Venezuela : Journée de prière pour la fin de la violence et de l’oppression

L’archevêque de Mérida, le cardinal Enrique Porras, invite à participer, ce dimanche 21 mai, à une journée de prière pour la paix au Venezuela. Le pays connaît des conditions de vie extrêmement graves dues notamment au manque de médicaments et de nourriture.

Opposition groups marchieren to the Justice Palast in Maracaibo - 18 February 2014 This file is licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. You are free: to share – to copy, distribute and transmit the work to remix – to adapt the work Under the following conditions: attribution – You must attribute the work in the manner specified by the author or licensor (but not in any way that suggests that they endorse you or your use of the work). share alike – If you alter, transform, or build upon this work, you may distribute the resulting work only under the same or similar license to this one.Face aux violents affrontements politiques qui ébranlent le Venezuela depuis plusieurs semaines, la conférence épiscopale vénézuélienne a appelé la population « à refuser toute expression de violence et à respecter les droits de tous les citoyens ». La conférence épiscopale souligne l’obligation de la Constitution nationale « de garantir la possibilité de protestations civiles et exemptes de violence ».

Les évêques qualifient les décisions récentes du gouvernement Maduro et du Tribunal suprême de justice d’« inutiles » et « erronées » et demandent « de ne pas modifier la Constitution, mais de la respecter ». Le gouvernement doit maintenant se concentrer sur les problèmes actuels du pays, notamment la pénurie de « denrées alimentaires et de médicaments » et le manque « de liberté, de sécurité personnelle et juridique ».

La classe dirigeante a oublié le peuple

Le cardinal Enrique Porras, archevêque de Mérida, affirme : « les gens subissent des mesures répressives lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec la politique officielle ou expriment une autre opinion : menaces, amendes, peines de prison, expulsions… Considéré de l’extérieur, l’actuel climat social est à peine compréhensible. La marge de manœuvre diminue de plus en plus. » Mgr Porras déplore en outre que « le discours autour de la lutte des classes » soit poursuivi. « L’un parvient à ses fins grâces à la haine envers l’autre. La seule chose qui compte, c’est d’éliminer l’ennemi. Cette attitude a déchiré la coexistence et le tissu social. »

Venezuela, February 2005Mgr. Baltazar Porras, the Archbishop of diocese Mérida distributing the little booklet of the rosary on the curia.Project trip of Javier LegorretaPour l’archevêque, la responsabilité de Nicolás Maduro et de l’actuel gouvernement est entendue lorsque qu’il situe les racines du problème : « Les dix-huit années des gouvernements Chávez puis Maduro sont aussi le résultat d’une dégradation entamée durant les années précédentes. Le pays a grandi sur le plan économique, mais la classe dirigeante a oublié le peuple. »

La responsabilité des médias

Le cardinal de 72 ans, originaire de Caracas, a critiqué ouvertement « la concentration de tous les pouvoirs au sein du gouvernement. Ceci a engendré l’impunité et la corruption ». Une clé du problème réside aussi dans le fait de toujours vouloir rendre les autres responsables de tout ce qui est mauvais. « Cela se répète sans cesse. Soit c’est les autres qui ont tort, soit on se réfère au passé. C’est un comportement d’adolescents ! Par exemple, lorsqu’il leur est reproché qu’il existe des prisonniers politiques au Venezuela, la réponse est qu’il y en avait également autrefois. Mais c’est aujourd’hui que nous avons des problèmes. »

Le visage de Mgr Porras reflète bien ses préoccupations : « J’ai été obligé d’enterrer un prêtre de 35 ans qui a été victime d’une hémorragie cérébrale. Selon les médecins, il aurait pu être sauvé si nous avions disposé d’un médicament qui n’était pourtant pas exceptionnel. Mais nous ne l’avions pas. Voilà pourquoi il est mort. Ce sont des choses qui arrivent tous les jours. Nous n’avons même pas les soins de base. »

Officiellement, « tout cela est nié. Il n’est pas question d’accepter de l’aide humanitaire, car selon les déclarations officielles, nous avons tout ce qu’il nous faut. Un voyageur qui se rendra au Venezuela pourra constater que ce n’est pas le cas. Et si quelqu’un l’affirme, il se rend suspect. » Les médias jouent également un rôle important dans ce conflit intérieur. Les batailles politiques sont devenues des luttes dans les médias : « Lorsque je dis ‘il n’y a pas de médicaments ici’, il apparaît tout de suite une photo de médicaments, avec comme légende : ‘Ce n’est pas vrai, regardez donc ici’. »ACN-20170515-54785

Les difficultés sont là pour être surmontées

Le cardinal demande à la communauté internationale de « tenter de se procurer une information réelle et récente, pour ne pas se laisser duper par des mensonges ». Il demande également des prières et du soutien. « Nous avons besoin de la prière comme force intérieure, qui empêche que l’espérance et la joie nous soient volées. Les difficultés sont là pour être surmontées, pas pour nous faire pleurer. »

C’est pourquoi le cardinal Porras nous invite à nous joindre, ce dimanche 21 mai, à la Journée de prière pour la paix au Venezuela, « pour la fin de la violence et de l’oppression exercées par l’État ainsi que pour la recherche de voies propices à l’entente et à la réconciliation ».

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