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Coronavirus en RDC : L’AED au secours des religieuses

Publié le 25 juin 2020

Perte de salaires, déjà notoirement insuffisants. Privation du soutien matériel et financier de la part des fidèles. Grande pauvreté. Les répercussions de la pandémie de coronavirus et du confinement en République Démocratique du Congo (RDC) sont très lourdes pour l’Église. C’est pourquoi, en plus du soutien qu’apporte l’AED aux prêtres et aux séminaristes, la Fondation vient d’approuver dans le cadre d’un package de projets « spécial Covid » une aide d’existence urgente pour près de 70 communautés de sœurs, dans la Province Ecclésiastique de Bukavu, dans l’Est du pays.

Au 22 juin, la RDC enregistrait 5 826 personnes contaminées par le coronavirus, et affichait un bilan de 130 morts. Avec l’arrivée de la pandémie, la vie des religieuses de la Province ecclésiastique de Bukavu, à l’est du pays, est devenue un véritable cauchemar. En temps normal, déjà, la situation est extrêmement difficile. Dans une région en proie aux conflits interethniques, à l’insécurité, aux incursions des pays voisins, aux enlèvements, aux viols, les sœurs tentent de survivre en enseignant le catéchisme, en travaillant dans des écoles et des centres de santé. Mais les mesures sanitaires anti-covid leur ont coupé les vivres, les plongeant dans une situation de très grande précarité.

En effet, depuis l’état d’urgence décrété le 24 mars par le président de la RDC, les salaires ont été suspendus. De plus, le personnel médical dont font partie nombre de sœurs, est rémunéré en fonction du nombre de patients. Or ces derniers sont souvent réticents à se rendre à l’hôpital, de peur d’être infectés par le virus. Par conséquent, les sœurs ont subi une baisse drastique voire la disparition totale de leurs revenus. Enfin, celles qui travaillent dans les écoles sont censées recevoir une allocation de la part des parents d’élèves. Autant dire qu’à l’heure du Covid-19 où les écoles sont fermées, c’est pure illusion.

L’Église au chevet des plus démunis

Face à cette misère, et pour les aider à survivre, l’AED a décidé – suite au SOS envoyé par l’archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy, de venir en aide à 69 communautés de religieuses, de six congrégations différentes, vivant dans la Province ecclésiastique de Bukavu qui compte six diocèses. L’aide de la Fondation est dédiée à 464 sœurs et s’élève à 120 000 euros.

« Quand les conflits ont fait fuir toutes les ONG, l’Eglise demeure- et particulièrement les religieuses-, au plus près des populations les plus démunies, comme autant de Mère Teresa qu’on ignore ! », explique Christine du Coudray, la responsable des projets pour l’AED en RDC. Avant d’ajouter : « combien de fois les ai-je visitées au lendemain d’une nouvelle exaction de bandes rivales, conflit larvé depuis 20 ans, victimes de viols et de tueries qui n’épargnent personne, d’un tremblement de terre, d’un glissement de terrain ou d’inondations impressionnantes, comme c’est le cas aujourd’hui à Uvira [à plus de 100 km au sud de Bukavu], anéantissant tout sur leur passage et laissant un paysage de désolation. »

96% de chômage

Cette aide vient comme soutien supplémentaire, après que l’AED a déjà soutenu les prêtres avec des offrandes de messe au début de la crise dans différents diocèses du pays.  « En temps normal – explique Mgr Bernard-Emmanuel Kasanda, évêque du diocèse Mbuji-Mayi au centre de la RDC – ce sont les fidèles qui leur apportent un soutien matériel, comme les vivres et certaines commodités. A présent que leurs ouailles sont en confinement, la vie est brusquement devenue pour tout le monde plus difficile que par le passé car la plupart de mes concitoyens, marqués par un taux de chômage très élevé (environ 96% de la population), vivent uniquement de la débrouillardise au jour le jour. »

 

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