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Chine : une persécution "insidieuse"

Publié le 25 novembre 2015

Nous publions ici une analyse pertinente sur l’état de la liberté religieuse en Chine, signée par « un observateur de la Chine », son anonymat étant requis pour protéger son mode de présence auprès de l’Église en Chine. (source : Église d’Asie)

ACN-20150427-23458Qu’est-ce que la « persécution religieuse » ? Comment se manifeste-t-elle ? Durant la Révolution culturelle (1966-1976), les  chrétiens étaient pourchassés, tabassés et humiliés, on s’acharnait sur eux, on brûlait leurs livres et on les obligeait à commettre des actes contraires à leur foi. Aujourd’hui, la persécution a nettement baissé d’intensité et est plus discrète. Mais elle est aussi plus insidieuse ! Elle consiste en des mesures administratives qui restreignent considérablement la liberté des citoyens et, en particulier des croyants, car la censure est sans pitié en ce qui concerne les nouvelles touchant les religions (télévision, journaux, Internet). Les rares revues qui parlent de religion sont étroitement contrôlées par les associations patriotiques de croyants.

Mais n’oublions pas que la persécution consiste également en une discrimination subtile envers ceux qui adhèrent à une religion, dès lors qu’il s’agit pour eux, par exemple, de chercher du travail ou d’agir dans la société. Ils sont écartés des postes de responsabilité, leurs promotions professionnelles se font attendre plus que pour d’autres. Les organisations religieuses, diocèses, paroisses, mosquées, pagodes doivent demander sans arrêt des permissions avant de pouvoir mettre en œuvre leurs activités (ce qui favorise la corruption des cadres). Un de mes amis séminaristes a dû patienter plusieurs années avant d’être ordonné prêtre alors qu’il avait terminé ses études depuis longtemps. Dans les établissements scolaires, les jeunes, dans tout le pays, reçoivent une éducation athée. Les médias sont tous, sans exception, entre les mains du gouvernement. Et celui-ci a à cœur de former de nouveaux citoyens indemnes des « vieilleries » de l’ancien système, dont les religions.

ACN-20150427-23461La persécution engendre un climat de peur et de méfiance qui empoisonne la vie des communautés de croyants. On doit toujours être sur ses gardes et éviter de parler ouvertement aux autres de problèmes personnels ou de questions de foi. Cela favorise la formation de petits cercles fermés, entre gens qui se font confiance entre eux, mais qui se ferment, par précaution, à ceux de l’extérieur. Ainsi vivent les communautés souterraines, toujours dans la crainte d’être dénoncées. (…) Des évêques catholiques ont été obligés d’agir contre leur conscience : certains ont dû accepter leur ordination épiscopale sans l’accord du Saint-Siège, d’autres ont été forcés de concélébrer avec des évêques illégitimes ! Ces prélats ont ainsi perdu la confiance de leurs troupeaux !

Est-ce que la persécution religieuse ne concernerait que les chrétiens de Chine ? (…) Les musulmans du Xinjiang et les lamaïstes du Tibet font l’objet d’une surveillance étroite et d’une répression constante. Le Falungong, d’origine bouddhiste, est interdit dans tout le pays depuis 1999, sous prétexte qu’il serait dangereux pour l’équilibre mental de ceux qui le pratiquent. Mais à Taiwan et à Hongkong, où il est légal, on n’a pas constaté qu’il provoquait de quelconques dégâts chez les croyants.

Je reconnais que la liberté religieuse a fait de grands progrès en Chine depuis la fin de la Révolution culturelle, mais il faut immédiatement ajouter qu’il y a et qu’il y aura encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir parler de la Chine comme d’un « Etat de droit », un pays qui respecte la liberté religieuse de ses citoyens, un pays doté d’un gouvernement tolérant et juste. Ce n’est pas un hasard si, en mars 2014, de nombreux jeunes Taïwanais ont dit « non » à Pékin (mouvement des tournesols) et si, à la fin de cette même année, ce sont les étudiants de Hongkong qui ont rejeté les avances de Pékin, néfastes et malsaines, en matière de réformes électorales (Révolution des parapluies).

Un observateur de la Chine

Source: Église d’Asie

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