200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

Centrafrique : « N’oubliez pas la Centrafrique! »

Publié le 3 mai 2018

Le Père Federico Trinchero, Carme au couvent Notre-Dame du Mont Carmel de Bangui, revient sur l’attaque perpétrée dimanche dernier en Centrafrique et répond aux questions de l’AED.

AED – Que s’est-il précisément passé dimanche ? Combien il y a-t-il de victimes ?

Père Federico : C’est à la suite d’un affrontement entre la police et les milices musulmanes survenu à Bangui, au KM 5, que l’église Notre-Dame de Fatima, dirigée par les missionnaires comboniens, a été attaquée. Une cérémonie se déroulait pour la fête de Saint Joseph. L’attaque a fait 16 morts et 99 blessés au début, mais maintenant nous parlons de 24 morts et 170 blessés. Parmi les victimes se trouvait également l’abbé Albert Toungoumale-Baba, un prêtre diocésain de Centrafrique, parmi les plus anciens prêtres du clergé de Bangui, bien connu dans le diocèse, présent à la célébration comme aumônier du mouvement Fraternité Saint Joseph.

N’oublions pas que, juste avant Pâques, un autre prêtre et plusieurs fidèles avaient été tués dans la paroisse de Seko (diocèse de Bambari, au centre du pays).

AED : Pourquoi ce regain de violence ?

Malheureusement, le KM 5, une sorte d’enclave à majorité musulmane, reste un quartier à haute tension où les délinquants se cachent et se camouflent, et continuent par leurs actions, à déstabiliser les quartiers voisins, où se trouve la paroisse Notre-Dame de Fatima.

AED : Quel est le message de l’Église au lendemain de cette tragédie ?

Un message de paix et de rejet de la vengeance. Le père Albert qui a été tué travaillait dans ce sens. Le cardinal Nzapalainga est immédiatement intervenu avec un message très clair sur la paix. Il faut se rappeler que le Cardinal est l’une des voix les plus écoutées du pays, c’est une véritable autorité morale qui, avec sa parole, peut vraiment empêcher que l’épisode du 1er mai ne dégénère davantage.

AED : Souhaitez-vous demander une prière précise à nos bienfaiteurs ?

Nous demandons aux amis et aux bienfaiteurs de l’AED de ne pas oublier la Centrafrique. C’est un pays qui souffre depuis trop d’années et qui semble avoir été condamné à la guerre et à la pauvreté. Nous demandons de prier pour cette Église jeune, fragile mais aussi courageuse. Nous demandons aussi une prière aussi pour les jeunes candidats au sacerdoce afin qu’à l’instar de l’abbé Albert, ils puissent faire le don – avec cohérence et générosité – de leur vie pour L’Église et le peuple de Centrafrique.

Archives