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CUBA : Dans le projet de Constitution, une liberté religieuse trop imprécise

Publié le 22 février 2019

Dimanche, les Cubains sont appelés à se prononcer par référendum sur le projet de réforme de la Constitution. Les évêques cubains en ont une approche critique en raison des formulations concernant la liberté religieuse.

Dimanche prochain, le 24 février, un référendum décidera de l’avenir du projet constitutionnel pour la République de Cuba adopté en juillet par l’Assemblée nationale du pays. La conférence des évêques catholiques de Cuba (COCC) a critiqué à deux reprises, le 24 octobre dernier et le 2 février dernier, l’absence de formules explicites et claires qui reconnaissent la liberté religieuse.

« L’État cubain est un État laïque »

La COCC a certes accueilli favorablement l’affirmation exprimée dans l’article 15 que « l’État cubain est un État laïque » comme signe de respect envers le « droit de chaque être humain de pouvoir croire, vivre et témoigner des valeurs qui correspondent à sa foi ». Les évêques critiquent toutefois que cette déclaration « est contradictoire à ce qu’exprime le préambule de la Constitution. En effet, ce préambule mentionne le caractère absolu de l’idéologie marxiste-léniniste ». Cela exclurait « d’autres possibilités de plein épanouissement de la population hormis celles du socialisme et du communisme ».

Les évêques rappellent maintenant que cette formulation menace la pluralité reconnue par l’article 1 de la Constitution, qui « doit être protégée par la Constitution ».

Un texte trop imprécis

La COCC est également préoccupée par l’imprécision du projet de texte relatif à la définition de la liberté religieuse. Dans leur prise de position, les évêques écrivent : « La liberté d’exercer sa propre religion ne consiste pas seulement dans la simple liberté d’avoir des convictions religieuses. Il s’agit de la liberté de chaque être humain de vivre conformément à sa propre foi, et d’en témoigner publiquement, en restant toujours dans les limites du respect envers autrui. »

Dans le cas concret de l’Église catholique, l’accent est expressément mis sur le manque de « reconnaissance juridique de l’Église et de sa propre identité ainsi que de son message ». Cela signifie que l’Église est systématiquement exclue de « l’accès aux médias, de la liberté d’enseignement et d’évangélisation, de la construction d’édifices ainsi que de l’acquisition et de la propriété de biens nécessaires à l’exercice de ses activités » tout comme de « la liberté de créer des associations non seulement dans un but strictement religieux mais aussi éducatif, culturel, sanitaire et caritatif » .

À l’occasion de ce référendum, onze millions de Cubains vont pouvoir approuver ou refuser l’ensemble du texte. Ils n’ont aucune possibilité de refuser une partie du texte.

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