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Égypte : Qu’est devenu Adeeb Nakhla ?

Publié le 17 juillet 2019

Voici six mois, jour pour jour, qu’Adeeb Nakhla, un chrétien copte, a été enlevé par un groupe affilié à l’État Islamique dans le Sinaï en Égypte. Depuis lors, nul ne sait où il se trouve. Un parent d’Adeeb Nakhla raconte cette tragédie à l’AED.

Le 17 janvier 2019, vers 9 heures du matin, Adeeb Nakhla (55 ans), voyageait d’Ismaïlia à Al-Arish pour rendre visite à des parents, quand un groupe de miliciens islamistes a arrêté le minibus dans lequel il se trouvait et a vérifié les cartes d’identité des personnes à bord. Les cartes d’identité font mention de l’appartenance religieuse, et quand les islamistes ont vu qu’Adeeb Nakhla était chrétien, ils lui ont demandé de sortir du véhicule et l’ont emmené.

Un chrétien de retour au Sinaï

Adeeb Nakhla avait fui Al-Arish il y a deux ans, comme des dizaines de familles chrétiennes qui ont déménagé à Ismaïlia après avoir reçu des menaces de mort. Un proche parent, qui a parlé à l’Aide à l’Église en Détresse à la condition que son anonymat soit préservé, a déclaré que de nombreux chrétiens coptes qui avaient choisi de rester ont été abattus : « Nous avons quitté Al-Arish en 2017, après que les terroristes ont tué sept de nos voisins. Parmi les morts se trouvaient un père et son fils. Les terroristes ont brûlé leurs corps et leur maison, et la mère de famille, Nabila, a été obligée de regarder. Ça l’a gravement traumatisée ».

L’année dernière, la famille d’Adeeb Nakhla est retournée à Al-Arish, où des membres de la famille travaillent et possèdent des biens. Adeeb Nakhla est resté à Ismaïlia pour son travail. Le parent d’Adeeb Nakhla a déclaré : « Nous devions retourner chez nous et travailler. Nous étions au chômage à Ismaïlia, et nous vivions de l’aide de l’Église. La situation en ville s’est améliorée grâce à l’intensification de la campagne de l’armée égyptienne contre les groupes terroristes, même si les routes sont encore dangereuses ».

Les chrétiens sommés de partir

Il a poursuivi : « Les militants affiliés à l’État islamique ont monté des embuscades sur les routes et lancé des attaques contre les civils et les forces de sécurité. Le chauffeur musulman du bus dans lequel se trouvait l’oncle Adeeb a dit que les miliciens vêtus de kaki avaient arrêté le véhicule et quand ils ont vu que l’oncle Adeeb était chrétien, ils lui ont demandé de sortir. Notre plus grande crainte est qu’ils puissent lui infliger de mauvais traitements, le torturer et le tuer, tout aussi sauvagement qu’ils l’ont fait à d’autres coptes ».

En 2012, des assaillants inconnus ont publié une déclaration manuscrite exigeant que tous les coptes encore présents quittent la ville frontalière de Rafah. Depuis lors, un certain nombre de coptes de la région du Sinaï ont été enlevés et tués par des groupes terroristes.

 

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