200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

Une aventure spirituelle

Aumônier associé à La Route du Liban, animateur de l’école d’évangélisation Capmossio à Montpellier, le père René Luc bénira les voiliers qui quitteront le port de Marseille, le 16 juin prochain, en direction de l’autre côté de la Méditerranée, pour sensibiliser à la cause des chrétiens d’Orient.

Père René Luc, vous êtes l’aumônier embarqué de la Route du Liban. Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter de participer à l’aventure ?

Le Liban, la voile, … Tout le projet en fait ! J’aime la voile, même si je n’ai pas beaucoup l’occasion de partir en expédition lointaine. Je ne serai d’ailleurs embarqué dans l’aventure de La Route du Liban qu’avec le cœur : il m’est impossible de dégager un mois pour parcourir la Méditerranée. À défaut de jouer les navigateurs, je pratique le kitesurf : c’est ma façon de dépenser mon énergie, et je crois que cela me donne un bon feeling avec les gens de la mer.

J’accompagnerai l’expédition dans mes prières et je bénirai les bateaux lors de leur sortie du port de Marseille. Au moment du départ, le 16 juin, il est prévu que je me tienne à la proue d’un navire à l’ancre et que j’arrose d’eau bénite les voiliers qui passeront devant. Il va falloir bien viser !

Vous disiez aussi que la destination de ce rallye, le Liban, porte d’entrée du Moyen-Orient, vous tenait à cœur.

J’ai découvert le Liban en pleine guerre, en 1983. J’avais 17 ans, et j’y allais un peu comme certains jeunes sont partis en Syrie il y a quelques années. C’était une aventure assez folle. Je suis arrivé par Chypre, car l’accès était compliqué. J’ai vu les avions israéliens bombarder le Liban et l’un d’entre eux a été abattu par la DCA sous mes yeux ; ce sont des images qui restent. J’ai aussi, surtout, rencontré ces Libanais chrétiens qui sont des martyrs, c’est-à-dire des témoins de la foi. La force et le courage de ces jeunes m’ont profondément marqué. À mon retour en France, j’ai décidé de marcher en sandale tout l’hiver et j’offrais ce sacrifice pour la paix au Liban. (Il rit) Ce n’est pas quelque chose que je referai ! Je devrais être complètement allumé … Par l’Esprit Saint j’espère !

Vous retournez à l’occasion dans ce pays. Pourquoi pensez-vous que les chrétiens d’Orient ont, plus que jamais, besoin du soutien des chrétiens du monde entier ?

Je suis retourné au Liban assez longuement en particulier en 2013, trente ans après mon premier voyage. Le Liban est une espèce de ponton pour l’Évangile dans tout le Moyen-Orient, c’est un lieu extraordinaire et fragile, qu’il faut préserver à tout prix. Le système de gouvernement, où un tiers du pouvoir est donné à chaque confession, sunnite, chiite et chrétienne, est peut être un bon compromis, mais il paralyse l’action politique.  Par ailleurs, le pays est soumis à une pression constante et en ce moment il abrite des millions de réfugiés, venus surtout de Syrie. Enfin, lors de ma dernière visite, on y parlait surtout des problèmes posés par la crise économique, qui aggrave le mal endémique des chrétiens libanais, l’émigration de ses forces vives. J’espère qu’à notre humble niveau, les navigateurs de La Route du Liban manifesteront la solidarité entre les chrétiens et que cela participera à maintenir les chrétiens libanais sur leurs terres ancestrales.

Les navigateurs de La Route du Liban vont apporter une aide très concrète à La Table de Saint Jean le Miséricordieux, un projet soutenu par l’Aide à l’Église en Détresse. Une initiative bienvenue ?

Bien sûr, et que j’apprécie. Mon père est allemand et cela me donne une raison de plus d’apprécier l’œuvre du père Werenfried. Après guerre, des donateurs, sous son impulsion, étaient prêts à faire refondre leurs bagues pour venir en aide aux Allemands dans le besoin. J’aimerais que nous ayons le même genre d’élan de générosité au profit de nos frères chrétiens au Moyen-Orient.

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