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Mali: Les églises prises comme cible

Publié le 9 octobre 2017

 « Les djihadistes ont commencé à prendre pour cible les communautés chrétiennes et il s’agit d’une évolution préoccupante » a déclaré à l’Agence Fides le Père Edmond Dembélé, Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali.

« Au sein du Diocèse de Mopti, dans le centre nord du pays, témoigne le Père Dembélé, trois églises au moins ont reçu la visite des djihadistes, lesquels ont empêché aux fidèles de se réunir pour prier, de sonner les cloches et détruit du mobilier et des objets sacrés ». Et ce n’est pas le seul incident poursuit le Père : « la semaine passée, dans le village de Dobara, des personnes armées ont forcé la porte de l’église, pris des crucifix, des images et des statues de la Très Sainte Vierge Marie et les ont brûlés sur le parvis. Précédemment, dans le village de Bodwal, les chrétiens avaient été chassés du lieu de culte par des hommes armés qui les ont menacés, disant qu’ils les auraient tués s’ils avaient encore prié dans l’église ».

La situation a changé depuis quelques mois

« La zone de Mopti n’avait jusqu’ici pas été particulièrement touchée par les actions de groupes djihadistes qui sont cependant présents depuis longtemps. Ce qui nous préoccupe est que ces groupes n’avaient pour l’instant pas pris pour cible les chrétiens de manière spécifique. La situation a changé depuis quelques mois et c’est pourquoi nous avons lancé l’alarme ». « Il s’agit d’une zone limitrophe du Burkina Faso, laquelle est attaquée depuis quelques temps par des djihadistes » ajoute le Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali.

La présence de groupes djihadistes s’étend actuellement en tache d’huile, y compris dans le sud du Mali, jusqu’ici épargné par la violence, ainsi que l’a démontré l’enlèvement à Karangasso de Sœur Gloria Cecilia Narváez Argoti, de la Congrégation des Sœurs franciscaines de Marie Immaculée, en février dernier. « Karangasso fait partie d’une zone qui n’avait pas été particulièrement intéressée par l’action des djihadistes – déclare le Père Dembélé – même si, voici deux ans, l’armée malienne avait démantelé un groupe djihadiste qui s’était installé sur zone, dans une forêt proche de la frontière entre le Mali et la Côte-d’Ivoire ». Concernant le sort de Sœur Gloria Cecilia Narváez Argoti, le Père Dembélé indique que, « malheureusement, nous n’avons pas de nouvelles pas plus que de contacts avec ses ravisseurs».

Le Mali connaît une situation d’instabilité après les opérations militaires sous commandement français qui avaient permis de chasser les groupes djihadistes du nord du pays, qu’ils avaient conquis au début de 2012.

Source: FIDES

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