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Carême 2018 : les prêtres


Thème de la semaine : les prêtres

Mon Dieu, donnez-nous des prêtres.
Mon Dieu, donnez-nous de saints prêtres.
Mon Dieu, donnez-nous  beaucoup de saints prêtres.


Vidéo de la semaine : prêtres indiens dans des zones isolées

Portrait de la semaine : « aimer, même ses ravisseurs »

En moins de 20 ans, il baptise 1040 musulmans dans la ville-berceau du Hezbollah, principale zone chiite du Liban, à quelques kilomètres de la Syrie. « Il », c’est le père Elias Maroun Gharios, moine maronite libanais, curé de Notre-Dame du Perpétuel secours et supérieur du couvent de Baalbek. De lourds sillons ravinent son visage embusqué derrière une barbe de patriarche. Pourtant – l’habit ne fait pas le moine – il n’a que 53 ans. Les tortures ont creusé ses joues déjà hâves. Plusieurs fois kidnappé à cause de son apostolat, il « annonce l’Amour » avec douceur et conviction. « Ma vie, c’est le Christ. Il est victorieux. Je n’ai pas peur de la mort » affirme celui qui se présente comme « une voix qui crie dans le désert. » Et pour crier, il utilise une sono.

Grâce à de puissants haut-parleurs, ses homélies retentissent dans les rues avoisinant sa paroisse, pour que tous entendent. Mais si chaque messe regroupe aujourd’hui 300 à 500 personnes, en 1996 des familles musulmanes occupent encore les lieux. Entre deux quintes de toux – ses poumons et son cœur ont subi des sévices – le père explique comment il a reconquis l’église désaffectée : « D’abord, aimer les gens […] Vivre avec les musulmans et non à côté d’eux. Leur dire que Jésus les aime. » Peu à peu, les cœurs sont saisis. Y compris celui de Banine, fille d’un grand cheikh local, devenue catholique en 2009. Le « Jean-Baptiste » n’en est pas à son coup d’essai : après son ordination en 1988, sur les 210 élèves de l’école qu’il dirige, 44 entrent dans les ordres.

Une curieuse rocaille colonise murs et plafond de l’église. Le bâtiment extérieur ressemble pourtant à une simple maison crêpée de blanc. « Notre foi ne tient pas à des symboles. Le Christ a vraiment vécu sur terre. Il est né dans une grotte. Il y a fait son tombeau », expose le prêtre qui a méticuleusement utilisé du papier crèche pour créer le trompe-l’œil. « On a besoin d’images concrètes. » Le résultat est saisissant. Tout comme les gigantesques processions organisées lors des fêtes liturgiques, à grand renfort de figurants et d’effets spéciaux. Pour évangéliser, il faut l’Amour donc, mais aussi, la créativité.

Le père Gharios est un homme de contrastes. En pleine adolescence agitée, il choisit le monastère. A la fois discret, voire taiseux – ses périlleuses équipées hebdomadaires en Syrie auprès des opprimés sont à peine évoquées – il ne manque jamais de verve pour annoncer le Christ. Malgré une santé chancelante, il entreprend, seul, de construire une nouvelle église à Majdaloun et dimanche 4 septembre 2016, après 17 ans de travaux, il y célèbre la première messe devant 2000 fidèles. « Portez la croix comme un flambeau », les exhorte-t-il. Aujourd’hui, il s’adresse aux Français : « N’ayez pas peur petit troupeau. Vivez la miséricorde, le pardon, l’héroïsme. La France redeviendra la fille aînée de l’Église. »

 

L’effort de la semaine ?
Nous vous proposons de vous priver d’un achat, afin de faire une offrande de messe pour aider un prêtre dans le besoin, quelque part dans le monde. Ce prêtre priera à vos intentions.

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