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BURKINA FASO : A la frontière du Mali, les catholiques appelés à la prudence

Publié le 16 mai 2019

Dans le nord-ouest du Burkina Faso, à la frontière du Mali, les fidèles sont appelés à faire preuve d’une vigilance accrue et les prêtres à éviter de porter la soutane ou le clergyman lors de leurs déplacements et à ne pas se déplacer de nuit.  

Les mesures ont été rendues publiques à travers une déclaration de Mgr Justin Kientega, évêque du diocèse d’Ouahigouya, dans le nord-ouest du Burkina Faso, après l’assassinat de quatre paroissiens de la paroisse Notre-Dame du lac, à Singa, dans la province de Bam, lundi dernier, le 13 mai. « Les pèlerins ont été attaqués lors d’une procession en l’honneur de la Vierge Marie. Quatre personnes ont été enlevées. Nous pensions que les ravisseurs allaient les séquestrer, mais ils les ont exécutées sans pitié », a déclaré Mgr Kientega à l’AED.

Prier et faire preuve de prudence

L’évêque appelle à intensifier les prières pour la paix au Burkina Faso, mais insiste également sur la nécessité de faire preuve de prudence et d’une vigilance accrue pour les prêtres, les religieuses et tous les fidèles du diocèse situé à la frontière malienne dans le nord du pays.

Le document recommande d’éviter les signes extérieurs qui permettent de reconnaître les prêtres et les religieux, comme la soutane ou le clergyman. C’est surtout lors des déplacements et des voyages qu’il est recommandé d’intensifier les mesures de sécurité : ne pas utiliser de véhicules voyants, voyager à des heures où il y a beaucoup de circulation, jamais de nuit, et éviter de suivre toujours les mêmes itinéraires. Il est également conseillé de ne pas rendre publiques leurs réunions trop longtemps à l’avance.

Un pays sous tension

Toutes ces mesures, qui reflètent la situation de tension que traverse le pays du fait de l’escalade de la violence contre les chrétiens, auront un impact notable sur le travail pastoral de l’Église, car les communautés catholiques sont très dispersées, en particulier dans le nord où la majorité de la population est musulmane ou animiste.  

Comme c’est déjà le cas dans d’autres pays africains – comme le Cameroun ou le Nigeria – ou asiatiques – comme le Pakistan ou le Sri Lanka – qui ont également été touchés par des attaques commises par des groupes fondamentalistes islamistes, Mgr Kientega demande aux prêtres d’accroître la vigilance autour des églises et des chapelles, en faisant appel à des volontaires capables de réagir rapidement en avertissant les fidèles en cas de danger. Il est également demandé de limiter la durée des célébrations.

Enfin, le prélat souligne son souci de protéger les catéchistes de façon adéquate, car ils vivent et travaillent souvent dans des zones isolées et sont exposés à de grands dangers.

Le message se conclut par une prière pour la paix du pays : « Que le Seigneur, Prince de la Paix et Vainqueur des puissances du Mal, accorde la paix à notre pays. Qu’ll soit notre force et notre soutien, notre espérance en ces temps d’épreuve. Qu’ll accorde le repos éternel à nos martyrs et que le sang répandu soit source de paix et de fécondité spirituelle »

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