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Carême 2018 : la foi

Thème de la semaine : la foi

« L’homme moderne, nous ne pouvons pas le convaincre par un Évangile rédigé sur papier, mais en annonçant la bonne nouvelle par des actions exprimant l’amour. Aucune menace de guerre, aucune crise économique et aucune catastrophe naturelle ne peut nous libérer de cette obligation. » Père Werenfried, fondateur de l’AED

La foi est un précieux cadeau. Ce cadeau peut venir de nos parents, d’une rencontre, dans certains cas elle peut venir en songe, comme souvent pour les convertis de l’islam.

Vidéo de la semaine : Bita, le cadeau de la foi en Inde


Portrait de la semaine : Sœur Yen, la petite voie

 « J’ai été baptisée par une femme car à l’époque, tous les prêtres de ma région était en prison ». C’est par ces mots que Sœur Yen* raconte sa vie de foi. C’était dans les années 70, au nord de la Chine, pendant la révolution culturelle. Durant toute son enfance, elle ne verra ni prêtre, ni religieuse. Toute bible, croix ou autre sont interdits. Sa vision du couvent, elle la reçoit par Sainte Thérèse. Grâce au seul livre « religieux » qu’elle pourra avoir entre les mains, les manuscrits de Sainte Thérèse. « C’est elle qui m’a donné envie de rentrer chez les religieuses », se souvient, encore émue, Sr Yen.
Sa foi chevillée au corps, elle la tient aussi de sa grand-mère qui, alors que toute expression de foi était proscrite, attendait la nuit pour enseigner tout bas à ses enfants le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Je crois en Dieu. Forte de ces trois prières retenues dans son cœur, la mère de Sœur Yen va à son tour transmettre la foi à ses enfants, priant « tous les jours » pour qu’ils se « consacrent à Dieu ».
Elle sera exaucée lorsque sa fille décide avec courage de rentrer au couvent. Car du courage, il en fallait à cette époque. « J’avais toujours peur d’être arrêtée », se souvient Sœur Yen. « A trois reprises, j’ai dû me cacher lors de fouille de la police qui cherchait explicitement des prêtres et des religieuses pour les mettre en prison. Psychologiquement, c’était dur. Au moindre bruit, on tremblait ». Finalement Sœur Yen n’ira jamais en prison, mais dix autres sœurs de sa communauté ont été arrêtées. Ses premiers vœux, elle les a prononcés clandestinement dans une salle improvisée en chapelle, à 2h du matin « …je n’oublierai jamais ces moments-là. Ils renforcent notre volonté. »
20 ans plus tard, la situation s’est améliorée. Pourtant, Sœur Yen vit toujours sa vocation dans le secret. Aux yeux de la Chine, elle n’est pas religieuse. « Certes, nous ne risquons plus la prison mais si le gouvernement connaissait nos activités, nous aurions une surveillance accrue, une interdiction de sortie de territoire, beaucoup de complications… » Tant et si bien qu’il faut continuer de vivre sa foi clandestinement… tout en évangélisant ! Un défi que Sœur Yen vit dans la confiance. « Nous logeons chez des habitants, et changeons toujours de lieux. Dans les villages, nous catéchisons les enfants, animons des retraites… » Les conditions sont précaires, car il est impossible pour les religieux de travailler officiellement. « Nous ne mangeons que des légumes et du pain, mais nous sommes heureuses, le Seigneur est là », affirme la quarantenaire, les yeux pétillants. Sœur Yen a une conviction, l’épreuve affirme la foi et le Seigneur agit dans toutes les situations. « C’est lui qui guide chacun, qui guide l’histoire de Chine. Je le vis tous les jours. »
Son souhait ? que chacun prie pour les vocations. Car « lorsque les parents prient de tout leur cœur pour que leur enfant ait la vocation, ça marche ! j’en suis la preuve ! » témoigne, souriante, la disciple de la petite Thérèse. Donc « plutôt que de craindre la crise des vocations, prions déjà avec ferveur pour que nos enfants consacrent leur vie à Dieu ».

L’effort de la semaine ?
Parler de sa foi à quelqu’un qui ne la partage pas ne va pas forcément de soi. C’est à cette difficulté que nous vous proposons de vous confronter cette semaine : osez évoquer ce que vous apporte la foi, à quelqu’un qui ne connaît pas le Christ. Et/ou lui parler de ce que contiennent les Évangiles : lui proposer de lui prêter une bible s’il a envie de mieux comprendre.

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