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Nuit des Témoins 2015: les grands témoins

L’AED invite des grands témoins pour honorer les martyrs de la foi, prêtres, religieuses, religieux et laïcs engagés ayant perdu la vie ces derniers mois par fidélité au Christ.

Au cours de la Nuit des témoins, les personnalités suivantes donneront leur témoignage sur la réalité de la situation des chrétiens dans leur pays respectif:

    • Mgr Jean Benjamin SLEIMAN (Irak)

Archevêque latin de Bagdad

Archevêque de Bagdad depuis janvier 2001, il est ordonné prêtre en 1973 à Beyrouth pour l’Ordre des Carmes déchaux. Ce Libanais d’origine  étudie la théologie à l’Université Catholique de l’Ouest (Angers) et à l’Institut Catholique de Paris. Il est diplômé d’un Doctorat d’Anthropologie sociale et culturelle de Paris V-René Descartes Sorbonne. De 1983 à 1991, il enseigne à l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Il fait son entrée dans sa Cathédrale de Bagdad le 29 mars 2001. Il vit de près l’offensive américaine de 2003 et l’exode des populations qui a suivi. Un million et demi de chrétiens vivent alors en Irak, dont plus de 600 000 à Bagdad; vingt ans plus tard ils sont dix fois moins nombreux.

Fin août 2014, il déclare: « Si le Moyen-Orient n’est pas pacifié, je ne pense pas que l’Europe sera tranquille. Ce genre de phénomène ne s’arrête pas à des limites territoriales, et je crois que l’Europe a le plus grand intérêt à pacifier le Moyen-Orient et revenir à sa politique classique qui était beaucoup plus sage, plus humaine certainement qu’elle ne peut l’être aujourd’hui. »

Et même si à Bagdad, les chrétiens sont à peu près les seuls Irakiens à pouvoir franchir les barrages des milices sunnites et chiites sans risquer leur vie, les attentats quotidiens et le sort de leurs frères à Mossoul comme à Qaraqosh les terrorisent chaque jour. Et les obligent à fuir. « L’émigration des chrétiens est une hémorragie que rien ne peut endiguer, constate l’archevêque. Ce départ est irréversible. Les gens vendent leur terrain, leur maison. Pour eux, l’exil est préférable à la peur. » Aujourd’hui, la communauté chrétienne de Bagdad a perdu plus de la moitié de ses membres, toutes obédiences confondues. « Avec leur départ, regrette Mgr Sleiman, la société irakienne s’appauvrit. Et en perdant sa variété, elle se ferme sur elle-même et se radicalise. »

Mgr Sleiman est l’auteur du livre « Dans le piège irakien » paru en 2006 aux Presses de la Renaissance.

  • Mgr Ignatius KAIGAMA (Nigeria)

Archevêque de Jos, Président de la Conférence des Evêques du Nigeria

« Mon devoir est d’être présent », de « rester et servir mon peuple », répète Mgr Kaigama. Face à la violence de la secte Boko Haram qui sévit dans son pays, il refuse de partir. Son arme : le dialogue avec les musulmans, le « Dialogue de Vie » comme il l’appelle, à savoir mettre l’accent sur les liens qui régissent les relations quotidiennes entre les hommes. A 56 ans, il avoue « avoir peur », mais il dit « avoir renoncé à tout pour servir Dieu et son peuple » ; « je ferai tout pour protéger mon peuple et voir comment chacun peut servir la paix et le bien commun de mon pays ».

Le Nigeria souffre de la violence de la secte islamiste Boko Haram, qui « fait des dégâts, détruit les villages, les villes, la vie. Dans le nord-est du Nigeria, dans le diocèse de Maiduguri, Boko Haram a déjà endommagé plus de 15 paroisses et beaucoup de personnes ont été tuées… Le gouvernement doit faire quelque chose tout de suite pour arrêter cette situation », conclut Mgr Kaigama.

Il a reçu en 2012 la « Colombe d’Or pour la paix », prix décerné par l’organisation italienne Archivio Disarmo Institute Richerche International pour son rôle dans la promotion de la paix et de l’harmonie interreligieuse au Nigeria.

  • Sœur Hanan YOUSSEF (Liban)

Religieuse du Bon-Pasteur, en charge de réfugiés syriens et irakiens à Beyrouth

Religieuse dans la Congrégation des Sœurs du Bon Pasteur, dont la mission est de combattre toute sorte d’injustice notamment envers les jeunes filles, les femmes et les enfants, Sœur Hanan vit depuis 1995 dans un des quartiers les plus pauvres de Beyrouth. Après des études de théologie et de psychologie en France, elle a poursuivi sa formation au Liban en suivant des études de sociologie. Le dispensaire qu’elle dirige est situé à Roueisset-Jdeideh, sur une colline dans la banlieue de Beyrouth et a été fondé en 1998. 40 000 personnes y habitent dont 80% de musulmans. La question de la coexistence islamo-chrétienne est un des objectifs de la mission dans ce quartier. « Actuellement, l’accueil des réfugiés irakiens et syriens mobilise nos énergies », déclare Sœur Hanan. « Nous essayons de vivre au jour le jour pour grandir ensemble en paix. ». En 2014, le dispensaire a accueilli plus de 18 000 patients. Outre les soins médicaux, les sœurs donnent également des cours de catéchèse et font de l’alphabétisation.

La charte de travail du dispensaire est « la religion est pour Dieu mais ce dispensaire est pour tout le monde ».

  • P. Bernardo COLMENARES GOMEZ ( Colombie)

Prêtre diocésain colombien

Prêtre de Colombie depuis 1999, le P. Bernardo est issu d’une famille catholique de Medellin marquée par la violence du conflit ouvert depuis plus de 50 ans entre l’Etat colombien et la guérilla. Il vit son enfance et son adolescence dans ce climat d’insécurité dont sera victime son père, assassiné par une bande de délinquants, lorsque Bernardo a 22 ans. Sa famille demeure alors dans l’angoisse, subissant plusieurs violentes attaques les années suivantes.

Le Père Colmenares est ordonné prêtre en  1999 dans la Cathédrale de Medellin. Il a à cœur de « vaincre la peur et d’agir contre la violence ». Il fonde avec d’autres confrères en 2000 le Centre archidiocésain de réconciliation de Medellin dont il devient le Coordinateur. Il est nommé délégué archidiocésain pour les dialogues pastoraux avec les groupes armés et accompagne les prêtres, religieux et séminaristes dans des zones de conflit. Témoin, par son engagement, de cette violence exercée par les groupes armés, le P. Bernardo s’est retrouvé à plusieurs reprises en danger, essayant de sauver la vie de collègues et séminaristes.

Parce qu’ils défendent les droits de la population dans des secteurs où la sécurité n’est pas assurée, les prêtres, porte-paroles de leurs communautés, sont la cible des milices armées. Plusieurs ont dû fuir ou être affectés ailleurs pour protéger leur vie. D’autres mourront martyrs comme le Père Andrés Duque, tué de 7 coups de couteau le 3 octobre dernier à l’âge de 48 ans.  « L’Eglise a toujours été en faveur du dialogue et prête à assumer la médiation. Elle demeure très active sur le terrain. Mais dans cet engagement, combien de prêtres, d’évêques, de religieux, d’agents laïcs ont été assassinés au nom de la paix ! », témoigne le père colombien.

En 2006, le père Bernardo arrive dans le diocèse de Troyes comme prêtre Fidei donum et coordonne le projet Interdiocésain entre les diocèses de Troyes et Medellin. Depuis 2013, il est étudiant à l’Institut d’Etudes Catholiques de Paris et en service pastoral à la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre. A la question de savoir quel est l’avenir de l’Eglise en Colombie, le Père répond « qu’elle est le seul espoir de sortir de la spirale de la violence. Elle doit donc continuer son travail pour le dialogue et la réconciliation nationale à tous les niveaux. »

Ils donnent leur vie pour le Christ, venez prier pour eux !
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