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NOËLS DU BOUT DU MONDE : Chez les Karens, en Asie du Sud-Est

Publié le 7 décembre 2018

Comment des chrétiens du bout du monde célèbrent-ils Noël ? Chaque semaine de l’Avent, l’AED vous propose de découvrir une nouvelle communauté lointaine, avec ses traditions originales au service de la même fête. Nous sommes accueillis aujourd’hui chez les Karens, ethnie à cheval entre la Birmanie et la Thaïlande, qui compte une importante communauté catholique.

Les Karens possèdent leur langue et leur culture propre, ils vivent essentiellement de la culture du riz, de la chasse, et sont renommés pour leur capacité à dresser des éléphants. Dans leurs villages de bois, au cœur des montagnes qui occupent les régions frontalières entre la Birmanie et la Thaïlande, ils conservent leurs pratiques traditionnelles. Et dans la tradition karen, une fête c’est d’abord une affaire de communauté… tout le village met ses plus beaux habits et se retrouve pour l’évènement.

Il faut d’abord décorer l’église, on hisse une étoile du berger en carton sur un haut mât, on affiche des icônes, on réalise une crèche en paille, et un grand repas. Du riz, bien sûr, avec des petits légumes pimentés et un cochon tué pour l’occasion. Le repas est vite expédié, assis par terre, puis chacun prend place pour la messe. Les hommes d’un côté, avec la chorale des enfants, les femmes et les bébés de l’autre, tous prient avec ferveur. Parmi les chants, l’occidental reconnaîtra les mélodies de « Il est né le divin enfant » ou « les anges dans nos campagnes », traduits en langue locale. Il arrive aussi que des airs profanes aient été utilisés par des missionnaires catholiques français en mal d’inspiration. C’est ainsi que l’on va à la communion, chez les Karens, sur les notes de « Chevalier de la table ronde, goûtons voir si le vin est bon »… sur lesquelles ont été adaptées des paroles plus appropriées, bien entendu.

À la fin de la messe, les participants, mais aussi les bouddhistes ou animistes du village viennent se prosterner devant l’enfant Jésus, l’embrassent et déposent au pied de la crèche un bâtonnet d’encens incandescent.

Vient alors le temps très attendu des festivités. Les enfants présentent un spectacle, les anciens poussent la chanson traditionnelle sur la scène de bambou dressée pour l’occasion. Les jeunes vont pour finir, de maison en maison, chanter et boire l’alcool de riz qu’on leur offre généreusement à chaque passage.

Crédit photo : père Alain Bourdery

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