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IRAK : 4 ans après la prise de Qaraqosh, la moitié des familles sont de retour

Publié le 6 août 2018

Communiqué de presse : Dans la nuit du 6 août 2014, la vie des habitants de Qaraqosh bascule, obligés de fuir devant l’arrivée de l’Etat islamique. 125 000 chrétiens de la plaine de Ninive trouvent alors refuge au Kurdistan irakien. Quatre ans plus tard, la moitié d’entre eux sont de retour mais les besoins demeurent immenses.

Légende : A Qaraqosh, dans l’église Mar Behnam et Sarah, vandalisée et brûlée par l’Etat islamique, les messes ont repris.

Le 7 août 2014, les combattants de l’Etat islamique s’emparent de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne du nord de l’Irak, dans la vallée de Ninive, et poussent ses 50 000 habitants à fuir.

Qaraqosh, Telkief, Batnaiya, Bartellah, Karamless, autant de villes chrétiennes désertées face à l’avancée des djihadistes. 125 000 chrétiens de la plaine de Ninive trouvent ainsi refuge au Kurdistan irakien ou à l’étranger.

Ce n’est que fin 2016 que la plaine de Ninive est libérée, après de rudes combats. Selon une étude menée par le Comité de Reconstruction de Ninive (NRC), dont l’AED est l’un des membres fondateurs, 13 000 maisons sont à reconstruire.

Près de la moitié des habitants sont de retour dans la plaine de Ninive

Le 18 juillet 2018, les statistiques de l’AED indiquent que 8815 familles, soit près de la moitié d’entre elles, sont de retour dans la plaine de Ninive. 4765 maisons, soit 1/3 d’entre elles, ont déjà fait l’objet de travaux de rénovation.

Depuis 2014, l’AED a mobilisé 40 millions € pour des projets en Irak, dont 9,3 millions € en 2017. Elle est l’organisation qui fournit le plus d’aide dans la plaine de Ninive.  Il faut environ 2 000 € pour réhabiliter un logement.

Réhabiliter … et sécuriser

« Le retour des familles dans la plaine de Ninive rend la réhabilitation d’autant plus urgente, explique Marc Fromager, directeur de l’AED, de retour d’Irak. Et pour autant, rien n’est acquis : les milices Hachd al-Chaabi et les Shabaks, groupe ethnique minoritaire, tous majoritairement chiites, tentent d’occuper petit à petit le territoire, au détriment des chrétiens dont il faut aussi assurer la sécurité. »

Mgr Timotheus Musa Al Shamani, archevêque syriaque orthodoxe du monastère Mar Matti, confie à l’AED que « sans sécurité et sans travail, aucun chrétien ne restera en Irak. Une force internationale de maintien de la paix devrait être mise en place dans la plaine de Ninive. Nous voulons la garantie que notre liberté et notre sécurité seront respectées ».

En 2003, environ 1,3 million de chrétiens vivaient en Irak. À l’époque, cela correspondait à environ 8% de la population. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’environ 250 000, ce qui correspond à moins de 1% de la population.

Mareil-Marly, le 3 août 2018

 

 

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