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IRAK : Un hôpital catholique, ouvert à tous, signe d’espoir et de réconciliation (1/2)

Publié le 22 juillet 2019

Mgr Bashar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil au Kurdistan irakien, est à l’origine de la création de deux nouvelles institutions chrétiennes majeures dans la région. En 2016, l’Université catholique d’Erbil a ouvert ses portes, et le nouvel hôpital catholique d’Erbil, le Maryamana, consacré à la Vierge Marie, ouvrira officiellement à la fin de l’été. Pendant plus de trois ans, l’archidiocèse d’Erbil a accueilli plus de 120 000 chrétiens fuyant l’invasion de la plaine de Ninive, dans le nord de l’Irak, par l’État Islamique en 2014. Alors que près de 40 000 fidèles sont rentrés chez eux, plusieurs milliers ont fait du Kurdistan leur foyer permanent. L’université – la seule université catholique d’Irak – et l’hôpital, seront d’un grand secours pour les communautés chrétiennes réinstallées dans la plaine de Ninive, ainsi que pour la communauté chrétienne locale du Kurdistan. L’archevêque s’est entretenu avec l’AED quant à l’importance des deux projets (partie 1/2).

 Quelle est votre vision pour le nouvel hôpital catholique ?

L’objectif global de l’hôpital est d’apporter des soins de santé efficaces et abordables dans une région déchirée par la guerre, qui manque totalement de ressources et d’équipements modernes. Cela est en partie dû à des décennies de conflits continuels, mais aussi à l’inactivité du gouvernement. Il est probable qu’au cours de la prochaine décennie, il y aura encore plus de réfugiés, de personnes déplacées et de personnes âgées dans le besoin. Nous serons en mesure de soutenir les patients les plus nécessiteux et de leur offrir des rabais allant jusqu’à 60%.

 L’hôpital doit aussi avoir de l’importance, particulièrement pour les chrétiens, en ce qui concerne la création d’emplois dans une région où le chômage est élevé ?

La création d’emplois montrera aux chrétiens que nous construisons un avenir pour eux à Erbil. Les chrétiens et d’autres minorités se voient souvent refuser des emplois et des promotions en raison des préjugés du système politique. Il y a peu ou pas de politiciens prêts à défendre les droits des chrétiens. Cette situation explique en grande partie pourquoi des gens décident de quitter le pays. Avec l’université, Maryamana est un projet crucial qui vise à maintenir les chrétiens à Erbil et dans les plaines de Ninive. Ces deux établissements démontrent que les chrétiens comptent et qu’ils font partie intégrante de la société irakienne.

L’hôpital ne servira-t-il que les chrétiens ?

La mission de l’hôpital s’aligne sur celle de l’Église. Toute personne, quelle que soit sa religion ou sa race, peut recevoir un traitement à l’hôpital Maryamana. Priorité sera accordée à ceux qui ont un besoin urgent de soins médicaux. Il est bien connu que les musulmans font confiance aux professionnels de santé chrétiens. J’espère que Maryamana facilitera également nos efforts de réconciliation mutuelle en répondant aux besoins en soins de santé des fidèles d’autres religions.

Quels services médicaux l’hôpital fournira-t-il ?

L’hôpital comptera 70 lits et sept salles d’opération, que nous prévoyons d’utiliser en permanence. L’hôpital sera en mesure de prendre en charge 300 patients externes par jour et offrira la plupart des services médicaux. En plus des soins aux femmes enceintes et aux nouveau-nés prématurés, il y aura des consultations pour toute une gamme de spécialités. L’hôpital disposera d’équipements de laboratoire récents et sera en mesure d’accomplir toute la gamme des tests diagnostiques (par exemple IRM, scanner). Il y aura deux services d’urgence, ainsi qu’une pharmacie. Dans trois ans, nous espérons que le Maryamana pourra devenir un centre hospitalier universitaire. L’hôpital a également un projet de centre d’oncologie.

 

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