Chemin de Croix avec les chrétiens d’Irak

AVRIL 2015 

Rien n’est plus précieux que de consoler Jésus abandonné en ses frères souffrants »
P. Werenfried, fondateur de l’AED

L’AED vous invite à partager la souffrance des chrétiens d’Irak (les photos ci-dessous ont été prises à Erbil le mois dernier par notre délégation française).

Chrétiens d'Irak - photos de l'AED France en février 2015Chassés depuis trois générations, les chrétiens irakiens peinent à trouver leur place sur la terre de leurs ancêtres. Ils risquent même d’être rayés de la carte. Effacés. Dommages collatéraux de ces violents conflits qui agitent le Moyen-Orient, comme l’affrontement entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, mais également cibles spécifiques parce que chrétiens.

Aujourd’hui, ils sont plus de 125 000 réfugiés chrétiens au Kurdistan irakien. Nous sommes allés à leur rencontre plusieurs fois depuis l’exode de l’été dernier : ils sont toujours traumatisés par ce qu’il s’est passé cette nuit-là. Mais leurs récits de souffrance sont autant de témoignages de foi.

« Je suis née chrétienne et je mourrai chrétienne »
Ainsi Leila, à Batania, le 4 août dernier. Après une série de bombardements, un sympathisant de l’État islamique lui ordonna : « Pars, ou convertis-toi ! » A cet ultimatum, sans réfléchir, Leila répondit : « Je suis née chrétienne et je mourrai chrétienne ! ». Et l’homme s’en alla. « C’est ma foi qui m’a sauvée à ce moment-là, je me suis sentie très forte. Ce n’est qu’après que j’ai réalisé ce qui aurait pu se passer. »

« Sans l’AED, ces gens seraient morts »
La semaine dernière, le P. Samir, qui a dû fuir Mossoul et accueille aujourd’hui à Dohuk des réfugiés de toutes confessions, se confiait à notre délégation en Irak : « Je me sens seul depuis neuf mois (…) Sans l’AED, ces gens seraient morts. Vraiment. Car ils n’avaient rien et moi non plus. Maintenant, grâce à votre aide, on peut continuer d’aider les chrétiens comme les musulmans et les yézidis. Au nom de la paroisse, merci pour tous les réfugiés. »

« Je remercie tous les bienfaiteurs de leur générosité (…) Mais surtout, priez pour les chrétiens et pour tous ceux qui souffrent en Irak. Je vous souhaite de joyeuses Pâques, à vous et à vos familles. » Mgr Warda, archevêque chaldéen d’Erbil 

Unis dans la prière pour tous les Irakiens qui souffrent, découvrez le Chemin de Croix écrit par un prêtre irakien :

TEXTE DU CHEMIN DE CROIX

Pour nous faire entrer dans le mystère de la Passion du Christ, le père Anis Hanna, dominicain irakien, s’est appuyé sur l’épreuve que traverse aujourd’hui la communauté chrétienne de son pays, qui suscite pour ses membres d’immenses souffrances et menace à terme sa survie.

Ce chemin de croix a été publié dans la revue PRIER.

Prière préparatoire

Jésus, mon sauveur et mon roi, chez tous les chrétiens souffrants des persécutions dans leur pays, ta croix est plantée comme signe de malédiction, car nos frères sont maltraités à cause de ton nom. Que ta croix soit pour eux comme pour nous signe d’amour et étendard de l’espérance. Par ta croix, tu as sauvé le monde.

Laisse-moi t’accompagner sur ton chemin du don total. Apprends-moi à marcher avec toi, à porter la croix avec toi et comme toi. Apprends-moi à ne pas me dérober devant la souffrance des autres qui sont mes frères et mes sœurs dans l’humanité. Imprègne mon cœur de ton amour infini pour tous les hommes.

 

 

Première station : Jésus est condamné à mort

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.   » Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite » (Mt 26:42)

 

Devant Pilate, Jésus se présente humblement mais sereinement. Humblement, parce qu’Il porte en lui tout l’amour du Père pour l’humanité et il sait que par l’humilité il accomplit la volonté de son Père. Sereinement parce qu’il est lucide et déterminé pour aller jusqu’au bout de sa mission qui passe aussi par la mort.

 

« Seigneur Jésus, tu n’as pas refusé la coupe de la souffrance : accorde-nous courage, patience et lucidité, surtout à nos frères et sœurs qui souffrent de la persécution à cause de ton nom. 

 

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.  « Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. » (Mt10:38)

 

En portant sa croix, Jésus porte tous les péchés de toute l’humanité. La croix est très lourde, parce qu’elle est chargée de la désobéissance des êtres humains. Mais la fermeté de Jésus est plus grande et son amour pour l’humanité est infini. C’est pourquoi Jésus ne recule pas devant la croix. Il va jusqu’à l’achèvement de sa vie terrestre. Il veut tout accomplir en ouvrant le chemin de la lumière.

 

Seigneur Jésus, regarde-nous avec bonté, nous qui portons notre croix chaque jour. Donne en particulier la force de ta sérénité et de ta détermination à ceux d’entre nous qui en ont le plus besoin. Sans toi ils ne pourront que défaillir. 

 

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.  « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Lc 9.23)

 

Tu tombes sous le poids de la croix et tout le monde te regarde de loin, avec un regard froid. Beaucoup de gens ne te regardent même pas. D’autres encore restent dans la totale indifférence. D’autres encore se moquent de toi. Mais toi, tu es courageux, fort, invincible et plein de confiance. Ton coeur blessé par l’humanité, ne cesse d’embrasser la croix pour ouvrir le chemin du salut.

 

Seigneur Jésus, sous la croix, beaucoup de tes frères et sœurs ; beaucoup de nos frères et sœurs, ne cessent de tomber. Viens par ta présence leur donner courage et confiance, foi et persévérance pour qu’ils continuent leur chemin jusqu’au bout. 

 

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.  « Faites tous ce qu’il vous dira.  » (Jn 2.5)

 

En rencontrant sa mère, Jésus se rappelle de son peuple, de sa famille à Nazareth, de la Galilée, du début de sa prédication. Il rencontre l’amour maternel (suppr car ??) qui jaillit du cœur de la première qui a cru. Cette rencontre nous dit le lien entre le début et la fin, entre l’incarnation et la rédemption. La mère a tout donné pour Dieu, et le Fils fait de même, il donne tout pour que tout soit accompli.

 

Seigneur Jésus, ta mère ne cesse de te suivre même sur le chemin de ta souffrance. Tu sais bien combien elle t’aime. Qu’elle nous apprenne à t’aimer comme elle et à te suivre sur tous tes chemins.

 

Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Vous n’avez qu’un seul Père et vous êtes tous frères. » (Mt23:8-9)

 

Jésus épuisé sous le poids de la Croix, a besoin d’un frère qui porte avec lui la croix. Et voici Simon qui se porte volontaire. Combien Simon est utile pour Jésus à ce moment là. Exactement comme chacun de nous peut être utile à son frère portant la Croix de la foi au nom de Jésus. Nous sommes tous frères. Et nous pouvons tous être les uns pour les autres de bons samaritains.

 

Seigneur Jésus, à travers Simon de Cyrène, apprends-nous à venir en aide à tous nos frères qui portent leurs croix comme tu as porté la Croix dans les ruelles de Jérusalem, en particulier à ceux qui sont persécutés dans différents pays,
Sixième station : Véronique essuie la face de Jésus

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Qui m’a vu a vu le père » (Jn14:9)

 

Ce geste très simple a offert à Véronique une occasion de s’approcher de Jésus, de lui tendre la main et de lui dire son amour. Jésus la récompense. Elle a été comblée de voir dans la face de Jésus, l’image de Dieu invisible. Chaque fois que quelqu’un regarde Jésus avec les yeux de cœur et de la foi, il voit le Créateur, le Dieu de toute bonté et le Père de toute l’humanité.

 

Seigneur Jésus à travers le geste de Véronique, apprends-nous à te rencontrer dans nos frères, ou tout simplement dans les frères qui nous demandent de faire des gestes de bonté et de générosité. 

 

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

 » Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » (Mt 16:24)

 

Ton chemin de croix est long et très pénible. Ton entourage est cruel et sans pitié. Comme un esclave tu te laisse mener et, diriger par tes bourreaux. Malgré tout cela, sous le poids énorme de ta croix, ton corps s’écrase et s’écroule par terre pour embrasser la terre que foulent les hommes. Quand les humains apprendront-ils la leçon de ton humilité? Comme leurs cœurs sont durs pour ressentir tes douleurs.

 

Seigneur Jésus, beaucoup d’hommes et les femmes aujourd’hui s’écroulent sous les dictatures, sous les persécutions, sous le terrorisme qui veulent tout détruire. Donne-leur la force pour se relever et pour continuer leur chemin jusqu’au bout. 

 

Huitième station : Des femmes de Jérusalem pleurent sur Jésus

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

 » Ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vos enfants.  » (Lc 23:28)

 

Jésus a pleuré sur Jérusalem. Il a voulu rassembler les enfants de cette ville sainte et leur donner la vie divine. Mais rien à faire ils n’ont pas écouté. Et voici des femmes de Jérusalem qui pleurent sur Jésus. Certainement elles ont eu pour lui, de la compassion, de la peine. Mais Jésus, comprenant le mouvement de leurs cœurs, les oriente vers leurs enfants qui ont refusé le salut et la vie de Dieu.

 

Seigneur Jésus, apprends-nous à pleurer nos péchés et nos désobéissances à ta loi d’amour. Afin que par nos pleurs, nous nous orientons vers ton cœur plein de pardon et de miséricorde pour nous et pour le monde entier. 

 

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Ce sont nos souffrances qu’il a portées. C’est de nos douleurs dont il s’est chargé. »(Is53:4)

 

En tombant pour la troisième fois Jésus se montre très faible est très fragile. Le corps est faible, certes. Mais l’âme est ardente. C’est pourquoi Jésus se relève encore. Dans ce relèvement Jésus signale sa victoire sur le diable. Les tentations du Diable sont nombreuses mais elles n’ont qu’un seul but, celui nous faire tomber. Tous ceux qui qui comptent sur Dieu, cependant, après chaque chute, se relèvent.

 

Seigneur Jésus dans ton relèvement apprends-nous à compter sur toi, sur ton Père, pour recevoir notre relèvement. Que ta force vienne en particulier au secours de nos frères écrasés sous le poids des persécutions en Irak, en Syrie et en d’autres pays, pour leur relèvement. 

 

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Mt10:22)

 

C’est la douceur de son âme qui de dévoile dans ce dépouillement. Ce dépouillement extrême signifie le don total de soi pour ceux que le Père a aimés. L’histoire se répète. Et nos frères chrétiens du Moyen-Orient ont été dépouillés de leurs biens. Chassés de leurs territoires et de leurs villes et villages, ils n’ont porté sur eux que quelques vêtements. Ils ont tout perdu sauf leur foi en Jésus qu’ils ont aimé par dessus tout.

 

Seigneur Jésus, apprend-nous par ton dépouillement total à ne pas nous attacher à la richesse matérielle qui passe, mais à ton amour éternel qui nous a créé et qui fait vivre nos âmes de son éternité. 

 

Onzième station : Jésus est cloué sur la Croix

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donnes. » (Jn 10,18)

 

Du haut de la croix, désormais, Jésus pose son regard sur l’humanité qu’il a tant aimée. C’est sur cette croix que Jésus a voulu arriver pour s’offrir en don total de tout son être et exprimer le plus grand amour pour libérer les humains. Toute souffrance devient alors porteuse de sens et de fruits lorsqu’elle est vécue dans le grand amour. Rien ne peut relativiser ce don total fait librement pour libérer ceux qui manquent à l’Amour.

 

Seigneur Jésus, à travers ta croix apprends-nous à exercer notre liberté pour donner notre vie librement par amour pour nos frères qui souffrent du mal ou de persécutions. Donne-nous ton esprit de liberté intérieure. 

 

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à la mort sur la croix. » (Ph2:8)

 

La croix est le propre du Christ. Sur la croix, il meurt pour sauver l’humanité de la mort éternelle. Jésus a fait de sa croix son étendard pour entrer dans sa gloire. De la croix, la vie divine a jailli dans les veines humaines et l’Eglise est née. C’est le sommet du don du soi. L’amour de Dieu s’est révélé parfaitement dans le Christ mourant pour que l’humanité puisse vivre éternellement de l’amour infini de Dieu.

 

Seigneur Jésus, par ta mort, tu as anéanti la mort, et l’espérance est née dans les cœurs des croyants. Augmente en nous la foi, l’espérance et l’amour pour que nous puissions cueillir les fruits de la rédemption et donner notre vie à Dieu et au service de nos frères . 
Treizième station : Jésus est descendu de la Croix

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Tu seras plein de confiance, et ton attente ne sera plus vaine; tu regarderas autour de toi, et tu reposeras en sûreté. » (Job 11:18)

 

Après sa mort, ses amis l’ont descendu de sa croix pour le porter jusqu’au tombeau. Ce corps mort n’a plus de raison d’être élevé entre terre et ciel. Sa destination est désormais le tombeau. En toute confiance Jésus confie son corps à ses frères, les hommes. C’est l’abandon total. Et ces mains humaines deviennent l’autel pour porter le corps très saint, le sacrifice parfait pour le salut des pécheurs.

 

Seigneur Jésus, toi qui n’abandonnes jamais ton troupeau, tu t’abandonnes dans les mains des hommes. Signe de ton amour certes, mais une occasion pour que les hommes te montrent leur amour. « Corps du Christ sanctifie moi », moi qui te touche et te porte. 
Quatorzième station : Jésus au tombeau dans l’attente de la résurrection

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Ô mort, où est ta victoire? Ô mort, où est ton aiguillon? » (1 Cor 15:55)

 

Le maitre de vie, celui qui ressuscitait les morts est enterré parmi les morts. C’est dire qu’il nous rejoint dans notre condition mortelle. Il subi comme nous la conséquence du péché des hommes. Accepter sa mort, accepter d’être enterré, ce n’est pas l’impuissance divine mais c’est l’accomplissement parfait de l’incarnation.

 

Seigneur Jésus, Toi qui git parmi les morts en attendant la justice de ton Père, ta résurrection bienheureuse réveille en nos âmes mortes, l’espérance qui fait vivre et qui donne d’avoir par à ta résurrection. 

 

Quinzième station : Jésus ressuscité, espérance et bonheur pour ceux qui croit en lui. 

Nous t’adorons, ô Christ et nous te bénissons, parce que tu as sauvé le monde par ta sainte croix.

« Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort; et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. »(Ap1:18)

 

Le troisième jour après sa mort, Jésus vivant se montre à Marie Madeleine et aux apôtres. Vivant, ressuscité, plein d’espérance et de paix, Jésus s’adresse aux siens : « la paix soit avec vous « . C’est la paix désormais, instaurée entre Dieu et les hommes qui surpasse toute intelligence et qui règne dans les cœurs de ceux qui avaient peur de la mort. Cela signifie le pardon infini de Dieu Père et Amour.

 

Seigneur Jésus, donne-moi une foi inébranlable en ta résurrection pour que je sois vivant comme toi tu es vivant. Fais de moi ton apôtre pour que j’annonce ta paix et ton pardon dans l’univers. Ma foi en toi me ferra traverser toute difficulté sur cette terre.