famille de l’AED : « Ne vous muez pas en une autorité publique qui ne fait que gérer l’argent des donateurs pour les bénéficiaires, mais restez un mouvement qui invite les gens à s’approcher de Dieu, et ainsi à s’approcher d’autrui. »

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