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Irak: "Il reste encore de l’espoir pour les chrétiens en Irak, mais seulement si nous agissons immédiatement"

Publié le 22 août 2014

« Il reste encore de l’espoir pour les chrétiens en Irak, mais seulement si nous agissons immédiatement » – tel est le message que le patriarche Louis Sako adresse au président de l’Aide à l’Eglise en Détresse.

L’AED en appelle donc au monde occidental afin qu’il assume la responsabilité morale d’aider les chrétiens et les autres minorités religieuses désireux de rester en Irak en leur assurant la protection et la sécurité. Johannes Heereman, président du conseil exécutif de l’Aide à l’Eglise en Détresse, a déclaré lors de son retour de la ville irakienne d’Erbil  « si nous ne voulons pas être des témoins muets des ultimes lignes de l’histoire du christianisme en Irak, la communauté internationale doit réagir maintenant avec fermeté. On peut réellement évoquer la menace d’un génocide. L’Église peut soulager la douleur et la détresse, mais les questions relevant de la sécurité et de la défense ainsi que du droit à la vie et à la liberté de religion reviennent au politique ».

Une situation dramatique

Johannes Heereman s’était rendu en Irak sur l’invitation de S.B. Louis Sako, patriarche de Babylone, à la rencontre des 100 000 chrétiens déplacés ayant trouvé refuge à Ankawa, le quartier chrétien d’Erbil, ainsi que dans les villages de Duhok et de Zakho, plus au nord de la ville. « La situation est dramatique. Nous avons rencontré des évêques, des prêtres, des religieuses et des bénévoles qui s’engagent jour et nuit pour apporter une assistance élémentaire. Les températures avoisinent les 44 degrés. Les gens ont besoin de soins médicaux et d’un toit pour s’abriter. Il reste encore tant à faire », rapporte Johannes Heereman. En plus de l’aide humanitaire d’urgence, il faut éviter qu’un tel drame ne se reproduise: « Ils sont nombreux à avoir déjà parcouru un long chemin parsemé de persécution et de souffrance. Ils sont découragés et ne veulent plus qu’une seule chose : partir. Ils nous supplient de les aider à obtenir un visa pour un autre pays. Mais ils sont aussi nombreux à vouloir retourner dans leur maison souvent pillée par les voisins : c’est là qu’ils ont vécu pendant des générations, que se situent leur histoire et leurs racines. Ils ont tout abandonné en fuyant, et veulent pourtant rentrer chez eux », explique Johannes Heereman.

100 000 euros supplémentaire d’aide d’urgence

L’Aide à l’Église en détresse  a accordé une deuxième aide d’urgence à hauteur de 100 000 euros aux chrétiens irakiens et particulièrement aux réfugiés ayant fui la progression du groupe terroriste islamiste de l’État islamique. Le premier fonds d’urgence de 100 000 euros avait été alloué en juin 2014.

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