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Nigeria : La corruption et la faiblesse nous tuent !

Publié le 22 juin 2020

Mgr Matthew Kukah, évêque du diocèse de Sokoto, accuse formellement son gouvernement d’être responsable du conflit qui déchire le pays. Il en appelle à la communauté internationale pour rétablir l’ordre. 

S’adressant à l’AED, l’évêque réagit à une recrudescence d’attaques ces dernières semaines dans le nord-ouest du pays, notamment dans la zone de gouvernement local de Sabon Birni (dans l’État de Sokoto), près de la frontière avec le Niger, où plus de 70 personnes ont été massacrées.

« Gouvernement débordé »

 

« Notre gouvernement est débordé. La situation s’aggrave et le nombre de morts est accablant. Personne ne semble avoir la moindre idée de ce qui se passe », a déclaré Mgr Kukah lundi 15 juin 2020. Notant qu’une grande partie du conflit se concentrait actuellement surtout au nord-ouest du Nigeria, incluant son diocèse de Sokoto, Mgr Kukah a déclaré que la communauté internationale devait travailler avec le Nigeria et avoir la volonté politique d’éradiquer la violence et d’imposer l’État de droit.

Lors de l’interview, Mgr Kukah a appelé le Royaume-Uni et d’autres pays à agir. « En ce qui concerne la communauté internationale, il y a beaucoup d’hypocrisie et de manque de volonté. De toute évidence, s’il y a une volonté politique, il y aura une fin à tout cela », a-t-il ajouté.

« Nigeria, génocide en cours ? »

Les commentaires de l’évêque coïncident avec le lancement, lundi dernier à la Chambre des communes de Londres du rapport « Nigeria : Génocide en cours ? Une enquête menée par le Groupe parlementaire multipartite britannique pour la liberté internationale de religion ou de croyance ».

Mgr Kukah demande à la communauté internationale d’empêcher les milices de se procurer des armes. Il a soutenu qu’à l’heure actuelle, les services de sécurité nigérians étaient « surchargés » pour faire face à la crise. « Les militaires – a-t-il souligné – disent que les responsables des violences ont été tués, mais il n’y a aucune preuve que cela soit le cas ».

L’influence de Boko Haram

L’évêque a ajouté que, si la loi et l’ordre jouent un rôle clé dans le conflit, la haine religieuse et la discrimination sont essentielles pour en comprendre les causes profondes. Il a affirmé que de nombreux musulmans dans le pays « persistent à exiger qu’il n’y ait pas de séparation entre l’État et la religion, et c’est ce qui permet à Boko Haram et à d’autres groupes d’essayer d’imposer leur autorité morale ».

 

 

 

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