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BURKINA FASO : 14 chrétiens tués lors d’un office

Publié le 2 décembre 2019

Dimanche 1er décembre, quatorze fidèles ont été tués pendant un service religieux lors de l’attaque d’une église protestante à Hantoukoura, dans l’est du Burkina Faso.

Selon l’AFP, « une dizaine d’individus lourdement armés » auraient froidement exécutés leurs quatorze victimes, parmi lesquelles on compte des enfants et le pasteur qui présidait la cérémonie. Une « opération de ratissage » a ensuite été lancée par le groupement militaire de Foutouri pour retrouver les assaillants. Dans son communiqué, le gouvernorat précise que « les forces de défense et de sécurité » se sont déployées «pour porter secours aux personnes blessées».

Cette attaque s’inscrit dans une série d’autres. Ainsi, le 26 mai, quatre fidèles avaient été tués lors d’une attaque contre une église catholique à Toulfé, au  nord du pays. À la mi-mars, l’abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo (nord) avait été enlevé par des individus armés. Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d’origine espagnole, avait été tué dans le centre du Burkina.

Ils ne rêvent pas mieux qu’un conflit communautaire

« Les églises, les temples et les mosquées sont visées » énumérait un ecclésiastique burkinabé sous couvert d’anonymat cinq jours avant l’attentat de dimanche. Bien conscient de l’inquiétude légitime des chrétiens, il appelait à ne pas se laisser entraîner dans l’engrenage de la haine et de la vengeance. « Ne vous y trompez pas, ces terroristes en veulent à la stabilité de tout le pays. Ils ne rêvent pas mieux qu’un conflit communautaire, or ce serait la pire catastrophe qui pourrait advenir à notre pays ! Il n’y a pas de conflit entre musulmans et chrétiens, il n’y a que des terroristes qui veulent créer un conflit interreligieux ».

Outre leurs attaques sanglantes contre des lieux de culte, les terroristes tuent des instituteurs et brûlent des écoles parce qu’elles sont le signe de la présence de l’État et que l’enseignement est en français. Plus de 2000 écoles ont été fermées au Burkina Faso, privant quelque 350 000 enfants d’enseignement. Ceux-ci se retrouvent au mieux à travailler aux champs, au pire enrôlés de force par des groupes terroristes (voir le dernier numéro de notre magazine lÉglise dans le monde n°196).

 

 

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