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Nigeria: "je souhaite une grande manifestation comme à Paris"

Publié le 13 janvier 2015

Villages brûlés et rasés, massacres, attentats-suicides commis par des femmes et même des enfants… Depuis le 3 janvier, Boko Haram, qui mène une insurrection depuis 2009, terrorise de plus en plus le nord-est du Nigeria. Réaction de Mgr Kaigama, président de la Conférence épiscopale du Nigeria.

Enfants kamikazes

« La nouvelle stratégie des terroristes de Boko Haram consistant à utiliser des fillettes innocentes comme bombes humaines est aberrante et inimaginable » déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Ignatius Ayau Kaigama, Archevêque de Jos et Président de la Conférence épiscopale du Nigeria, après les derniers attentats commis par trois fillettes qui se sont faites exploser au milieu de la foule, provoquant au total la mort de 27 personnes dans le nord du Nigeria.

Selon Mgr Kaigama, il est probable que ce soit les fillettes elles-mêmes qui aient activé la bombe et non pas, comme cela a été envisagé par certains, que l’explosion ait été commandée à distance. « Ces fillettes ont été endoctrinées. On leur a pratiqué un lavage du cerveau pour leur faire croire qu’elles iraient au paradis en accomplissant ces actions. D’ailleurs, nous nous rappelons bien du triste phénomène des enfants soldats dans différentes zones de l’Afrique, qui sont endoctrinés en ayant recours à des méthodologies terrifiantes de lavage du cerveau afin qu’ils deviennent des machines à tuer ».

Dans ce sens, nous demandons à Mgr Kaigama s’il estime que Boko Haram est davantage un mouvement sectaire qu’un véritable mouvement à fond religieux. « Oui, il s’agit d’un mouvement de type sectaire, indépendant de la grande majorité des musulmans nigérians, qui sont de braves gens. Je suis dans tous les cas très content du fait que certains responsables religieux de premier plan de la communauté musulmane prennent actuellement leurs distances de Boko Haram et qu’ils aient condamné leurs terribles actions, en affirmant qu’elles sont contraires aux enseignements islamiques ».

Manifestion d’unité nationale comme à Paris

« Mais nous devons faire davantage – souligne Mgr Kaigama. Je pense à la grande manifestation de Paris contre les attentats meurtriers intervenus en France. Je souhaite ici également une grande manifestation d’unité nationale qui dépasse les divisions politiques, ethniques et religieuses pour dire non à la violence et trouver une solution aux problèmes qui affligent le Nigeria ».
L’avancée de Boko Haram dans différentes zones du nord du Nigeria a provoqué la fuite de milliers de civils. Nous demandons à Mgr Kaigama si son Archidiocèse a également accueilli ces personnes. « Les évacués sont accueillis dans différentes zones du Nigeria, mais ici aussi à Jos – répond-il. Au cours du temps de Noël, nous avons organisé une collecte ad hoc pour venir en aide aux besoins de ces personnes. Parmi les évacués se trouvent plusieurs prêtres dont la Paroisse a été détruite. Mais il faut souligner qu’il n’existe pas de distinction entre chrétiens et musulmans. Ils ont tous fui face aux violences de Boko Haram, notamment parce qu’au sein de différentes familles, cohabitent pacifiquement des chrétiens et des musulmans. Ceux qui ne partagent pas l’idéologie de Boko Haram, dont de nombreux musulmans, sont contraints à fuir » conclut Mgr Kaigama.

(Source: L.M. / Agence Fides 12/01/2015)

Mgr Kaigama sera présent en France lors de la tournée de la Nuit des Témoins organisée du 6 au 13 mars par l’AED. (plus de détails à venir ces prochains jours sur notre site)

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