Israël : « Que va-t-il encore arriver d’autre maintenant ? »

Après l’incendie criminel du 18 juin probablement perpétré par des extrémistes juifs contre l’Église de la Multiplication des pains, l’un des célèbres sanctuaires de Terre Sainte, les chrétiens expriment leur vive inquiétude face à une intolérance croissante.

Dans une interview accordée jeudi 18 juin à l’AED, Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin de Jérusalem, s’est déclaré consterné. D’autres incidents similaires ont eu lieu au cours des dernières années, mais celui-ci est le plus violent, provoquant l’hospitalisation de deux personnes et une large destruction du sanctuaire de la multiplication des pains, l’un des lieux de pèlerinage chrétien les plus visités de Terre Sainte: « C’est une véritable escalade de la violence antichrétienne. Nous sommes en droit de nous demander ce qui va encore nous arriver d’autre maintenant »

Jeudi 18 juin, très tôt, des inconnus ont mis le feu au couvent de Tabgha habité par des bénédictins. L’incendie a causé des dégâts immenses dans l’atrium de l’église et dans le couvent et l’un des religieux et une collaboratrice ont dû être hospitalisés pour intoxication. Le sanctuaire, qui se situe sur la rive du lac de Tibériade, avait déjà été vandalisé en avril l’année dernière. Des extrémistes juifs y avaient endommagé et profané des croix et des autels. Jeudi, les auteurs de l’incendie ont laissé un graffiti en hébreu tagué sur l’un des murs du couvent: « Toutes les idoles seront détruites », une citation extraite d’une prière juive.

L’acte a été condamné dans les hautes sphères de la politique israélienne. Le président israélien Reuven Rivlin a déclaré jeudi que cette horrible profanation d’un lieu de prière ancien et sacré est une attaque contre l’essence même d’Israël. Et de réaffirmer : « En sa qualité d’État et en tant que société, Israël doit protéger et préserver les lieux saints de toutes les confessions ».

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que cet incendie criminel est une attaque « contre nous tous », rajoutant : « en Israël, la liberté de culte est l’un des principes fondamentaux et garantie par la loi. Les responsables de ce crime abject feront face à toute la force de la loi. La haine et l’intolérance n’ont pas leur place dans notre société.

Dans un message communiqué jeudi, l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte a évoqué un crime qui pèserait lourdement sur la coexistence des religions en Terre Sainte, exigeant, « vu la gravité des faits, que l’enquête soit rapide et que soient traduits en justice les auteurs de ce vandalisme. »

Mgr Shomali précise à l’AED que de nombreux Juifs ont immédiatement condamné cette attaque : « Comme par le passé, je continue d’avoir tendance à croire que cet acte n’a été commis que par un groupe très petit et agressif. En effet, il existe des Juifs libéraux et tolérants, des Juifs qui le sont moins, et enfin ceux qui détestent les non-Juifs. Mon inquiétude porte sur l’augmentation du nombre de personnes radicalisées et sur l’accroissement de leur degré d’intolérance. »

L’AED avait participé à la reconstruction du couvent, inauguré en 2012.

(crédit photo: Patriarcat latin de Jérusalem)

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