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Mozambique : De plus en plus d’attaques terroristes

Publié le 14 février 2020

Les attaques de groupes armés dans le nord du Mozambique ont déjà fait plus de 500 morts et des milliers de personnes déplacées, confie Mgr Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba, à l’AED.

La vague de violence qui frappe le nord du Mozambique depuis octobre 2017 ne semble pas prête de prendre fin. Le prélat a confirmé qu’il y avait eu « six attaques » entre le 29 et le 30 janvier dans la province de Cap Delgado, lesquelles ont causé une fuite générale de la population et des dégâts importants dans les villages situés autour des villes de Bilibiza et Mahate, qui font partie du district de Quissanga, situé à environ 120 kilomètres de la ville de Pemba. Pour Mgr Luiz Fernando Lisboa, ces attaques venant de groupes islamiques radicaux, « sont une tragédie ». L’une d’elles « a visé l’école d’agriculture de Bilibiza, une école de formation des professeurs qui compte plus de 500 élèves ».

« J’ai entendu dire que l’école avait été incendiée, puis que des magasins situés à proximité avaient été détruits », a décrit le prélat. « Il est très triste que les forces de défense et de sécurité ne puissent pas contenir les attaques sans une aide internationale. Cela fait déjà deux ans et trois mois… Si la situation du gouvernement du Mozambique était meilleure, peut-être que le problème aurait déjà été résolu, mais beaucoup de gens meurent … » déclare l’évêque.

S’il n’existe pas de statistiques officielles du nombre de personnes ayant perdu la vie, explique l’évêque, le nombre de morts a certainement déjà atteint un demi-millier depuis le début des violentes attaques, à la fin de 2017, contre des villages, des postes administratifs et militaires, laissant derrière elles des gens décapités, pour instaurer la terreur dans la population.

« Il va y avoir une famine… »

Cette situation a un impact direct sur la vie quotidienne des gens. « Les villages se vident, les gens ne font plus de plantations, ce qui signifie qu’il va y avoir une famine, et nous avons des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays », explique le prélat. Selon l’ONU, environ 60.000 personnes ont été déplacées à la suite d’attaques contre des villages du nord du Mozambique. Mais le prélat mozambicain estime qu’il faudrait également compter parmi les victimes, les personnes déplacées, par exemple, à cause du cyclone Kenneth. « Je pense que le total pourrait s’approcher des 100.000 personnes déplacées ».

Menace régionale du fondamentalisme islamique

La région de Cap Delgado, dans le nord du Mozambique, a subi de nombreuses attaques de groupes armés. Mgr Fernando Luiz Lisboa rappelle qu’au début, en octobre 2017, les responsables de la communauté musulmane locale avaient clairement pris leurs distances et manifesté leur rejet des attaques. « Lorsque les attaques ont commencé, il a été dit qu’il s’agissait d’un groupe islamique radical, et les musulmans eux-mêmes ont affirmé : “Ils ne sont pas des nôtres, ce sont des bandits”. Mais nous sommes inquiets et tristes, parce qu’il semble que tout ça soit l’œuvre d’un groupe islamique radical ».

L’intensification des attaques pourrait constituer une menace pour la sécurité de la région, certains signes indiquent que les autorités de la Tanzanie voisine sont également en état d’alerte. En fait, la Tanzanie est considérée par les experts en terrorisme comme un lieu de refuge et de recrutement pour les militants extrémistes, lesquels se déplacent facilement à travers les frontières entre les deux pays.

Selon l’évêque de Pemba, « ce serait très inquiétant », car « s’il existe un réseau international ou transnational, cela signifie qu’ils sont plus forts et qu’il sera beaucoup plus difficile d’y mettre fin ».

« Je n’ai pas peur »

La taille réelle des groupes terroristes opérant dans le nord du Mozambique est inconnue. La communauté chrétienne se sent menacée, l’évêque lui-même sait qu’il peut être la cible d’une de ces attaques : « Je suis conscient que cela peut arriver, mais honnêtement, je n’ai pas peur. J’essaie de remplir mon rôle qui est de soutenir les missionnaires qui sont là-bas, en ligne de mire, dans les districts où il y a des attaques. Ils sont très courageux. Je loue le Seigneur, je les remercie pour le courage qu’ils ont parce qu’ils sont souvent cette oasis dont les gens ont besoin, quelqu’un pour aller pleurer, se plaindre, raconter ses problèmes, chercher un peu d’aide …. aucun d’entre eux n’a quitté son poste, ils sont là et je ne peux pas et je n’ai pas le droit d’avoir peur. C’est justement parce qu’il faut les aider à continuer à remplir leur mission que j’essaie d’accomplir la mienne de la meilleure façon possible ».

L’Aide de la Fondation AED

Mgr Fernando Lisboa a également exprimé sa gratitude pour les projets que la Fondation soutient dans son diocèse. « L’AED a beaucoup aidé. Nous avons plusieurs projets, tels que des véhicules pour les missionnaires, la formation des séminaristes… Ces soutiens sont importants, car sans l’aide des organisations internationales, il serait très difficile pour des diocèses pauvres comme le nôtre, comme la plupart des diocèses africains, asiatiques et latino-américains, de développer leur travail ».

 

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