200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

Conversion d’une Thaïe: Du bouddhisme au catholicisme

Publié le 28 décembre 2020

« Cette année, c’est le 14e anniversaire de mon baptême ! » s’exclame Monthita, à peine quelques minutes après le début de notre rencontre. « Pourtant jamais je n’aurais imaginé me convertir au catholicisme, j’étais une bouddhiste très pratiquante ! »

Pleine de vitalité, le débit rapide seulement entrecoupé par ses rires, la jeune femme thaïe est la joie de vivre. Dans un français particulièrement maitrisé, elle raconte sa conversion avec le même élan qu’un enfant qui découvre ses jouets à Noël. C’est que l’Amour de Dieu remplit son cœur à chaque instant depuis ce jour où elle s’est sentie appelée de manière inattendue « et très forte » à aller à Paray le Monial. « J’étais jeune fille au pair chez une famille française expatriée à Bangkok. Un jour, ils m’ont parlé de ce sanctuaire où Jésus avait montré son cœur à sa maman (plus tard j’ai compris que ce n’était pas à sa maman mais à Marguerite-Marie Alacoque). Très intriguée et de manière inexplicable, j’ai dit à Jésus que je voulais y aller. » A l’époque pourtant, Monthita ne connaissait guère Jésus si ce n’est son nom, appris lors de quelques cours de religions à l’école.

« J’ai senti un cœur immense avec le Seigneur »

Le lendemain de sa prière, la famille l’invite à l’accompagner l’été suivant en France pour apprendre le français. Au programme, entre autres, un passage à Paray-le-Monial ! « J’ai tout de suite dit oui, pourtant je n’avais aucune envie d’apprendre le français ! » Une fois arrivée à Paray, elle se rend immédiatement dans la chapelle de la Visitation. En voyant le Saint Sacrement, Monthita tombe à genoux : « J’ai vu tout le monde à genoux et quelque chose au milieu de la chapelle, je ne savais pas ce que c’était mais tout de suite j’ai compris qu’il s’agissait de Jésus. J’ai senti un cœur à cœur immense avec le Seigneur. Un amour très fort qui m’a totalement remplie. Depuis, je sais que Jésus m’aime beaucoup. »

La jeune femme veut alors devenir catholique mais doit renoncer à sa religion bouddhiste. Un combat difficile : « J’ai beaucoup pleuré, le bouddhisme représente toute ma culture, ma famille, mes amis… mais je savais que Jésus m’aimait alors j’ai accepté ». Monthita sera baptisée deux ans plus tard en 2006 en France lors de la veillée pascale, et prendra le nom de Marguerite-Marie. Sa famille en Thaïlande ne comprend pas son choix. Pourtant, Monthita ne cesse de prier pour leur conversion et n’hésite pas à leur parler de Jésus. Et ses prières seront exaucées. Quatre personnes de sa famille se sont converties, dont sa maman qu’elle a pu baptiser en urgence quelques minutes avant sa mort. « J’ai entendu le Seigneur me dire : ‘Je ne veux pas que ta mère parte sans me rencontrer’. Alors, après avoir reçu la bénédiction d’un prêtre, j’ai demandé l’autorisation à ma famille de baptiser maman, et, miraculeusement, ils ont tous dit oui. Et ma maman aussi. Son sourire lorsque que je l’ai baptisée, le dernier de sa vie, restera un moment de joie pour nous tous, malgré le deuil. »

Aujourd’hui secrétaire pour l’association Enfants du Mékong, à Bangkok, Monthita ne cesse d’évangéliser autour d’elle : « Dieu nous aime personnellement, écoutons-le, prions et ouvrons nos cœurs si nous voulons voir un monde meilleur ».  Comme pour tous croyants, le combat spirituel reste présent. « Mais quand je me sens faible, je sens l’Amour de Dieu qui m’encourage. Mon chemin et ma vie sont guidés par l’Esprit saint, et avec le Seigneur, je n’ai peur de rien ! »

Amélie de La Hougue

Article paru dans le magazine L’Église dans le monde, n° 201 Décembre 2020-Janvier 2021

Archives