200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

NIGERIA : Dans le centre du pays, les chrétiens vivent dans la peur

Publié le 28 novembre 2018

Les chrétiens du centre du Nigeria sont tués, chassés de leurs maisons par des peuls, nomades musulmans lourdement armés, dénonce Mgr Ben Kwashi.

« Nous vivons dans la peur », témoigne Mgr Ben Kwashi, archevêque anglican de Jos, au centre du pays. Les chrétiens subissent la pression constante des peuls, nomades musulmans de la bande du Sahel, lourdement armés.

En octobre 2018, des Peuls ont tué 17 chrétiens, dont 4 enfants, à Jos. Ils ont mitraillé les maisons au hasard, abattant femmes et enfants. Depuis 2010, ce conflit a fait plusieurs milliers de morts, mais les autorités ne prennent pas la défense des chrétiens, dénonce Mgr Ben Kwashi.

Des attaques sanglantes

Il précise que la façon dont ces violences sont rapportées par les médias ne rend pas compte de la réalité dans la mesure où elles sont présentées comme résultant d’un conflit entre nomades musulmans et chrétiens sédentaires.

Or, aux yeux de l’archevêque, il est malhonnête de parler de « conflit », dans la mesure où un groupe, lourdement armé, s’attaque à un autre. « Comment pourrait-il y avoir conflit quand les bergers pourchassent les fermiers dans leurs propres villages ? » interroge-t-il. Ces musulmans semblent déterminés à chasser les chrétiens non seulement de la bande du Sahel, mais de la zone équatoriale humide où ils sont les plus nombreux.

Contexte électoral

Les tensions qui traversent le Nigeria sont aggravées par l’approche des élections générale de février 2019. Le 24 novembre 2018, près d’une centaine de soldats nigérians ont été tués lors d’une attaque terroriste, ce qui en fait l’attentat le plus meurtrier du pays depuis l’arrivée au pouvoir de Muhammadu Buhari.

Issu d’une ethnie nomade musulmane du nord, celui-ci avait promis de venir à bout du groupe djihadiste Boko Haram lors de son élection en 2015. Presque quatre ans plus tard, force est de constater que l’objectif n’a pas été rempli. Par ailleurs, de graves affaires de corruption entachent sa présidence.

L’inaction des autorités

Malgré son état de santé préoccupant et son bilan médiocre, Muhammadu Buhari prévoit de se présenter aux prochaines élections. Dans un pays qui compte autant de chrétiens que de musulmans, il a su manifestement adapter ses positions religieuses aux besoins politiques du moment. En 2001, il apportait son soutien à l’application de la charia dans le pays, déclarant : « je continuerai à montrer mon engagement total à la charia qui déferle sur tout le Nigeria (…) si Dieu le veut, nous n’arrêterons pas le mouvement pour la mise en œuvre totale de la charia dans le pays ». Mais le 4 janvier 2015, peu avant son élection, il se déclarait convaincu que : « tous les Nigérians doivent adorer Dieu selon leur souhait ».

Les évêques du Nigeria ont d’ores et déjà demandé sa démission, à la suite d’un massacre, en avril 2018, qui avait fait 39 victimes et démontrait déjà l’inaction des forces de sécurité nigérianes. Leur communiqué annonçait : « Il est temps pour le Président de choisir la voie de l’honneur et d’envisager de se désister pour sauver la nation de l’effondrement complet ».

 

(Crédit photo : Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications)

Archives