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Niger : Un prêtre enlevé « pour effrayer les chrétiens »

Publié le 21 septembre 2018

Le père italien Pier Luigi Maccalli, de la Société des missions africaines, œuvre à la paroisse de Bamoanga depuis onze ans. Il a été enlevé lundi 17 septembre. Lundi 17 septembre, vers 21h, un groupe de huit hommes armés s’est emparé du père Pier Luigi Maccalli. Il vivait dans la commune de Makolondi, au sud-ouest du Niger, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. L’enlèvement n’a pas été revendiqué mais il est présenté par les autorités locales comme une action crapuleuse, menée par des individus pourchassés par l’armée nigérienne. Elles précisent que le prêtre serait toujours vivant, mais qu’aucune demande de rançon ne leur a été faite pour le moment.

« Une volonté d’effrayer les chrétiens »

Le père Mauro Armanino, confrère missionnaire au Niger du père Maccali, propose une analyse différente à l’AED : « Cette attaque a été organisée avec précision, le prêtre a certainement été observé et surveillé en amont par ses ravisseurs (…) Ils ont tout simplement frappé à la porte, l’ont enlevé puis sont partis en tirant des coups de feu en l’air. Il est clair que la cible était ce prêtre occidental ». Plutôt qu’une opération « improvisée », il voit dans cet enlèvement le résultat de la « volonté d’effrayer les chrétiens ».

C’est la première fois que l’on s’en prend à un prêtre catholique dans cette région du Niger. « Par cet acte, analyse le père Armanio, les terroristes annoncent qu’il n’y a plus de limite à la violence ».

Les Sœurs Franciscaines de Marie, qui résident aussi à Makolondi, ont fait savoir que les malfaiteurs parlaient le Peul. Le père Maccali est donc vraisemblablement entre les mains de ces bergers islamistes, qui ont fait des milliers de victimes au Nigeria. Dans ce pays, ils ont été les auteurs de nombreuses attaques antichrétiennes et du meurtre de deux prêtres, en avril 2018.

Contamination djihadiste

Le Niger, à 98% musulman, a une tradition de cohabitation pacifique avec la petite minorité chrétienne, qui compte 40 000 âmes, soit à peine 0,23% de la population.

Pourtant, les 16 et 17 janvier 2015, des violences avaient éclaté à travers tout le pays, suite aux attentats de Charlie Hebdo, à Paris. En seulement 4 heures, 47 églises nigériennes – soit 80% d’entre elles – avaient été détruites. Plus récemment, le 4 juin 2018, Boko Haram a perpétré un triple attentat dans la ville de Diffa, la capitale régionale du sud-est du Niger, proche de la frontière nigériane, tuant 9 personnes et en blessant 38.

 

Légende : le père Pier Luigi Maccalli, de la Société des missions africaines, a été enlevé lundi 17 septembre (Crédit : Société des missions africaines)

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