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CUBA : Ils rebâtissent une église

Publié le 19 mai 2020

Ricardo, le sacristain d’une église en construction témoigne du long combat de sa paroisse pour obtenir ce lieu de culte. Leur rêve est sur le point d’être réalisé.

 

Le projet de la construction de cette église est née à la suite du voyage de Jean-Paul II à Cuba en 1998. C’est tout naturellement qu’elle a donc été dédiée au pape Polonais. Le centenaire de sa naissance, le 18 mai 2020, devait faire l’objet d’une célébration, mais elle a dû être annulée à cause de la crise de la Covid 19.

Catholiques de l’arrière-cour

Mais Ricardo, le sacristain, qui suit la construction de l’église depuis son origine, a vu d’autres difficultés. Beaucoup de ceux qui ont commencé cette aventure « ont quitté le pays ou ne sont plus de ce monde », se souvient ce cubain marqué par le temps et les rides signes d’une vie pleine d’épreuves. Ricardo parle de la communauté catholique du Reparto de Guiteras, qui est née en 1993 dans l’arrière-cour d’une maison privée de cette banlieue de La Havane, et regroupe une centaine de personnes dans l’un des quartiers qui a le plus grossi après la révolution cubaine et qui compte 30 000 habitants.

« Nous avons d’abord connu beaucoup d’obstacles. Il y a plus d’un quart de siècle, nous ne pouvions pas beaucoup parler de la vie catholique, mais nous nous sommes regroupés et avons grandi. Nous n’avons jamais cessé de prier pour qu’il soit possible d’obtenir un terrain afin de construire une église. Nous avons eu beaucoup de difficultés, de toutes sortes, et à la fin, le Président Raul Castro a donné sa signature pour que nous soit accordé ce terrain », se souvient Ricardo Mínguez.

Le rêve devient réalité

Le sacristain sait en détail comment les gens ont contribué à réhabiliter l’endroit où ils se réunissent provisoirement : « Le cardinal nous a offert 20 chaises blanches, et un diacre six bancs usagés, d’autres ont apporté des nappes… Je cherche autour de moi, on me donne de vieilles chaises, je les reconsolide, je les répare, et au moins il y a des sièges pour tout le monde. Personne ne doit rester debout. Les jours de fête, nous sommes plus nombreux, mais le dimanche nous nous rassemblons à 70 ou 80 ».

« Après tant de sacrifices, nous nous sentirons très heureux là. Nous avons beaucoup souffert, du froid, de la chaleur, de l’inconfort. Les travaux ont été retardés par plusieurs cyclones et un ouragan. Sans compter l’énorme difficulté pour obtenir les matériaux de construction. Mais nous voyons bien que notre rêve est sur le point de devenir réalité », explique Ricardo.

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