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Joueur 3 : Mgr Olivier Doeme, évêque de Maiduguri au Nigeria

Joueur 3 : Mgr. Oliver Doeme, défenseur central
L’évêque de Maiduguri est un rempart dans le nord du Nigeria, où il s’est occupé de ses ouailles et les a défendues. Son diocèse a été l’un des plus attaqués par Boko Haram. Assumant son rôle de responsable en faisant preuve d’une intelligence tactique, il a créé des projets d’aide pour les veuves et les orphelins, et reconstruit les structures du diocèse, comme la cathédrale qui a été victime d’un attentat à la bombe. Sa grande force et sa tactique de défense est la prière. Mgr Doeme repousse et évite les attaques en utilisant l’une des armes les plus efficaces et éprouvées dans l’histoire de la persécution : la prière du Saint Rosaire. Il nous raconte tout dans cette vidéo :

Vidéo de Mgr Doeme (anglais)  :

 

Un exemple de projet de Mgr Doeme au Nigeria

L’AED a envoyé en 2017 une aide d’urgence aux veuves et aux orphelins touchés par la violence de Boko Haram dans le diocèse catholique nigérian de Maiduguri.

Lors de la visite de l’AED, en mars 2017, dans le diocèse de Maiduguri, Mgr. Oliver Doeme a souligné les principaux défis pour son diocèse, dont une crise humanitaire, le manque de nourriture, le déficit de scolarisation (les écoles ont été détruites), mais aussi ce qu’il appelle une crise spirituelle. La majorité des habitants de son diocèse ont été gravement traumatisés. L’évêque a ajouté que la plupart des personnes tuées par Boko Haram étaient des hommes, laissant au diocèse la charge de s’occuper de plus de 5.000 veuves et 15.000 orphelins. La Fondation pontificale AED (Aide à l’Église en Détresse) a approuvé une aide d’urgence de 70.000 € pour soutenir ces victimes de Boko Haram.

« Des combattants de Boko Haram sont venus chez moi tôt le matin » explique Esther dans sa langue locale, le Hausa. « Ils ont commencé à tout piller, puis ils ont pris mon mari et lui ont dit de se convertir à l’Islam, et comme il refusait, il a été abattu devant mes yeux ». De la même manière, le mari de Rose « a été abattu d’un coup de feu en pleine tête » pour avoir refusé de se convertir à l’Islam. Le chagrin accable Agnès, 40 ans et mère de 9 enfants, qui déplore de n’avoir pas pu enterrer son bien-aimé mari. Mon mari était maçon ; il travaillait à l’extérieur d’une maison quand Boko Haram a entouré et abattu tout le monde. Les terroristes n’ont permis à personne d’entrer dans les lieux pour récupérer les corps. Aucun enterrement n’a été possible, il n’a pas été possible de célébrer des funérailles. Ils ont juste laissé les corps pourrir sur place ». Après avoir fini de parler, Agnès sécha ses larmes avec le tablier de sa robe colorée traditionnelle. Ces histoires ne sont hélas que quelques exemples des milliers d’expériences traumatisantes que les femmes nigérianes de Maiduguri ont endurées ces derniers temps. Kathrin, Hélène, Justine, Juliette, Hanna … et ainsi de suite jusqu’à 5.000. Derrière chaque numéro, il y a un visage, et bien que leurs visages semblent calmes, leurs cœurs sont remplis de douleur. Afin d’aider ces veuves très traumatisées, une partie de la subvention de l’AED sera utilisée pour des séances de guérison.

De plus, les veuves sont également formées à la manière de prendre soin de leurs besoins fondamentaux, maintenant qu’elles sont seules. Avant les attaques, elles comptaient sur les revenus de leur mari. La vie n’est plus la même depuis qu’elles sont veuves. La plupart des veuves ont plus de six enfants à nourrir et à éduquer. La plupart d’entre elles refusent de se remarier, parce qu’elles se sentent encore très proches de leurs maris qui ont été tués dans des circonstances terribles. Un grand nombre d’entre elles continuent de pleurer avec tristesse la mort de leur défunt conjoint, parce qu’elles n’ont jamais récupéré le corps pour l’inhumer. Une plaie ouverte reste difficile à fermer. Mgr. Oliver a créé « l’association Sainte Judith des veuves », dans le but de mieux adapter l’aide aux circonstances particulières de chaque femme dans le besoin.

Une autre partie du projet porte sur les frais de scolarité et sur l’alimentation des orphelins et semi-orphelins. Comme l’a souligné Mgr. Oliver, « ce sont surtout les enfants qui vivent dans la partie orientale du diocèse qui en bénéficieront, car c’est cette partie du diocèse qui a été la plus touchée et qui est la plus pauvre ».

Le diocèse catholique de Maiduguri se situe dans le nord-est du Nigeria. Ce n’est pas seulement le lieu d’origine de Boko Haram, mais aussi la zone la plus touchée par ses attaques. Les trois États du nord-est de Borno, Yobe et Adamawa se trouvent au centre des activités du Haram Boko. Le diocèse catholique de Maiduguri couvre plus de deux de ces États. Depuis 2009, plus de 200 églises et stations extérieures, de nombreux presbytères, 25 écoles, 3 hôpitaux, 3 couvents, d’innombrables magasins, des maisons individuelles de laïcs et des centres d’affaires ont été détruits sur ce territoire.

Selon les données recueillies par l’AED lors de son voyage dans la zone affectée, Boko Haram a tué plus de 20.000 personnes, 26 millions de personnes ont directement souffert du conflit, et 2,3 millions d’enfants et d’adolescents ont été privés d’accès à l’éducation.

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