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ÉGYPTE: Exposition en l’honneur des 21 martyrs de l’État islamique

Publié le 11 février 2020

Le 15 février, dans la province de Minya, le sanctuaire des martyrs va rendre hommage aux 21 victimes de l’État islamique à l’occasion du cinquième anniversaire de leur mort, en inaugurant une exposition.

Le sanctuaire consacré aux 21 chrétiens décapités par l’État Islamique sur une plage de Libye en février 2015 va inaugurer ce 15 février une exposition pour commémorer le cinquième anniversaire de leur mort. Vingt d’entre eux étaient des chrétiens égyptiens coptes-orthodoxes, et la 21ème victime était un chrétien du Ghana. Ils ont tous été déclarés martyrs de la foi et de la patrie par l’Église copte-orthodoxe.

L’exposition retrace l’histoire de ces martyrs depuis leur enlèvement jusqu’au retour de leurs corps dans le village d’Al-Aour, dans la province égyptienne de Minya, où se trouve le sanctuaire. Les visiteurs pourront voir les combinaisons orange qu’ils portaient lorsqu’ils ont été décapités, les outils ayant permis leur capture, le sable sur lequel leur sang a été versé et les cercueils spécialement conçus pour eux.

« Je suis une mère de martyrs et je suis fière d’eux »

Dans un entretien accordé à l’AED, la mère de deux frères (cf photo) – Samuel, âgé de 22 ans, et Beshoy, 24 ans – qui faisaient partie des 21 martyrs, s’est ainsi exprimée : « Je suis une mère de martyrs , et je suis fière d’eux. Au ciel, ils intercèdent pour moi et pour leur père. Elle a ajouté qu’elle priait pour les disciples de l’État islamique et demandait à Dieu « de leur donner la lumière et d’ouvrir leurs yeux sur la vérité et le bien ».

Avant la publication de la vidéo de l’État islamique montrant « le meurtre de mes frères et de leurs compagnons, notre famille et toute l’église de notre village d’Al-Aour avaient passé 45 jours à prier pour eux, depuis que nous avions appris leur enlèvement », a déclaré Basheer, frère de Samuel et Beshoy. Il a ajouté que, comme l’indique la vidéo : « Dieu a parlé à travers eux lorsqu’ils ont invoqué “ Ô Jésus” ». « Nos martyrs priaient avant de mourir, et il est évident qu’ils invoquaient Jésus. C’est un réconfort pour nous, et cela nous rend fiers d’eux. Les vingt-et-une victimes ont eu la chance d’être martyrs pour le Christ, et notre communauté se sent honorée d’avoir la garde de leurs corps », a déclaré Basheer.

« Mes parents se sont sentis soulagés quand ils ont su avec certitude que leurs enfants étaient restés fermes dans leur foi en Jésus-Christ. Cela nous a soulagés et réconfortés. Mes frères nous ont donné du courage face à la persécution. Nous n’avons plus peur et ne sommes plus inquiets », a-t-il ajouté.

« Il y a beaucoup de miracles qui leur sont attribués dans le village »

« L’Église copte a une longue histoire de martyre et a traversé de nombreuses périodes de persécution tout au long de son histoire », a déclaré le Père Abu Fanus Unan qui travaille au sanctuaire qui se trouve dans l’église récemment construite en l’honneur des Martyrs de la Foi et de la Patrie. Le prêtre a déclaré à l’AED : « Nous sommes fiers du sang de ces martyrs qui ont refusé d’abjurer leur foi chrétienne ». L’Église copte rend hommage à de nombreux martyrs qui sont morts au cours des siècles passés, mais le prêtre a souligné l’impact puissant du témoignage des « martyrs contemporains qui ont refusé d’abjurer le nom de Jésus-Christ. Leur exemple affermit notre foi ».

Le sanctuaire prépare également la publication d’un livre recensant les miracles attribués à l’intercession de ces martyrs. « Il y a beaucoup de miracles qui leur sont attribués dans le village. Ainsi, une femme atteinte d’un cancer a guéri après avoir prié au sanctuaire », a déclaré le Père Abu Fanus, ajoutant que de nombreuses personnes ont été baptisées et sont devenues chrétiennes grâce à l’exemple des 21 martyrs. « L’Église copte survit grâce au sang de ses enfants », a dit le prêtre.

La dépouille du Ghanéen Matthew Ayariga se trouve toujours en Libye, mais l’ambassadeur de Lybie en Égypte a promis que son corps serait transféré en Égypte une fois que la situation politique dans son pays serait stabilisée.

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