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Nigeria : L’islamisation en marche

Publié le 2 février 2018

Mgr Matthew Man-Oso Ndagoso, archevêque de Kaduna, dans le nord du Nigeria, témoigne à l’AED de la violence et des menaces persistantes envers le christianisme dans son pays. Tour d’horizon d’un pays en proie à l’islamisation radicale.

« Dans le nord du Nigeria, des milliers de personnes ont fui la guerre, les menaces et l’oppression. Les chrétiens sont non seulement exposés aux attaques du groupe terroriste islamiste Boko Haram, mais aussi à une discrimination systématique par l’État », affirme Mgr Matthew Mano-Oso Ndagoso, archevêque de Kaduna.

Le Nigeria est l’un des seul au monde où la population de chrétiens et de musulmans soit à peu près la même, avec plus de chrétiens dans le sud, et surtout des musulmans dans le nord. « C’est surtout sa ville épiscopale de Kaduna qui est un important centre de l’Islam au Nigeria », explique l’archevêque.

L’instruction religieuse chrétienne partiellement interdite

Dans certains États du nord du Nigeria, la législation islamique de la charia a même été introduite. De même, l’instruction religieuse chrétienne n’est plus autorisée dans certaines provinces du nord. En revanche, les professeurs de religion islamique sont employés par l’État et rémunérés par des fonds publics. Les mosquées sont également construites avec de l’argent public, tandis que l’on refuse aux chrétiens les terrains sur lesquels ils pourraient construire des églises.

Mgr Ndagoso a donc exigé, notamment pour la minorité chrétienne du nord, « un traitement juste, fondé sur l’équité et d’honnêtes relations de réciprocité, indépendamment de la croyance religieuse, de l’appartenance tribale, de l’affiliation politique et du statut social. Les chrétiens du Nigeria veulent que leurs droits fondamentaux et leur liberté soient respectés et préservés dans tout le pays ».

L’archevêque a explicitement salué le soutien de l’AED, « qui a toujours été là pour notre peuple en cas de détresse » et qui est « porte-parole » de la minorité chrétienne persécutée.

Il est urgent de rester solidaire avec les chrétiens persécutés du monde entier et d’informer le public  sur ces violations du droit fondamental à la liberté religieuse, a réaffirmé Berthold Pelster, expert en droits de l’Homme l’AED. « Nous observons une avancée des idéologies religieuses intolérantes depuis environ trente à quarante ans, en particulier dans certaines parties du monde islamique. Les bouleversements dans le monde arabe depuis 2011 ont débouché sur de terribles excès. Des idées radicales islamiques se répandent maintenant de plus en plus sur le continent africain ».

L’AED est l’unique organisation non gouvernementale qui publie tous les deux ans un Rapport sur la Liberté religieuse sur 196 pays (www.liberte-religieuse.org). Le prochain rapport mondial sera présenté à l’automne 2018.

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