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Nuit des Témoins 2020 : nos grands témoins

L’AED invite des grands témoins pour honorer les martyrs de la foi, prêtres, religieuses, religieux et laïcs engagés ayant perdu la vie ces derniers mois par fidélité au Christ. Au cours de la Nuit des témoins, les personnalités suivantes donneront leur témoignage sur la réalité de la situation des chrétiens dans leur pays respectif :

Mgr Jaime Villarroel – Évêque de Carúpano (VENEZUELA) « Dans mon pays, il y a eu près de 20 000 assassinats en 2019 »  

Malgré son visage bienveillant orné d’une barbe poivre et sel, Mgr Jaime José Villarroel Rodríguez n’arrondit pas les angles quand il parle de la situation de son pays. « Je voudrais que mes compatriotes, dont la majorité est baptisée, se souviennent qu’ils sont chrétiens ! » Plongés dans la misère, certains Vénézuéliens sont tentés par la violence. « Il y a eu près de 20 000 assassinats en 2019, dont 7 000 sont le fait du gouvernement lui-même ! La police arrête des jeunes gens, dont on reste sans nouvelle et que l’on ne retrouve plus qu’à la morgue ! », dénonce Mgr Villarroel. Et il ajoute : « Les tribulations et les souffrances que nous rencontrons dans notre ministère font également partie de la Croix que nous devons porter avec joie et espoir ». Il est en colère lorsqu’il voit son peuple mourir littéralement de faim au milieu de ses richesses. « Chez nous il est devenu pratiquement impossible de faire le plein d’essence. Alors que nous avons les plus grosses réserves de pétrole au monde ! On croyait que c’était impossible, et pourtant la situation s’est encore aggravée », déplore l’évêque. Le Smic est de quatre dollars par mois, l’inflation atteint plus d’un million pour cent…

L’homme qui a débuté sa vie active comme marin à bord d’un thonier, décrit un pays pris dans la tempête. Il associe sa vie passée de marin à un voyage initiatique, dont il garde une devise « Duc in altum ». Comme le Venezuela en ce moment, le futur évêque, qui n’avait pas encore choisi la voie du sacerdoce, a tangué. En tant que marin, Jaime Villarroel vit loin des sacrements, faute d’aumônier à bord. À l’escale au port de Panama city, on lui propose de la cocaïne. Il refuse, mais il réalise que cette vie sans ancrage l’éloigne de Dieu. Il choisit donc de retrouver un havre sûr, son pays natal. Là, il « abandonne ses plans de carrière, ses garanties et ses peurs », et entre au séminaire. Il explique : « Il faut laisser tout ce qui peut encombrer sur le chemin de foi, en restant toujours confiant en Dieu, car notre vie est entre ses mains ».

Dans ce contexte de misère et de terreur, l’Église à un rôle de premier plan à jouer. En venant au secours des plus faibles, grâce à ses actions sociales, mais aussi en portant la voix de tous ceux qui ne peuvent pas s’exprimer. « Plus fondamentalement, l’Église doit mettre en relation les chrétiens de toutes nations, conclut l’évêque. Pour que les Vénézuéliens bénéficient du secours et de la prière de leurs frères… »

Père Johnny ABU KHALIL – Curé de Taybeh (CISJORDANIE) « En tant que chrétiens palestiniens, nous ne vivons pas une persécution physique mais une persécution morale »

Voitures brûlées, tags injurieux, oliviers arrachés juste avant la récolte… « Chaque jour, on se réveille avec de nouvelles attaques de colons israéliens !» dénonce le Père Johnny Abu Khalil, curé de Taybeh, en Cisjordanie, fustigeant le groupe d’extrémistes « Le prix à payer ». Des intimidations en augmentation pour ces chrétiens palestiniens déjà confrontés au quotidien à un manque de liberté de mouvement, une impossibilité de pratiquer sur les Lieux Saints, des humiliations aux check points, un chômage explosif… « Toutes ces injustices font partir les chrétiens » déplore le curé dans un français parfait, les paroissiens ont peur et de plus en plus, on sent la haine venant de certains groupes fanatiques ». En 1948, les chrétiens représentaient 40% de la population, ils sont désormais 0,8%. À Taybeh, dernier village exclusivement chrétien de Terre Sainte, ils ne sont plus que 900… « mais ils sont 15 000 à l’étranger ! » explique le Père Johnny.

Natif de Jérusalem, cet amoureux des Lieux saints qu’il arpente depuis son enfance avoue : « Ma plus grande peur, c’est que nos Lieux saints deviennent de simples musées archéologiques. S’il n’y a plus de pierres vivantes, alors ces Lieux seront vidés de leur sens. » A 49 ans, ce dynamique curé, qui a travaillé 15 ans dans la haute couture avant de devenir prêtre, met toute son énergie pour sauver son patrimoine et garder ses paroissiens sur place. Il leur trouve du travail, plante des oliviers, promeut la fabrication de l’huile de Taybeh dans le monde entier… Il installe même une cafétéria pour dynamiser la vie sociale. A l’image de Sainte Thérèse de Lisieux, qu’il porte particulièrement dans son cœur, il veut être « messager de l’amour du Christ pour la paix et la justice en Terre sainte. »

« En tant que chrétiens palestiniens, nous ne vivons pas une persécution physique mais une persécution morale », précise l’ancien curé de Naplouse, convaincu qu’il y a une véritable volonté de vider le Moyen-Orient de ses chrétiens. Mais celui qui va tous les 15 jours à Jérusalem remplacer la croix sur la tombe de son père, cassée par des extrémistes, garde espoir : « En tant que prêtre, je sais que le Christ n’est pas resté sur la croix pour l’éternité mais qu’il est ressuscité. Aujourd’hui, nous sommes l’Église souffrante mais il n’en sera pas toujours ainsi ». Et de conclure : « Nous ne pouvons pas faire de politique mais nous pouvons prier pour que cette Terre reste accueillante pour les chrétiens, les juifs et les musulmans. »

  Sœur Julienne NIKIEMA – Religieuse de la Congrégation des Sœurs de Notre Dame du Lac Bam (BURKINA FASO) « Partout où les terroristes passaient, ils faisaient des dégats. »

« On est resté jusqu’au dernier moment à Arbinda, puis des nouvelles nous sont parvenus qu’ils arrivaient, alors on a fui. » Sœur Julienne a 38 ans. Elle est religieuse chez les sœurs de Notre-Dame du Lac Bam depuis 2010. Le 28 janvier dernier, avec sa communauté, elle a dû s’enfuir dans la brousse pour sauver sa vie. « Nous avons été ensuite accueillies par l’évêque à Dori. Partout où les terroristes passaient, ils faisaient des dégats. » En effet, quatre mois après leur arrivée, plusieurs personnes d’Arbinda dont des paroissiens avaient été tuées. De Dori, la religieuse doit ensuite partir pour une autre mission avec 3 autres sœurs. Mais le danger reste présent. « La psychose s’est installée, on découvre des cadavres d’hommes dans les villages. » Les paroissent accueillent des centaines de réfugiés, chrétiens comme musulmans : « ici c’est vraiment la miséricorde, tout le monde apporte ce qu’il a pour les aider. »

La sœur ne ménage pas sa peine au quotidien dans sa mission où elle travaille pour s’occuper des enfants et des mères malnutris. Celle qui a déjà perdu ses parents leur porte un regard particulier. « Jésus nous appelle à être simple comme des enfants » rappelle-t-elle souriante.

Remplie de cette simplicité qui caractérise sa communauté, Sœur Julienne raconte avec sa voix calme et profonde comment très tôt, elle s’est abandonnée dans les bras du Seigneur. À 12 ans, elle rencontre une sœur de sa future communauté avec qui elle se lie d’amitié, et de là naît sa vocation. Elle devra alors travailler pour payer ses études et aider ses frères et sœurs avant de pouvoir entrer au couvent pour être au service des plus démunis. « Le Seigneur m’a toujours aidée, j’ai confiance en Lui, quelle que soit la situation ». En effet, la confiance ne lâche pas la jeune femme qui espère que la paix reviendra bientôt dans son pays.

 

Ils donnent leur vie pour le Christ, venez prier pour eux ! (cliquez ici pour voir les dates et les lieux)

 

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