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Ninive : 450 familles irakiennes de retour à Teleskuf

Publié le 22 juin 2017

363 bâtiments de la plaine de Ninive, détruits ou endommagés par l’État islamique, appartiennent à l’Église et ont besoin d’être rénovés. À Teleskuf, 450 familles sont de retour. Les sœurs dominicaines Luma Khuder et Nazek Matty espèrent revenir à leur tour pour leur venir en aide.

Sister Nazek Matty (left) and Sister Luma Khuder (right)_Dominican Sisters of St. Catherine of SienaLe 27 mars, l’Église syro-catholique, l’Église syro-orthodoxe et l’Église chaldéenne ont institué une Commission de reconstruction de Ninive (CRN) dont la tâche est de suivre et planifier la reconstruction de près de 13 000 logements. « L’accord entre les Églises chrétiennes est un bon signe », confient sœur Luma Khuder et sœur Nazek Matty, dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne. « Les gens perçoivent que l’Église est unie et que les décisions ne seront pas prises unilatéralement. » Les religieuses voient comme un signal encourageant l’engagement des Églises chrétiennes en Irak en faveur de la reconstruction des villages chrétiens de la plaine de Ninive, détruits par l’État Islamique autoproclamé.

« Nous dépendons totalement des aides »

Avant 2014, les dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne disposaient de couvents dans de nombreuses villes de la plaine de Ninive. Quand l’État Islamique est arrivé, sœur Luma et sœur Nazek, comme soixante-dix autres sœurs, sont devenues des « déplacées internes ». « En 2014, à peine arrivées à Erbil, explique sœur Luma, nous avons commencé à distribuer de la nourriture, du lait et des couches. Nous avons ouvert des ‘couvents d’urgence’, pour être aussi proches que possible des chrétiens déplacés, pour les servir et pour être avec eux. En 2015, une fois que les personnes déplacées ont été installées dans des logements plus définitifs, nous avons ouvert deux écoles, l’une à Ankawa, au nord d’Erbil, et l’autre à Dohouk. L’école d’Erbil est fréquentée par environ 600 enfants âgés de 6 à 13 ans. Nous avons également ouvert une école maternelle qui accueille 392 enfants. Ces structures sont financées, entre autres, par l’AED. Nous dépendons totalement de ces aides. »

À Teleskuf, il n’y a plus de danger

Aujourd’hui, la situation est en train de changer : « Le nombre de déplacés internes au Kurdistan irakien diminue lentement, note sœur Nazek. À Teleskuf, il n’y a plus de danger et plusieurs familles sont retournées chez elles. » « L’AED, ajoute sœur Luma, commence à reconstruire les maisons, y compris à Teleskuf. L’État Islamique est resté dans ce village durant une courte période et les maisons ne sont pas trop endommagées. Nous aussi, avec le soutien de l’AED, nous réparons notre couvent Notre-Dame du Rosaire de Teleskuf. Nous aimerions y retourner aussitôt que possible, comme tous ceux qui sont maintenant fatigués de vivre loin de chez eux. »

Destruction of Christian villages in Nineveh PlainsNiniveh reconstruction

« Nous savons que depuis janvier 2017, environ 450 familles sont retournées à Teleskuf, et beaucoup d’autres se préparent à rentrer chez elles », explique Don Andrzej Halemba, référent de l’AED pour le Proche-Orient et Président exécutif de la Commission « Niniveh reconstruction ». « Parmi tous les villages de la plaine de Ninive, ajoute-t-il,  Teleskuf est à ce jour le plus sûr. La zone est en fait contrôlée par l’armée kurde. Nous espérons que le retour des familles chrétiennes à Teleskuf aura un ‘effet domino’ sur les familles des autres villages qui hésitent encore à revenir, de peur que la situation ne soit pas encore complètement sécurisée. L’AED contribuera à hauteur de plus de 40 000 euros à la restauration du couvent dominicain de Teleskuf : Les sœurs doivent revenir au plus tôt, les familles ont besoin d’elles. »

Dans toute la plaine de Ninive, 363 biens ecclésiastiques ont besoin d’être restaurés suite aux attaques de l’État Islamique : 34 ont été totalement détruits, 132 ont été incendiés, 197 sont « partiellement endommagés ». À Teleskuf, on compte 1 104 maisons privées et 21 biens ecclésiastiques endommagés.

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