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NIGERIA : Mgr Kaigama, pasteur d’un pays qui souffre et qui espère

Publié le 13 août 2019

Archevêque de Jos, dans le centre du Nigeria, Mgr Ignatius Kaigama est venu en France en 2015, lors de la Nuit des Témoins, pour témoigner des exactions commises par Boko Haram et décrire le sort des Nigérians, chrétiens et musulmans, confrontés à cette folie meurtrière. Il nous donne aujourd’hui de ses nouvelles. 

Que devenez-vous ?

J’ai été nommé archevêque coadjuteur de l’archidiocèse d’Abuja [capitale du pays], le 11 mars 2019, par le pape François, qui m’a également nommé administrateur apostolique de l’archidiocèse de Jos, où je suis archevêque depuis 19 ans. Je suis actuellement président de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest (RECOWA).

Quelle est la situation dans votre diocèse, votre pays ? Comment cela a-t-elle évolué ?

Les catholiques de l’archidiocèse de Jos vivent en paix les uns avec les autres et le travail d’évangélisation est mené avec ferveur par les jeunes, femmes et hommes, qui appartiennent à divers organisations, associations ou mouvements ecclésiaux. Nous avons créé de nouvelles paroisses et zones pastorales.

Bon nombre de nos concitoyens ont été touchés par la crise actuelle des éleveurs et des agriculteurs. Beaucoup ont perdu leur maison. Plusieurs églises de village ont été incendiées et de nombreuses personnes tuées, tandis que des milliers de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.

Le Nigeria souffre des attaques du groupe fanatique islamique, Boko Haram. Il semble devenir plus fort et s’attaque même aux militaires. Un autre groupe qui menace la sécurité nationale est constitué par les éleveurs Peuls. Ils laissent leur bétail dévorer les récoltes des fermiers ; les agriculteurs réagissent et du bétail est tué, puis les bergers se vengent en tuant les agriculteurs qui ont tué du bétail. L’attaque de ces bergers s’étend progressivement dans différentes régions du pays. Alors que Boko Haram se limite principalement au nord du Nigéria, en particulier au nord-est, des éleveurs armés d’armes sophistiquées se trouvent dans la Ceinture du Milieu, le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Sud. Récemment l’État de Taraba, d’où je viens, a été attaqué par les gardiens de troupeaux. 18 villages ont été brûlés, 65 personnes tuées, 15 églises brûlées.

Quels sont vos projets ?

La formation de femmes catéchistes, le travail de dialogue et de réconciliation, la formation de séminaristes majeurs et mineurs, la formation de prêtres au niveau post-universitaire, l’autonomisation des femmes et des jeunes, la construction d’églises de village, … Voici les projets prioritaires de l’archidiocèse de Jos.

Quel souvenir avez-vous de La Nuit des Témoins ?

C’est un événement inspirant ! C’est l’occasion de faire part de nos défis, de témoigner de ce que vivent les congrégations dans les différentes paroisses que nous visitons. C’est un bon moyen d’informer nos frères et sœurs de ce qui nous arrive et de partager avec eux la vie de l’Église dans notre pays.

Que voulez-vous dire aux bienfaiteurs de l’AED ?

Merci du fond du cœur, bienfaiteurs de l’AED. Dieu vous bénisse et vos familles ! Nos besoins sont nombreux. Nous voulons maintenir la foi chrétienne en vie en Afrique. Les attaques contre notre foi chrétienne et nos lieux de culte se multiplient et constituent une tentative de saper notre identité et notre patrimoine chrétiens. Continuez à nous encourager et nous vous prions pour vous afin que la foi chrétienne devienne plus dynamique en Europe.

(crédit : AED / MA Mouterde)

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