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CRIMEE : La pauvreté est plus proche qu’on ne le pense

Publié le 9 septembre 2019

Pour de nombreuses familles en Crimée, vivre des vacances d’été ensemble n’est qu’un rêve, en raison de leur situation économique. Pendant les congés, les écoliers sont souvent réduits à passer la journée dans la rue. Pour éviter cette situation, l’AED finance chaque année des camps d’été afin de proposer une occupation utile et une perspective aux enfants et adolescents.

En Crimée, la situation économique, déjà difficile, ne cesse de se détériorer : depuis que la péninsule de la mer Noire a été annexée par la Russie, les salaires et les revenus ont baissé alors que les prix, notamment ceux des denrées alimentaires, ont grimpé en flèche. Une situation dont souffre particulièrement la population modeste.

« Par rapport à 2013, au cours du premier semestre 2017,  les salaires ont baissé de 18% et les retraites de 14% »,  explique l’évêque catholique romain d’Odessa-Simferopolm, Mgr Jacek Pyl, OMI. Il ajoute : « La retraite moyenne en Crimée s’élève à seulement 8 500 roubles, ce qui équivaut à 110 euros. Un tiers de la population doit vivre avec le risque de se retrouver très bientôt en dessous du seuil de pauvreté. » Contrairement à la baisse des revenus, les coûts de la vie, quant à eux, ont fortement augmenté en raison des interdictions d’importation de denrées alimentaires comme la viande, le poisson, les produits laitiers, les légumes, les fruits et les noix. Ces interdictions ont été mises en place par la Russie en réaction aux sanctions : « Depuis 2014, les prix pour ces produits et d’autres ont doublé à l’intérieur du pays, et certains prix pour des biens de consommation courante sont parfois trois fois plus élevés en Crimée », déplore l’évêque.

Les menaces de la drogue et de l’alcool

Selon Mgr Pyl, le nombre de familles de Crimée vivant sous le seuil de pauvreté augmente rapidement. Le risque de pauvreté est de 66% pour les familles ayant jusqu’à deux enfants et de 78% pour les familles ayant trois enfants ou plus. Beaucoup de familles ne peuvent pas se permettre de partir en vacances. « Mais c’est surtout pour les enfants et les adolescents qui s’ennuient en passant leurs vacances dans la rue que la dépendance à l’ordinateur, à Internet, aux drogues ou à l’alcool représente un danger potentiel », affirme l’évêque en soulignant sa reconnaissance à l’AED qui finance deux camps de vacances en Crimée, placés sous la devise « Des vacances avec Dieu ». Ces projets s’adressent à des jeunes gens de toutes confessions, et leur offrent une occupation utile pendant les vacances scolaires.

Bogdan Loginov, l’un des participants, décrit le temps qu’il a passé au camp de vacances, qui était tenu par des religieuses : « En plus de nombreuses belles activités, nous avons appris beaucoup de nouvelles choses sur la catéchèse pendant le camp d’été. Nous ne nous sommes jamais ennuyés et je me suis fait beaucoup de nouveaux amis. Sans le camp, l’été n’aurait pas eu de sens. J’espère qu’il aura à nouveau lieu l’année prochaine. »

Mgr Pyl précise : « C’est à cet âge que de nombreux jeunes se posent beaucoup de questions sans réponse : comment devrais-je vivre, qui ai-je envie d’être et pourquoi devrais-je vivre ? – Les camps d’été n’ont pas pour unique objectif de s’amuser, mais ils servent aussi pour l’avenir du pays et de l’Église, car enseigner et vivre les valeurs chrétiennes sont d’une grande importance ».

C’est exactement l’expérience faite par le jeune Andrej Prospunov, âgé de 15 ans : « Au cours de l’adolescence, de nouvelles questions se posent sans cesse. On perçoit le monde autrement, et de manière plus intense. Cependant, la remise en cause de beaucoup de choses ne se répercute pas toujours de manière positive sur sa propre foi. Grâce au camp, mes amis et moi avons pu comprendre qu’en dépit de quelques doutes, on peut encore être croyant, et même plus : que la foi en Dieu et l’expérience de la communauté avec des fidèles du même âge sont une chose formidable. Les participants au camp provenaient de différentes communautés, mais grâce à notre foi, nous avons réalisé que nous ne faisons qu’un. Je remercie tous les organisateurs et en particulier les personnes qui, grâce à leur soutien financier, ont rendu possible que nous passions ce temps ensemble ! »

 

En 2018, l’AED a pu financer à hauteur de 330 000 €, 30 projets de camp d’été pour des enfants et des adolescents grâce à la générosité de ses bienfaiteurs du monde entier.

 

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