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Mission Apollo : « Ces alunissages nous rappellent que nous ne nous nourrissons pas que de pain »

Publié le 19 juillet 2019

Guy Consolmagno « l’astronome du Vatican » est un frère jésuite, docteur en planétologie, membre de l’Observatoire du Vatican. Il se souvient avec émotion de la mission Apollo, au cours de laquelle, le 20 juillet 1969, des hommes posaient pour la première fois le pied sur la Lune.

« Rien ne saurait éteindre le souvenir de Noël 1968. J’étais un adolescent de Détroit ; j’assistais à des manifestations sur les campus et des manifestations dans la rue, contre l’épouvantable guerre du Vietnam. Deux leaders qui avaient incarné l’espoir – Martin Luther King et Robert Kennedy – avait été tour à tour assassinés. Mais pour le Réveillon de Noël, trois astronautes avaient orbité autour de la Lune, récitant l’ouverture du livre de la Genèse. À cette occasion, « on » me rappelait que l’espoir est toujours plus grand que les tragédies.

Je me souviens de l’été 1969. En dépits des difficultés et des défaitistes qui prévoyaient un désastre, nous avons effectivement pris pied sur la Lune.

Je me souviens de mes études supérieures, de 1974 à 1978 : J’avais le privilège de poursuivre des études scientifiques qui m’ont amené à examiner les oligo-éléments pris dans les échantillons lunaires d’Apollo. Cet examen a permis d’ajouter de nouveaux éléments à l’histoire de la création de notre système solaire.

Je me souviens des années 1983-1985, alors que je me sentais coupable, désespéré, de consacrer ma vie à la science alors qu’il y avait dans le monde des gens qui mourraient de faim. J’ai quitté mon travail pour me rendre au Kenya dans le Corps de la paix des États-Unis (US Peace Corps) au Kenya. Les Kenyans souffraient effectivement de la faim, mais pas seulement de la faim de nourriture ; ils voulaient entendre tout ce que je savais de l’astronomie, ils voulaient voir à travers mon télescope les cratères de la Lune, et entendre les histoires que je pouvais raconter sur ce que nous avions trouvé quand nous étions allés là-bas. J’étais partis dans l’optique de distribuer de la nourriture et je me suis retrouvé à enseigner l’astronomie aux étudiants diplômés de l’université de Nairobi… J’ai repris mes recherches scientifiques. De toute évidence, même d’un point de vue pragmatique, nous avons besoin de science. On ne pourra pas nourrir 7 milliards d’êtres humains sans science !

Je me souviens des années qui ont suivi cette expérience, quand j’ai commencé à enseigner l’astronomie à l’Université Lafayette (Lafayette College) en Pennsylvanie et plus tard, à partir du moment où j’ai rejoins l’ordre des jésuites, dans plusieurs universités jésuites d’Amérique. Je continue à enseigner l’astronomie encore aujourd’hui, en ligne, à des étudiants de grandes écoles grâce à l’Académie virtuelle d’enseignement Pedro Arrupe (Arrupe Virtual Learning Academy). L’astronomie est la porte d’entrée la plus facile pour amener les étudiants à s’intéresser à la science et à l’ingénierie, afin de développer leurs connaissances, dont notre futur dépend.

Nous vivons tous sous le même ciel. L’astronomie touche tout le monde. Et les alunissages de quelques astronautes sonnent comme un signe d’espoir et de fierté pour toute l’humanité. Ils nous rappellent que nous sommes plus que des animaux bien nourris. Ces actions nourrissent notre âme ; et nous en avons besoin car nous ne nous nourrissons pas seulement de pain. »

 

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