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NIGER : Mère Marie Catherine Persévérance Kingbo, faire connaître le Christ

Publié le 18 juillet 2019

Mère Marie Catherine Persévérance Kingbo, Supérieure Générale de la Fraternité des Servantes du Christ, qui œuvre pour le dialogue interreligieux au Niger, a participé à la Nuit des Témoins 2017. Au cours de cette veillée, elle avait fait part de sa mission : faire connaître le visage de tendresse du Christ et en témoigner au Niger, en milieu musulman ; elle nous donne de ses nouvelles.

 Que devenez-vous ?

Je suis toujours au Niger, dans le diocèse de Maradi. Nos activités pastorales et sociales ont bien évolué auprès des enfants malnutris, des femmes, des chefs de village et des imams.

Avec la grâce de Dieu, notre jeune et première congrégation religieuse diocésaine au Niger dénommée « Fraternité des Servantes du Christ » se développe. Actuellement, nous avons 8 aspirantes nigériennes qui continuent leurs études secondaires, 6 novices et 7 postulantes.

 Quelle est la situation dans votre pays ?

Les médias nous informent régulièrement de la situation de notre sous-région. En ce qui concerne notre pays, le Niger, nous pouvons dire que le développement est encore difficile à réaliser, en raison de l’insécurité, de la présence d’intégristes musulmans, de la misère, du taux élevé d’analphabétisme, du chômage des jeunes, … Il y a également un facteur lié à la mentalité de la population très conservatrice et qui ignore l’importance de plusieurs valeurs telles que la tolérance religieuse, la liberté d’expression, l’importance de l’éducation, les méfaits des mariages forcés et des grosses précoces, … La plupart des habitants acceptent leur situation de précarité se référant à la fatalité.

Quels sont vos projets ?

Suite aux événements de janvier 2015, après la caricature de Mahomet par le journal Charlie Hebdo, des intégristes musulmans ont brûlé plusieurs maisons de familles chrétiennes, les locaux de la communauté religieuse des Sœurs de l’Assomption, l’église et les structures scolaires tenues par les religieuses.

En septembre prochain, nous ouvrirons une communauté à Zinder. Après la reconstruction de la maison des religieuses, l’évêque nous a demandé de nous installer à Zinder pour la réouverture de la communauté et nous y allons avec joie.

Grâce aux partenaires, comme que l’AED, nous avons construit pour nos élèves une grande salle destinée aux rencontres, aux réunions avec les parents d’élèves, aux spectacles et un internat pour les filles. Cet internat accueille des filles abandonnées ou des orphelines, des enfants des villages environnants dont les parents ont une déficience mentale ou se trouvent dans l’impossibilité d’honorer les frais de scolarité de leurs progénitures.

Actuellement, les filles âgées de 4 à 9 ans sont au nombre de 53. Elles sont catholiques, protestantes ou musulmanes. Les parents de confession musulmane, permettent à leurs filles d’aller à la messe et de participer aux prières de la communauté comme le chapelet quotidien. Chaque matin, après leur toilette, toutes les fillettes se rendent à la grotte de la Vierge Fatima pour prier. Cet internat sera fonctionnel à la prochaine rentrée scolaire 2019-2020.

Après la construction de notre première école maternelle sur le terrain de notre communauté à Tibiri, nous voulons commencer la construction de l’école élémentaire pour permettre à nos élèves d’y poursuivre leur scolarité au primaire. Pour l’instant, nous n’avons pas encore obtenu le financement nécessaire pour la construction d’un bloc de trois classes et des sanitaires. Nous accueillons des enfants en situation de handicap pour leur permettre une insertion dans la société.

Nous voulons commencer, sur le terrain de notre congrégation, dans la commune de Saé Saboua située à une quarantaine de kilomètres de Tibiri, le maraîchage avec 400 femmes de plusieurs villages.

En ce qui concerne notre congrégation religieuse, pour subvenir à nos besoins de premières nécessités, nous voulons construire une boulangerie. C’est un projet qui date d’une dizaine d’années et nous n’avons toujours pas trouvé de bienfaiteurs pour nous aider à sa réalisation.

Quel souvenir gardez-vous de la Nuit des Témoins ?

Je garde un excellent souvenir de la Nuit des Témoins. Cet esprit d’équipe et de famille m’a beaucoup impressionnée. Son organisation a été une grande réussite.

Les participants ont réagi favorablement suite à nos différents témoignages. Leurs impressions me font comprendre que la Nuit des Témoins peut être considérée comme un moyen d’évangélisation qui suscite l’engagement des chrétiens et accroît leur ferveur religieuse.

Que souhaitez-vous dire aux bienfaiteurs de l’AED ?

Tout d’abord un grand merci ; mille fois merci pour leur fidélité. Que le Seigneur leur rende au centuple tous leurs gestes de générosité ! Qu’ils ne pensent pas que leurs actions menées pour le mieux-être des populations en détresse restent sans effet. Les changements ne sont peut-être pas perceptibles, cependant ils sont réels. Qu’ils ne se découragent pas, mais qu’ils persévèrent dans leurs œuvres de charité chrétienne.

Enfin, qu’ils continuent de soutenir et d’aider l’AED dans ses projets. En effet, les actions réalisées en faveur de populations issues de cultures et de religions différentes, favorisent l’unité dans la diversité et conduisent à une paix réelle entre les différentes communautés.

 

Pour retrouver le témoignage de Mère Marie Catherine Persévérance Kingbo : cliquer ici

 

 

 

 

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