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Irak-Syrie : « S’il vous plaît, soyez notre voix auprès des politiques! »

Publié le 1 décembre 2017

Sa Béatitude Ignace Joseph III Younan, Patriarche des catholiques syriaques du monde entier, s’est adressé le 24 novembre à un groupe de 30 représentants d’ONG européennes rassemblés pour parler de la situation des chrétiens en Syrie et en Irak, après le départ de Daech.

Ayant suivi de près la politique menée par l’UE envers la Syrie, le Patriarche Younan a demandé la fin des sanctions qui font tant souffrir les citoyens syriens, lesquels à l’heure actuelle dépendent complètement des organisations caritatives catholiques pour répondre à leurs besoins.

Lors de cette rencontre, coorganisée par l’AED et la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), le patriarche Younan a demandé aux participants, tous témoins de près de six années de guerre en Syrie, d’aider son peuple « à se libérer du paternalisme, de la soumission et de l’exploitation » dont il estime que les catholiques syriens ont été longtemps les victimes, de la part des forces extérieures. « Nous avons été une communauté loyale au service du pays où nous sommes nés, des citoyens à part entière. Nous sommes la population autochtone », a déclaré Sa Béatitude, « mais comme nous n’avons pas nos propres milices ou ambitions territoriales, tout le monde pense que nous sommes d’accord avec tout ou que nous sommes faciles à dominer. Pour nous, c’est une question de survie.  S’il n’y avait pas les organisations ecclésiales telles que l’Aide à l’Église en Détresse, nous serions sur le point de disparaître ».

Le Patriarche Younan était accompagné de Mgr Antoine Chahda, archevêque syro-catholique d’Alep, qui a décrit la situation actuelle de la ville : « Il n’y a plus de missiles et c’est calme, mais cela ne veut pas dire que la guerre soit terminée. Les signes de la destruction de toute la vie d’Alep sont visibles et douloureux, comme par exemple le fait que les usines, où les rebelles et leurs partisans ont volé toutes les machines, soient vides. Nous avons besoin que les dirigeants industriels reviennent et produisent, pour donner une base solide à la reconstruction ».

Les deux responsables ecclésiaux ont insisté pour que soit mis fin aux sanctions économiques, et ont demandé l’aide des ONG présentes pour rappeler aux autorités de l’UE que ce ne sont pas les politiciens de haut niveau qui souffrent des conséquences de ces sanctions, mais les milliers d’orphelins et de veuves que cette guerre a laissés derrière elle.

 

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