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Birmanie : « Tout le pays attend la paix et la réconciliation »

Publié le 3 novembre 2017

Le Pape François se rendra en Birmanie (Myanmar) du 27 au 30 novembre 2017. Bien que les catholiques ne représentent qu’une minorité d’à peine 5% de la population (pour 87% de bouddhistes), on s’attend à ce que plus de 300.000 personnes viennent assister à la messe du 29 novembre. Mgr John Hsane Hgyi, évêque du diocèse de Pathein, répond aux questions de l’AED sur la situation de l’Église locale.

AED : Comment décririez-vous la situation actuelle de la minorité chrétienne au Myanmar ?

Mgr John Hsane Hgyi : Au Myanmar, les chrétiens représentent environ 5% de la population totale du pays, qui est de 51 millions de personnes. Ils forment une petite minorité qui vit au milieu de la majorité bouddhiste Theravada au Myanmar. Bien que faible en pourcentage, la présence chrétienne au Myanmar est dynamique, avec des structures et des institutions solides.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’Église catholique en particulier ?

L’Église catholique au Myanmar se compose de 16 diocèses, répartis sur les 14 États et régions du pays. Ses fidèles font partie des huit principaux groupes ethniques du pays. L’arrivée du christianisme a commencé avec la découverte du nouveau monde par les aventuriers européens au XVIe siècle. Mais les programmes missionnaires bien organisés n’ont commencé qu’au XVIIIe siècle. Par la suite, l’Église au Myanmar a subi une grande répression à l’époque du régime militaire, lequel a duré de 1962 à 2010. Malgré les difficultés qu’elle a eu dans cette lutte, l’Église s’est développée en nombre de fidèles et la population catholique est actuellement d’environ 700.000 personnes.

Quelles attentes ou espoirs placez-vous dans la visite du Pape François ?

La visite apostolique du Pape François au Myanmar est un événement très important et joyeux ; il s’agit d’une visite historique, la toute première visite du successeur de Saint-Pierre dans le pays. Non seulement toute l’Église catholique du Myanmar, mais aussi toute la nation, ont ressenti de la surprise et de l’excitation à cause du choix du Myanmar pour la visite apostolique. Le thème de la visite du Pape est l’amour et la paix ! En cette période de transition, le pays entier attend la paix et la réconciliation, alors qu’il traverse un processus de démocratisation, de construction de la nouvelle nation du Myanmar. La visite du Pape François aura un grand impact sur le processus de paix entrepris par le gouvernement, les chefs religieux et les organisations de la société civile.

Est-ce un thème de discussion dans les médias ?

Depuis la dernière semaine d’août, au moment où le Vatican a officiellement annoncé la visite du Pape François au Myanmar, cette visite du Pape est devenue un thème de discussion populaire dans les médias locaux au Myanmar. Tous les détails des activités prévues sont diffusés dans les médias ainsi que par les services de Radio Veritas Asia Myanmar, à la fois en direct et sur Internet.

Comment l’Église catholique peut-elle contribuer à un développement pacifique du Myanmar ?

Le message de la visite du Pape au Myanmar est l’amour et la paix. « La paix est possible et la paix est le seul moyen » est devenu le slogan de l’Église au Myanmar pour la Conférence interreligieuse organisée en avril 2017 à Yangon. Il est désormais attendu de l’Église catholique du Myanmar qu’elle joue un rôle de premier plan dans le processus d’édification de la nation et de réconciliation nationale. La visite du Pape mettra vraiment en évidence le rôle de l’Église catholique au Myanmar pour le développement pacifique du pays.

Quels sont les principaux défis pastoraux pour l’Église catholique ?

La majorité de nos fidèles catholiques vivent dans des régions rurales et éloignées, étant donné que la plupart des habitants du Myanmar ne sont pas citadins. Les catholiques vivant dans des régions éloignées, privées de moyens de transport adéquats, sont encore difficiles à atteindre. Beaucoup de jeunes enfants abandonnent l’école, et l’accès à la scolarité et à une éducation de qualité est insuffisant. À cause de cela, il y a des problèmes d’insécurité alimentaire, ce qui a conduit à une émigration hasardeuse et à du trafic d’êtres humains. Le développement des zones rurales doit faire l’objet d’efforts collectifs. La formation catéchétique et une sérieuse prise en charge pastorale des catholiques peuvent être difficiles. Dans certaines régions, il y a encore des conflits armés qui ne sont toujours pas résolus, et dans ces circonstances, la pastorale reste un défi.

L’année dernière, l’AED a donné au total plus de 1,1 million d’euros pour soutenir des projets en Birmanie, en particulier des projets de construction d’églises et d’autres structures pastorales ecclésiastiques, des projets de formation des prêtres, religieux et laïcs, ainsi que des projets visant à approfondir la foi catholique de la population. 

 

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