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Inde: « Nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions »

Publié le 3 octobre 2019

« Pour pouvoir pratiquer notre foi, nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions » témoigne à l’AED Mgr Stephen Antony, évêque du diocèse de Tuticorin, au sud de l’Inde. L’évêque, âgé de 67 ans, s’est rendu en Italie dans le cadre de sa visite ad limina au Pape.

Lors de sa visite au bureau de l’AED en Italie, Mgr Stephen Antony, évêque de Tuticorin, fait part de son inquiétude quant à l’évolution de son pays, l’Inde. Il explique comment le gouvernement indien s’efforce de transformer l’immense pays marqué par l’hindouisme en une nation unie, avec une seule langue et une seule politique. Il s’agit là d’un projet ambitieux, difficile sinon impossible à réaliser dans un pays hétérogène comportant 29 États fédéraux et qui, avec 1,37 milliard d’habitants, constitue le deuxième pays le plus peuplé du monde. Selon des pronostics, sur le plan démographique, l’Inde pourrait même déjà dépasser l’an prochain la Chine, actuellement première au classement. « Les circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement ne sont pas particulièrement encourageantes. Le gouvernement prend de nombreuses décisions hâtives, de sorte que certaines choses deviennent imprévisibles. La politique ne se déploie plus qu’en faveur des gens riches. Les pauvres en pâtissent », déplore l’évêque.

Les élections parlementaires qui se sont déroulées cette année et ont été remportées – avec un résultat étonnamment élevé – par le parti nationaliste BJP (Bharatiya Janata Party) du gouvernement du Premier ministre Narendra Modi, ont encore exacerbé la situation.

Attaques ciblées

Environ 450 000 catholiques vivent dans le diocèse de Tuticorin, soit 17% de la population. L’évêque relate combien les attaques ciblées contre des fidèles et des groupes de pèlerins rendent la situation de plus en plus difficile, et elle devient particulièrement délicate pour les hôpitaux et les plus de 200 établissements scolaires gérés par l’Église. Le taux de chômage élevé est perceptible non seulement chez les enseignants, mais aussi chez de nombreux petits paysans et ouvriers industriels à cause de l’absence de soutien du gouvernement. Mgr Stephen Antony s’alarme de voir que dans cette région, beaucoup sont tellement désespérés qu’ils ne voient aucune autre issue que de se suicider.

Néanmoins, l’évêque ne veut pas perdre espoir : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité », assure-t-il. « Nous espérons que bientôt, il régnera à nouveau plus de tolérance entre les hindous et les chrétiens et que la propension à la violence diminuera dans le pays. » Et de rajouter : « Je suis profondément reconnaissant à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui ne cessent de nous soutenir dans tous les domaines de la pastorale en nous apportant le nécessaire et qui nous accompagnent par leurs prières. »

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