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BURKINA FASO : Soutien aux chrétiens sur la ligne de front

Publié le 22 mai 2020

Le diocèse de Dori, qui ne compte que 1,8 % de chrétiens (catholiques et protestants), vient de connaître deux tragédies dans sa partie Est. La première a eu lieu le 10 février à 50 km de Dori.

« Des hommes armés sont entrés dans la ville de Sebba, chef-lieu d’une de mes paroisses pour commettre un assassinat et enlever un pasteur protestant et six jeunes élèves qu’ils exécuteront froidement le lendemain en relâchant seulement deux filles », raconte Mgr Laurent Dabiré, évêque de Dori. La seconde attaque s’est passée le 16 février à 100 km de Dori. Des terroristes ont fait irruption dans le village de Pansi qui se trouve sur le territoire de la paroisse Saint Antoine Abbé de Sebba, « pour dépouiller puis exécuter froidement 24 personnes. » Parmi elles, Philippe Yarga qui exerçait dans le village depuis 2017 comme catéchiste titulaire. Et non comme pasteur protestant comme la presse s’en est fait l’écho.

Un catéchiste « enthousiaste et plein d’amour pour son ministère »

Né en 1975, il a laissé derrière sept enfants dont le dernier est né 43 jours après son décès. Ill avait la réputation d’être un catéchiste « enthousiaste et plein d’amour pour son ministère » et un « bon père de famille ». Alerté sur le fait que la situation sécuritaire se dégradait sérieusement à Pansi, il voulait se rendre discrètement chez un de ses collègues dans un village voisin afin d’étudier la possibilité de fuir ailleurs.  C’est au moment où il s’apprêtait à sortir qu’il a été surpris et arrêté par des individus armés non identifiés à son domicile. Selon les témoignages, les assassins visaient les hommes originaires du village sans distinction religieuse ou ethnique. En tous les cas les terroristes ne l’ont pas manifesté.

Aujourd’hui, la paroisse de Sebba est fermée. C’est la troisième à connaître le même sort dans le diocèse.

Soutien aux familles et formations de séminaristes

Face à la violence grandissante au Burkina Faso depuis cinq ans, l’AED vient de donner son accord pour financer à hauteur de 100 000 euros, non seulement le projet de réinsertion sociale des familles déplacées à Dori mais aussi sept autres projets dans tout le Burkina. Il s’agit notamment de couvrir la formation de 83 séminaristes dans les diocèses de Dori, de Kaya, de Fada N’Gourma et de Tenkodogo, d’assurer le soutien alimentaire à dix sœurs œuvrant dans le diocèse de Dori et de soutenir l’appui national aux populations des zones précaires et déplacées par des programmes radio.

 

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