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Irak : "le dialogue ne stoppe pas les extrémistes"

Publié le 26 septembre 2014

« Pas d’avenir sans liberté religieuse » martèle le patriarche syriaque catholique Ignace Youssef III Younan au 27ème Conseil des droits de l’homme à Genève, le 16 septembre 2014. Avec Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies à Genève, ils tapent du poing sur la table.

Sa Béatitude Ignace III Younan

« Les chrétiens du Proche-Orient auront un avenir quand la famille des nations s’engagera vraiment pour la liberté religieuse » soutient le Patriarche, résidant au Liban.

« La violence oui, pas forcément la guerre »

Dans un entretien accordé à L’Aide à l’Église en Détresse le 17 septembre, Ignace III Younan va plus loin : « nous, les évêques, ne sommes ni militaires ni politiciens mais ce qui est clair, c’est que l’EI [Etat Islamique] doit être stoppé, quels que soient les moyens qu’il faille employer pour cela. Le dialogue ne stoppe pas les extrémistes. La violence s’impose, je ne saurais juste pas dire quel genre de violence. »

A ses côtés, l’archevêque Mgr Silvano Tomasi explique : « le pape François demande que la communauté internationale stoppe l’agresseur injuste. Cela fait partie de la doctrine sociale de l’Église, selon laquelle un agresseur injuste doit être stoppé et désarmé. L’Église doit constituer une sorte de conscience de la communauté mondiale. Elle appelle à l’action mais l’aspect technique ne fait pas partie de sa mission. »

« L’usage de la violence pour stopper l’agresseur est possible, cela ne signifie pas mener une guerre. Un policier qui utilise la violence pour faire régner l’ordre dans un quartier, ne déclare pas pour autant la guerre à la population de ce quartier. De la même manière, la communauté internationale devrait désarmer l’agresseur pour faire revenir la paix dans ces régions où ces pauvres chrétiens sont persécutés. »

Boycott

Monseigneur Silvano Tomasi

Mgr Tomasi exhorte aussi la communauté internationale à assumer sa responsabilité auprès des chrétiens persécutés en Irak. « Elle doit faire 2 choses : renforcer l’aide humanitaire en matière de nourriture ou médicaments, car l’hiver arrive, et maintenir la pression politique pour que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles retrouver leurs biens. Faire appliquer ce droit est une obligation pour la communauté mondiale. »

Il suggère également de « lancer un appel pour que l’EI ne reçoive plus ni armes, ni soutien financier ou politique et que s’arrête tout commerce avec cette organisation, notamment la vente de pétrole. Dans le cas contraire, les terroristes se sentiraient encouragés. »

Bras de fer musclé avec le Proche Orient

Quant au patriarche, il insiste : les pays du Conseil de sécurité des Nations unies doivent exercer une pression politique sur les États du Proche-Orient. « Avant de s’enrichir grâce aux ventes illégales de pétrole, rançons ou impôts, l’EI était financé par les États arabes du Golfe, comme l’Arabie Saoudite, où la doctrine officielle repose sur le wahhâbisme, une interprétation particulièrement radicale de l’islam sunnite. »

Par voie de conséquence, « des musulmans sunnites ont sympathisé avec des extrémistes dans les régions conquises par l’EI. » Et cet extrémisme prend racine. Via l’éducation : « l’islam est présenté aux enfants et aux adolescents comme la religion supérieure, à laquelle toutes les autres doivent se soumettre. »

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